Triennale Brugge –> 26/9

Ik heb enorm genoten van deze editie van de triënnale. En twaalftal installaties op het thema ‘trauma’ verspreid in de stad en een tentoonstelling met o.a. een hele rits Belgische kunstenaar huis in de Poortersloge rond het thema ‘de poreuze stad’. Moeilijk een hitparade op te stellen. In de Poortersloge vond ik een aantal kunstenaars terug van wiens werk ik enorm hou : Joëlle Dubois, Anne-Mie Van Kerckhoven, Emilio Lopez Menchero, Caroline van den Eynde …om er een paar te noemen. reserveren is theorethisch verplicht maar als er weinig volk is ( corona!) kan men nog ter plaatse registreren (voor de reservatie online ga naar musea Brugge). Voor de installaties zeker de boom van Hector Zamora niet missen : als je dit beleefd hebt, kijk je nooit meer op dezelfde manier naar een boom. Alle andere installaties zijn eveneens van een hoog niveau.

 Het is op één dag te belopen, maar reken wel op iets meer dan 20.000 stappen.

J’ai vraiment apprécié cette édition de la Triennale. Une douzaine d’installations sur le thème du “traumatisme” réparties dans toute la ville et une exposition avec, entre autres, toute une série d’artistes belges au Poortersloge sur le thème de “la ville poreuse”. Difficile de dresser un hit-parade. Au Poortersloge, j’ai retrouvé bon nombre d’artistes dont j’aime beaucoup le travail : Joëlle Dubois, Anne-Mie Van Kerckhoven, Emilio Lopez Menchero, Caroline van den Eynde … pour n’en citer que quelques-uns. La réservation est obligatoire en théorie, mais s’il n’y a pas beaucoup de monde (corona !), vous pouvez toujours vous inscrire sur place (pour la réservation en ligne, allez sur musea Brugge). En ce qui concerne les installations, ne manquez pas l’arbre d’Hector Zamora : une fois que vous l’aurez ‘vécu’, vous ne regarderez plus jamais un arbre de la même manière. Toutes les autres installations sont également de haut niveau.

 Le tout peut être parcouru en une journée, mais il faut compter un peu plus de 20 000 pas.

Van Coo naar Kunst : MUZEE Oostende

MUZEE heeft een indrukwekkende verzameling Belgische kunst. Het is trouwens het enige museum wiens collectie uitsluitend uit Belgische kunstenaars bestaat. Uiteraard zijn er wat lokale accenten (Ensor, Spilliaert, Raveel , Dejourie, De Cordier, Vercruysse…) maar all by all biedt het een stevig overzicht van onze nationale kunstwereld. Het MUZEE – ooit een warenhuis – is grondig vernieuwd met vooral het afschaffen van tentoonstellingswanden en een betere aansluiting met het originele plan van het gebouw. In deze mutatie komt ook de eigen collectie meer op het voorplan. MUZEE wordt terug een museum van de eigen collectie met sporadisch additionele tentoonstellingen.Met deze eerste tentoonstelling rond de collectie gaat men chronologisch te werk met een overzicht van het einde van de XIXe eeuw tot 2000. Persoonlijk heb ik enorm genoten van wat aan bod komt. Daarenboven is het verhaal van de audiogids verbluffend scherp en interessant. Neem rustig twee uur de tijd voor een verbluffend panorama van wat ons land aan de man heeft gebracht. Het is voor kenners maar ook voor wie een immersieve ontdekkingstocht in de kunstwereld wil aanvangen.

