Chez Edgar Sarin, peintre et sculpteur né à Marseille en 1989, j’aime cette façon de ne jamais donner les œuvres tout à fait là où on les attend.

Au CAB – soulignons d’entrée de jeu le passionnant travail du commissaire Stephane Ibars – , elles semblent à la fois très présentes et légèrement en retrait, comme si elles nous obligeaient à ralentir pour vraiment les regarder.

J’ai senti cette tension entre la matière, le silence et les œuvres des artistes qui l’ont précédé et inspiré tels que, dans le désordre, Cy Twombly, Sol LeWitt, Jospeh Beuys, Robert Barry, Niele Toroni, Miquel Barcelo, Louise Lawler, Brice Marden, Nan Goldin, etc.

Rien n’est illustratif, ni vraiment figé. Tout circule de manière fluide comme la musique du titre emprunté à Johann Sebastian Bach qui désigne ici « une composition faite de voix autonomes où chaque présence agit sur les autres. »

Cette idée que l’histoire de l’art puisse devenir une matière vivante, presque physique, avec laquelle l’artiste accepte de se confronter, sans chercher à l’effacer ni à la répéter est particulièrement intéressante.

Ne ratez pas cette exposition exigeante, profondément sensible, une expérience artistique à vivre dont vous ressortirez probablement émus.

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 17 avril 2027

www.fondationcab.com