La Fondation Folon à La Hulpe accueille une exposition exceptionnelle consacrée à Jirô Taniguchi, célèbre mangaka, autrement dit auteur de manga, non seulement créateur d’une œuvre aux confins du manga et de la bande dessinée, mais encore passeur entre les cultures graphiques japonaises et occidentales.

Né en 1947 à Tottori au Japon et décédé en 2017 à Tokyo, Jirô Taniguchi est considéré comme l’un des grands maîtres de la bande dessinée japonaise. Il est connu e.a. pour ses œuvres “Quartier lointain”, “L’Homme qui marche” et “Le Sommet des Dieux”. 

Intitulée « Portrait lointain », l’exposition nous invite à découvrir un univers artistique empreint de poésie, de douceur et d’humanité à travers plus de 150 planches, dont de nombreux dessins originaux sortis pour la 1re x du Japon.

À travers ses dessins, Taniguchi porte un regard particulièrement sensible sur le monde qui nous entoure. Il accorde une grande importance aux petits moments de la vie quotidienne, aux paysages, à la nature, aux relations humaines, tout particulièrement les liens familiaux. C’est avec beaucoup de délicatesse qu’il met en scène les émotions : la joie, le manque, la culpabilité, la mélancolie, la colère, l’attachement à travers des images peu bavardes qui laissent la place centrale au dessin, qui exprimera ce qui ne peut être formulé par les mots.

Son travail se distingue par la finesse de son trait, la précision des décors et la beauté de ses compositions. Chaque image semble raconter une histoire, qui peuvent devenir des interrogations profondes sur le temps, l’identité, le regret, la mémoire. L’artiste nous apprend à prendre le temps d’observer les choses simples : une promenade, un paysage enneigé, une rencontre ou un souvenir d’enfance. Ses œuvres évoquent également le passage du temps, la nostalgie, la solitude et les liens entre les générations.

L’exposition permet aussi de comprendre comment Taniguchi a réussi à créer un pont entre la culture japonaise et la bande dessinée européenne. Son style, à la fois profondément japonais et influencé par les auteurs occidentaux comme Moebius, Bilal, François Schuiten, Crepax – sans oublier la célèbre revue Métal hurlant – qui le séduisent par leur puissance graphique, leur précision et l’importance accordée aux décors lui a permis de toucher un public très large./

Cette rétrospective s’inscrit dans le cadre des célébrations des 160 ans d’amitié entre la Belgique et le Japon. Elle constitue une occasion rare de découvrir de près le travail d’un artiste majeur du neuvième art.

Au-delà d’une simple exposition de mangas, il s’agit d’une subtile invitation à la contemplation et à l’émotion qui nous rappelle que la beauté se trouve souvent dans les choses les plus ordinaires et, que les histoires les plus simples sont parfois celles qui nous touchent le plus.

Une exposition qui s’adresse autant aux amateurs de bande dessinée qu’a un public, jeune et moins jeune, désireux de découvrir la richesse de la culture japonaise grâce à un artiste au regard profondément humain. 

J’y ai été avec mon petit-fils de 11 ans, passionné de mangas à qui je voulais montrer que cet univers est beaucoup plus profond et varié qu’on ne le croit.

Pour moi, Jirô Taniguchi est au manga ce que dont les Studios Gibli aux films d’animation commerciaux…

Texte & photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 14 février 2026

www.fondationfolon.be


Discover more from Quovadisart.be

Subscribe to get the latest posts sent to your email.