MUZEE schrijft:

De Mu.ZEE-collectie is niet rechtlijnig ontstaan, maar sinds 2008 historisch gegroeid uit verschillende collecties. Ze omvat de collecties van de stad Oostende (het vroegere MSK Oostende) en van de provincie West-Vlaanderen (het vroegere PMMK), vandaag van de Vlaamse Gemeenschap. 
De Mu.ZEE collectie bevat meer dan 8000 werken en reist langs verschillende tijdsperiodes en stijlen, met België als rode draad. Ze bevat werken met internationale allure, van Oostendse vertrouwelingen als EnsorSpilliaert en Permeke tot gangmakers als Frits Van den BergheRoger Raveel, Raoul De Keyser, Raoul Servais en minder bekende maar sterke kunstenaars als Marthe WéryJacques VerduynWalter Swennen. Soms volgde Mu.ZEE één kunstenaar intensief, van andere kunstenaars is maar één werk aanwezig. Dit geeft de collectie een complex maar interessant karakter. 
Alle kunstenaars in de collectie zijn gekozen omwille van hun bijdrage aan de geschiedenis en ontwikkeling van Belgische kunst, dus niet enkel omwille van hun nationaliteit. Ze zijn ofwel in België geboren, ofwel aanbeland (en soms weer vertrokken). België is altijd een vrijplaats geweest voor kunstenaars die kritisch keken naar elkaar en de wereld, op een hoog beeldend niveau. ‘Mijn talent bestaat er in Belg te zijn’, zei Marcel Broodthaers ooit.

Practisch

Romestraat 11 Oostende

12 €

info@muzee.be

00 32 (0)59 24 21 91

meer info : https://www.muzee.be/nl

MUZEE possède une impressionnante collection d’art belge. C’est aussi le seul musée dont la collection se compose exclusivement d’artistes belges. Bien sûr, il y a des accents locaux (Ensor, Spilliaert, Raveel, Dejourie, De Cordier, Vercruysse,), mais dans l’ensemble, il offre un solide aperçu de nos artistes nationaux. Le MUZEE – autrefois un grand magasin – a été entièrement rénové, notamment par la suppression de certains murs d’exposition et une meilleure conformité avec le plan d’origine du bâtiment. Dans cette mutation, la collection du musée devient également prépondérante. Avec cette première exposition autour de sa collection, MUZEE procède chronologiquement avec un aperçu de la fin du 19e siècle à 2000. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié ce qui est donné à voir. Cerise sur le gâteau : le commentaire sur l’audioguide est étonnamment bien fait et intéressant. Prenez votre temps et prévoyez deux heures de plaisir pour ce panorama époustouflant de la contribution de notre pays à l’art moderne et contemporain. Cette expo s’adresse tant aux connaisseurs qu’a ceux qui veulent se lancer dans la découverte du monde de l’art.

MUZEE écrit:

Plutôt que d’avoir été créée de manière linéaire, notre collection permanente s’est développée historiquement depuis 2008 au départ de différentes collections. Elle comprend les collections de la ville d’Ostende (anciennement MSK Ostende) et celles de la province de Flandre occidentale (anciennement PMMK), aujourd’hui de la Communauté flamande. 
La collection du Mu.ZEE réunit plus de 8000 œuvres et traverse différentes époques et styles, toujours avec la Belgique comme fil conducteur. Elle contient des œuvres de renommée internationale, d’artistes locaux ostendais comme Ensor, Spilliaert et Permeke, ou de pionniers comme Frits Van den Berghe, Roger Raveel, Raoul De Keyser, Raoul Servais… et des artistes moins connus, mais notables comme Marthe Wéry, Jacques Verduyn , Walter Swennen… 
Dans certains cas, nous avons suivi un artiste de manière intensive, alors que d’autres artistes ne sont présents qu’avec une seule œuvre. Cette diversité confère à la collection un caractère à la fois complexe et intéressant. Les artistes qui figurent dans la collection ont tous été sélectionnés à cause de leur contribution à l’histoire et au développement de l’art belge, et donc pas uniquement à cause de leur nationalité. Ils sont nés en Belgique ou y ont séjourné (et sont parfois repartis). La Belgique a toujours été un refuge pour des artistes qui portaient un regard critique sur les autres artistes et sur le monde, à un niveau visuel élevé. « Mon talent c’est d’être Belge », a déclaré un jour Marcel Broodthaers.

