


Au-delà d’une exposition, ‘Geestgrond’ est une promenade dans l’univers de l’artiste britannique (Londres, 1950) sculpteur, dessinateur, metteur en scène, philosophe, humaniste d’une sagesse et d’une humilité qui frappe à chaque rencontre.
Une balade doublée d’un dialogue avec des œuvres de la collection du musée dans les salles récemment rénovées, d’un blanc immaculé du sol au plafond, dont l’architecture est en parfaite adéquation avec les formes de Gormley. Le parallèle est saisissant : sculptures, corps et espaces interagissent comme dans une œuvre totale.
C’est à Carolyn Christov-Bakargiev (Ridgewood, New Jersey, 1947), grande commissaire internationale, historienne de l’art que l’on doit ce dialogue exceptionnel. (Elle a été e.a. la directrice artistique de la 13e dOcumenta.)
Un travail où l’être humain occupe une position centrale, à savoir son propre corps, qui aussi épuré et minimal que puissant au niveau des formes que des matériaux – bois, pierre, plomb, acier corten, verre, fer, argile et même pain – interroge depuis cinq décennies la relation corps, nature, espace. En trois mots, la place de l’homme dans le monde. Plus précisément, notre interdépendance et notre ancrage profond dans le monde qui nous entoure.
Un parcours qui se prolonge sur le parvis et les quais environnants jusqu’au toit du musée !
Geestgrond de ‘geest’ esprit et ‘ground’ terre qui désigne littéralement les terres sablonneuses et fertiles formées dans les Plats Pays à l’ère glaciaire prend ici une dimension métaphorique pour désigner ce qui unit le spirituel et le matériel, l’humain et le terrestre. Un monde où l’homme et son environnement, le corps et la conscience sont à juste titre indissociables : le corps tel un réceptacle de connaissance.
Une exposition qui, à l’image de l’œuvre de Gormley gomme les frontières et dont les points forts sont, à mes yeux, ‘Orbit Field III’, l’installation monumentale d’anneaux que l’on doit enjamber pour rentrer dans la salle principale et tomber nez à nez avec ‘Attend’, l’œuvre récemment sortie de son atelier, présentée ici en avant-première ; ‘The Heart’ aménagée comme une ‘wunderkammer’, une chambre intime et merveilleuse qui nous plonge dans le processus créatif de l’artiste et enfin, ‘The Cave’ où d’imposantes plaques d’acier noir occupent tout l’espace invitant le visiteur à y pénétrer. On en ressort en se posant la question de savoir si l’art est l’objet en soi ou/et l’expérience qu’on en fait ?
“My work asks the questions: What can sculpture do and what does it feel like to be alive?”



Texte & Photos Virginie de Borchgrave
Jusqu’au 20 septembre 2026
KMSKA
Jours de semaine réguliers
10h00 – 17h00
Le KMSKA en Nocturne – tous les jeudis – sauf pendant les vacances d’été et de Noël
17h00 – 22h00
Samedi, dimanche et Jours fériés
10h00 – 18h00
20€