Infos pratiques

Romestraat 11 Oostende

info@muzee.be

00 32 (0)59 24 21 91

plus d’info covid etc:

https://www.muzee.be/fr

CINEMA

« Opération Panda » de Natalia Nilova et Vassily Rovensky. Durée : 1h15’ ***

Une fois n’est pas coutume mais je me devais de vous parler, alors que commencent les vacances d’été, de cet excellent film pour enfants qui m’a réellement surprise et charmée. Il s’agit d’un dessin animé russo-américain en 3D réalisé par ordinateur. L’histoire est celle d’un ours et d’un lièvre chez qui une cigogne a déposé par erreur un bébé panda (à croquer). Lorsqu’ils décident d’essayer de retrouver ses parents légitimes, l’aventure commence. Elle est franchement intéressante tant du point de vue des paysages que des dialogues de haut niveau, avec un vocabulaire élaboré, de bons jeux de mots et pour couronner le tout, un message séduisant de solidarité et d’entraide. Je ne me suis pas ennuyée une seule minute et suis restée jusqu’à la fin du générique pour voir qui doublait si bien le texte en français, malheureusement en vain. Aucun nom autre que russe n’est apparu à l’écran de ce film dont le titre original est « The Big Trip. » Ne ratez pas l’occasion d’y emmener l’un ou l’autre de vos petits-enfants à qui vous serez fiers de montrer un film de telle qualité. C’est suffisamment rare pour le souligner.

« Nomadland »***  de Chloé Zhao avec Frances McDormand, David Strathairn, Charlène Swankie, etc. Durée : 1h47’

Récompensé par le Lion d’or à Venise, l’Oscar du meilleur film, les Golden Globes, etc. sans parler du grand battage publicitaire depuis des mois autour ont fait que, dès la réouverture des salles, je ne pouvais m’y soustraire. Et j’ai évidemment été un peu déçue… Certes, c’est un film intéressant sur l’Amérique d’aujourd’hui, un regard différent porté sur son pays d’adoption par une cinéaste américaine d’origine chinoise, un road-movie à travers les grands espaces de l’Ouest américain qui caractérisent cette terre, cette terre de contradictions où la liberté érigée en fer de lance est difficile à vivre pour ceux qui ont fait ce choix. L’actrice principale est plus crédible que nature, ceux qui l’entourent à sa hauteur, les paysages grandioses mais tellement tristes. 

Ce film est, en fait, non seulement triste mais long, trop long et même s’il touche à des thèmes essentiels et nous montre des gens dignes et extrêmement sympathiques, l’impression générale est dénuée d’enthousiasme. Mais tout cela n’est que mon point de vue personnel et subjectif…

« ADN » ****  de Maïwenn avec Maïwenn, Fanny Ardant, Louis Garrel, Marina Vatch, Alain Françon, Omar Marwan, etc. Durée : 1h30’

Un film centré sur la réalisatrice – actrice que l’on connaît bien et dont on apprécie beaucoup la filmographie. D’origine algérienne, Maïwenn part de la mort de son grand-père algérien, pilier de la famille, une famille désunie et tendue, pour nous raconter son histoire familiale. Dans le genre autofiction, où elle n’hésite pas à se mettre à nu, on suit avec intérêt et affection les névroses de chacun, les conflits latents, les sensibilités exacerbées qui s’expriment plus que jamais au moment de la disparition de ce père et grand-père adoré.

Un film passionnant en forme de thérapie familiale où les traits d’humour de Louis Garrel instillent des notes de bonne humeur et de légèreté, bienvenues.

Avec en toile de fond l’histoire de l’Algérie, « ADN » est un grand film attachant d’un bout à l’autre. J’ai toujours beaucoup d’admiration pour les réalisateurs.rices qui jouent dans leur film, et le rôle principal en plus ! Au générique, j’ai vu que le scénario qui est vraiment très bien fait a été coécrit avec Mathieu Demy, le fils de Jacques Demy et Agnès Varda. Comme quoi, les poiriers ne font pas des pommes…

« The Father »*** de Florian Zeller avec Anthony Hopkins, Olivia Colman, Imogen Poots, Rufus Sewell, Olivia Williams, etc. Durée : 1h35’

Encore un film, premier film du réalisateur, primé par l’Oscar du meilleur scénario. « The Father » est l’adaptation d’une pièce de théâtre écrite par Florian Zeller lui-même sur l’histoire d’un père touché par la démence sénile, inspirée par celle de sa grand-mère. L’interprétation d’Anthony Hopkins est magistrale – sans parler du réel plaisir d’écouter un si bel accent british – mais surtout le scénario et le montage qui sont à ce point troublants, que l’on se demande si ce n’est pas plutôt nous qui devenons fous ! Zeller met le spectateur dans la tête du vieil homme pour nous faire vivre cette triste réalité qui peut être anxiogène. On embrouille tout : temps, action, lieux alors qu’on est à priori toujours dans le même appartement avec les mêmes protagonistes !

Un témoignage aussi émouvant que déstabilisant servi par une écriture et un acteur exceptionnels. N’empêche que l’on n’en ressort pas la mine réjouie…

“ Helmut Newton : The Bad and the Beautiful ” **, un documentaire de Gero von Boehm. Durée: 1h33’

Construit à partir d’un montage où les témoignages de ses modèles comme Grace Jones, Isabella Rossellini, Charlotte Rampling, Claudia Schiffer, Marianne Faithfull, de la célébrissime et incontournable rédactrice en chef du Vogue américain, complice et amie, Anna Wintour et encore de sa femme alternent avec prises de vue et photos d’archives identifiables au premier coup d’œil e.a. par le gabarit sculptural des mannequins, le film retrace la vie de ce photographe singulier. Il y occupe aussi une place centrale expliquant sa jeunesse, son envol comme (mauvais) grand reporter pour l’Asie qui l’amènera jusqu’en Australie où il rencontra June, sa future femme, alias la photographe Alice Springs qui sera la gardienne du temple de cette saga où il a fait poser les femmes dans des tenues et des poses volontairement amorales et sexistes. Des jeux de noir et blanc, des compositions géométriques entre ombre et lumière, une obsession pour le nu athlétique, le tout souvent saupoudré d’une subtile dose d’humour sont quelques-unes des caractéristiques de l’œuvre de ce jeune juif allemand (nationalisé australien) qui admirait Leni Riefenstahl, la photographe allemande qui adhéra totalement à la propagande nazie. On peut aimer ou pas le monde d’Helmut Newton… Un univers complexe auquel il est difficile, voire impossible de rester indifférent.   

“ Sing Me A Song” *** de Thomas Balmès. Durée: 1h35’

On a beau vivre dans les hauteurs sublimes de l’Himalaya, à plusieurs jours de marche de la première route, baignés dans une spiritualité sans égal, on ne peut rien faire contre l’arrivée de l’électricité et ses conséquences désastreuses sur la jeunesse… Tout est chamboulé et le bouddhisme revu et corrigé aux couleurs de la technologie. C’est à cette réalité que « Sing Me A Song » s’attache décrivant, dans un décor sublime, le choc des deux mondes. 

Un documentaire plutôt qu’un film, d’un cinéaste plus anthropologue que réalisateur dont on se rappelle « Babies » en 2010 qui traitait de l’éveil à la vie sur les différents continents et que l’on avait beaucoup aimé. On y voyait le fossé qui sépare les différentes cultures et découvrait que les plus évoluées n’étaient pas celles que l’on croyait. Ici, le bilan est accablant à la hauteur de la rapidité avec laquelle le changement s’est fait, sans les étapes préalables comme en Occident et l’on ressort de ce film au titre poétique, vraiment triste voire déprimé. La scène où les deux jeunes se rencontrent dans un café, deux coquilles vides qui se parlent – si on peut encore appeler cela une conversation – sans se regarder, rivés sur l’écran de leur téléphone est à pleurer. Voilà sérieusement un film qu’il faudrait montrer dans les écoles.

« Corpus Christi » **** de Jan Komasa avec Bartosz Bielenia, Aleksandra Konieczna, Eliza Rycembel, Lukasz Simlat, Leszek Lichota, etc. Durée : 1h56’

Un drame polonais extrêmement fort et touchant, remarquablement interprété par Bartosz Bielenia, un jeune acteur connu faisant partie d’une des meilleurs troupes de théâtre en Pologne, celle du célèbre metteur en scène Krysztof Warlikowski. C’est l’histoire de Daniel, un ancien délinquant violent de 21 ans qui apprend la menuiserie dans un centre éducatif fermé et qui tente tout pour échapper à son passé en se faisant passer pour un prêtre. Proche de celui du centre, il rêvait d’intégrer un séminaire ce que son casier judiciaire ne lui permettra malheureusement jamais. C’est surtout un grand film moral sur le mystère, la spiritualité, le péché et la rédemption. Sur la possibilité de se racheter, sur le pardon, sur l’hypocrisie. Nommé à l’Oscar du meilleur film étranger, le 3e film du jeune cinéaste polonais, Jan Komasa nous livre une brillante réflexion sur la foi dans un pays où l’église catholique est encore si puissante. Dans une mise en scène vibrante, sous des lumières incroyables avec son visage anguleux aux yeux profonds, à la bouche et au sourire magnifiques, le jeune Daniel est bouleversant de la première à la dernière minute du film.

La dernière séquence brutale (la seule du film) nous remet de plain-pied dans la réalité cruelle de ce monde de la délinquance auquel il est tellement difficile de sortir, une fois qu’on y a plongés… Et heureusement, ce ne sont pas ces quelques dernières images que je garderai en mémoire. 

Encore un chef-d’œuvre. Décidément, on dirait que la crise que nous vivons ne nous apporte que des joyaux du côté cinématographique, alors que toutes les grosses productions commerciales sont à l’arrêt ou les sorties postposées… Quelle chance.

“ On the rocks” ** de Sofia Coppola avec Bill Murray, Rashida Jones, Marlon Wayans, etc. Durée: 1h37’

On connait le cinéma de Sofia Coppola qui s’est tellement vite fait un prénom. Bravo. Elle a aussi sa façon de filmer, ses caractéristiques propres et son monde. Difficile de ne pas voir la part autobiographique de la comédie. Près de 20 ans après l’unique « Lost in Translation », Bill Murray, dans un rôle aux antipodes est toujours au meilleur de sa forme et on rit beaucoup même si la comédie est moins légère qu’elle ne paraît. Sofia arrive tout de même à nous emmener en bateau pendant 1h ½ pour déboucher sur… Je ne peux pas vous en dire plus sans dévoiler l’histoire qui perdrait alors une grande partie de son intérêt. Si vous avez envie d’un bon film divertissant, le voilà. 

“ Lara ” **** de Jan Ole Gerster  avec Corinna Harfouch, Tom Schilling, Rainer Bock, André Jung, etc. Durée: 1h38’

A mes yeux, le meilleur film de l’année. Un chef-d’œuvre à tous points de vue. Le sujet, le jeu des acteurs, la façon de filmer, les thèmes abordés. Dès les 3 premières minutes, on en ressent déjà toute la puissance. Il y a tellement à dire que je ne sais par où commencer. Je pense que c’est le genre de film à analyser dans une école de cinéma. Il aura fallu 7 ans de réflexion à Jan Ole Gerster pour concrétiser cette histoire ! Le réalisateur est déjà assistant en 2003 sur le tournage de « Good Bye Lenin ! » et son premier long-métrage « Oh Boy » date de 2012. On y suivait Niko, un jeune fantasque dans ses déambulations berlinoises. Succès retentissant en Allemagne. Ici, c’est encore Berlin qui sert de cadre aux états d’âme de Lara Jenkins, une toute fraîche et intéressante sexagénaire. Je ne vous en dis pas plus. Ce film est excellent. Courez le voir !

« Rocks »*** de Sarah Gavron avec Bukky Bakray, Kosar Ali, D’Angelou Osei Kissiedu, Shaneigha-Monik Greyson, Ruby Stokes, Anastasia Dymitrow, Sarah Niles, etc. Durée : 1h33’

 

Rocks n’a que 15 ans quand sa maman disparaît d’un jour à l’autre, la laissant seule avec Emmanuel, son petit frère dans leur appartement de l’East London. Et l’on apprend que ce n’est pas la première fois que cela arrive… Le film est l’histoire de cette adolescente et de sa bande de copines qui heureusement sont là pour la soutenir, alors qu’elle a honte de dévoiler ce qui lui arrive et fait tout pour assumer la charge familiale et échapper aux services sociaux.

Si le thème a déjà été traité brillamment au cinéma, entre autres avec « Nobody Knows » (2004) du Japonais Hirokazu Kore-eda, la réalisatrice qui a co-écrit le scénario avec les jeunes actrices adopte un ton juste sans pathos. Elle dépeint ces adolescentes avec émotion et sensibilité laissant une place essentielle à la spontanéité et au naturel. Et nous voilà plongés, pendant une heure et demie, dans ce monde bigarré de l’adolescence où ces filles, (presque) toutes plus sympathiques et censées les unes que les autres mènent leur vie, tout en pensant déjà à leur avenir.

Moins radical que Ken Loach mais aussi moins rythmé que Mike Leigh, le cinéma de Sarah Gavron (à qui l’on doit « Les Suffragettes » en 2015) se forge avec ce 5e long-métrage une place tout en nuance et finesse dans le cinéma social britannique. Avec un final aussi lumineux et touchant que le sujet est grave et profond, la réalisatrice nous livre ici un remarquable teenmovie.

« Marianne & Léonard : Words of Love » *** un documentaire de Nick Broomfeld avec Marianne Thien, Léonard Cohen, Axel, etc. Durée : 1h59’

 

L’histoire des amours difficiles et tumultueuses entre le poète-auteur-chanteur-compositeur canadien Léonard Cohen et son adorable muse norvégienne, Marianne Thien qui s’est déroulée en grande partie sur l’île paradisiaque d’Hydra, non loin d’Athènes dans le golfe Saronique. Le seul endroit de Grèce avec le Mont Athos où il n’y a pas de voiture (ni même d’électricité dans les années 60), chantre d’une communauté d’artistes bohèmes dont la réputation a traversé les années, même si aujourd’hui elle a changé bien sûr…  J’y ai passé mes étés des années 80 aux années 2000 et y ai encore vu Léonard Cohen, attablé seul à une petite table du bar des artistes sur le port. Le célèbre artiste peintre et graveur américain Brice Marden, l’architecte Santiago Calatrava au moment des jeux Olympiques en 2004 et bien d’autres ont continué à fréquenter l’île plus tard, laissant toujours flotter dans l’air de cet endroit magique, ce parfum artistique unique et enivrant. Le film nous fait vivre de près leur vie sur l’île et les hauts et les bas d’un homme au génie créateur qui n’a jamais caché « son grand appétit pour l’expression sexuelle de l’amitié. » Si la manière de le dire est amusante, le vivre est une autre chose. Marianne a connu une relation aussi dévorante que destructrice dont elle en sortira heureusement grandie et apaisée lorsque sur son lit de mort, à 81 ans, elle recevra une lettre avec ces quelques mots : « Marianne, je voulais seulement te souhaiter un très beau voyage. Au revoir ma vieille amie. Mon amour éternel. »

Il la suivra de quelques mois dans ce dernier voyage.

La fin du film nous la montre fredonnant les paroles de « So Long Marianne » au premier rang de la dernière tournée mondiale du poète, lors de son passage à Oslo en 2009. Une émotion présente tout au long de ce documentaire à la hauteur de leur terrible histoire d’amour.

« A Hidden Life »**** (Une vie cachée) de Terrence Malick avec August Diehl, Valérie Pachner, Matthias Schoenaerts, Bruno Ganz, Michael Nyqvist, Maria Simon, Ulrich Matthes, etc. Durée : 3h.

 

Un réalisateur mais encore scénariste et producteur américain, né en 1943 dans l’Illinois (USA) qui enseigne à l’American Film Institute et à Harvard. Et pour cause, en 45 ans de carrière, on compte sur les doigts d’une main les films qu’il a réalisés et qui, couronnés de prix prestigieux comme la Palme d’or pour «The Tree of Life » en 2011, l’Ours d’or pour « La Ligne rouge » en 1999, le prix de la mise en scène à Cannes pour « Les Moissons du ciel » en 1979, tous exceptionnels. Et ce dernier qui peint la vie de l’un de ces héros méconnus qui a été condamné à mort pour avoir refusé de se battre sous le régime hitlérien est de la même veine. Un drame historique où l’on reconnait dès les premières minutes la patte de ce réalisateur de génie. Une façon de filmer et de cadrer tant les personnages que les paysages, unique ; de faire tourner la caméra à la cime des arbres, de saisir le mouvement, la beauté magique de la nature, de créer une ambiance particulière, bref un style magistral que je n’ai encore trouvé chez personne d’autre que lui.

Un sujet grave qui narre l’histoire d’un homme libre en 3 heures que sincèrement, on ne voit pas passer. Et j’allais oublier de parler de la musique de Bach, Beethoven, Haendel, Arvo Pärt, etc. qui sublime ces images magnifiques. A voir absolument !

« L’Adieu »***  de Lulu Wang avec Awkwafina, Tzi Ma, Diana Lin, Zhao Shuzhen, etc. Durée : 1h38’

Il y a beaucoup à dire sur ce film alors que le scénario tient sans doute en une ligne. C’est une comédie qui aborde des thématiques différentes et essentielles comme les relations familiales, plus particulièrement filiales, la problématique universelle de l’exil avec toutes ses conséquences dont on ne se rend pas toujours compte, le mensonge parfois nécessaire, les divergences culturelles entre orient et occident, etc.

« L’exil est une arme. Il nous confronte aux autres et nous chasse de nos origines… Je crois que l’on reste une être exilé à jamais » disait ce matin sur France Inter Frère Atiq Rahimi, romancier et cinéaste d’origine afghane dans ‘Boomerang’, l’émission lumineuse de Augustin Trapenard.

Avec beaucoup d’intelligence et de finesse, tout en arrivant à être souvent drôle alors que le sujet ne l’est absolument pas, Lulu Wang dresse le portrait d’une famille contemporaine chinoise ‘mondialisée’. La peinture d’une justesse impressionnante est filmée avec un rythme et un ton annoncé dès la première image où on peut lire : « Cette histoire est tirée d’un vrai mensonge » ! On rigole souvent durant la projection, dans des situations plutôt graves et profondes et l’on arrive à cerner un peu ce monde et ses habitudes auxquelles on ne connait rien, même si l’on a déjà été en Chine. Il faut savoir que la réalisatrice elle-même, issue aussi de deux cultures ne se sent pas complètement chinoise. Comme son héroïne, elle dit : « La Chine dont je me souviens à 6 ans n’existe plus. » Et dans le rôle de la petite fille exilée, la rappeuse Awkwafina qui, pour son premier grand rôle au cinéma a décroché début janvier le Golden Globe bien mérité de la meilleure actrice dans une comédie.

Pour moi, « L’Adieu » est le genre de film dont on sort différent. Un film avec lequel on apprend la vie, tant là-bas qu’ici. Avec une dose d’humour en plus.

La Voie de la justice ( Just Mercy )*** de  Destin Daniel Cretton avec Michael B. Jordan, Jamie Foxx, Rob Morgan, Tim Blake Nelson, …

( critique par Pierre Kluyskens) Ce qui m’a le plus étonné dans ce film est le fait que Hollywood à encore ce courage et cette vigueur dans la dénonciation des injustices faites aux noirs. Il s’agit ici du combat historique du jeune avocat Bryan Stevenson, fondateur de l’Equal Justice Initiative. Après ses études à Harvard, il décide de se consacrer à la défense des droits civiques de ceux qui ont été condamnés à tort. Il se rend donc en Alabama et, avec le soutien d’une militante locale, Eva Ansley, il va s’intéresser au cas de Walter McMillian, dans le couloir de la mort pour le meurtre d’une jeune fille…La suite se laisse deviner : absence de preuves, racisme, enquête bâclée et finalement nouveau procès. Le film dure 137 minutes et c’est son principal défaut : trop de mélo non nécessaire ( quatre jeunes filles devant nous n’ont pas cessé de sangloter ), mais malgré des longueurs il reste à voir, ne fut-ce que pour les statistiques hallucinantes d’erreurs judiciaires évoquées en fin de film.

” La Llorona “ **** est un film réalisé par Jayro Bustamante avec María Mercedes Coroy, Sabrina de La Hoz

( critique par Pierre Kluyskens) Dans les légendes des pays d’Amérique latine, la Llorona est une pleureuse, un fantôme qui cherche ses enfants. Aujourd’hui, elle pleure ceux qui sont morts durant le génocide des indiens mayas pendant les années 80 au Guatemala. Dans ce film de Jayro Bustamante  elle vient hanter le général, responsable du massacre mais qui est acquitté.

Le film bascule continuellement  entre fantastique et politique, sarcastique et lugubre, froide colère et de lyrisme incandescent. Il rappelle le réalisme magique, qui est très présent dans les pays d’Amérique latine: c’est extraordinairement envoûtant. A voir, surtout si vous connaissez bien les mécanismes du pouvoir dans ce continent…

« 1917 » ** de Sam Mendes avec Dean-Charles Chapman, George MacKay, Richard Madden, Benedict Cumberbatch, Andrew Scott, Colin Firth, Mark Strong, etc. Durée : 1h59’

 

Un beau battage publicitaire complété de critiques dithyrambiques font qu’il est difficile d’échapper à cette plongée dans les tranchées des horreurs de la Première Guerre mondiale !  Est-il encore nécessaire d’ajouter encore mon grain de sel à cette grande fresque tournée comme un long-plan séquence ?

Le scénario tient en une ligne : deux jeunes soldats britanniques doivent porter un message d’importance extrême (l’annulation d’une attaque d’un régiment dont fait partie le frère de l’un des deux) derrière les lignes ennemies. Si la première partie est intéressante, la deuxième qui prend des allures hollywoodiennes gâche un peu, à mes yeux, le propos et lui fait perdre de sa crédibilité. Pourquoi en faire un tel show ? A part si Mendes veut en faire un film de divertissement ? Difficile pour un tel sujet. C’est peut-être là que son passé de James Bond maker resurgit (sans parler de « American Beauty ») … On retrouve quelques points communs avec JB, même si l’on joue ici dans un autre registre. Cela m’a fait penser à des scènes de jeux vidéo. J’en ai d’ailleurs profité pour y amener des ‘adulescents’, qui ont adoré évidemment ! Tant mieux s’il arrive ainsi à attirer un autre public. Personnellement, j’ai été touchée à la fin du film où apparaît  sur l’écran une ligne évoquant un autre Mendes, probablement un ancêtre du réalisateur à qui il rend hommage en romançant son histoire ?

Moi, j’ai plutôt envie de vous parler de ces deux jeunes acteurs ‘inconnus’ propulsés à l’affiche de ce film qui connaît déjà un succès retentissant. Un taux de fréquentation le dernier « Star Wars » au box-office mondial ! Certains ont reconnu George Mackay dans le rôle de fils ainé de Viggo Mortensen dans le formidable « Captain Fantastic »  de Matt Ross, sorti en 2016, Sam Mendes le décrit comme « un peu désuet, avec certaines valeurs, un sens de l’honneur, une dignité, un héroïsme d’une autre époque. Il a un physique intemporel. » Il paraît qu’il s’est tellement investi dans le film qu’il a tenu à réaliser lui-même la plupart des cascades ! Quant à son acolyte, Dean-Charles Chapman, 5 ans plus jeune, il a commencé sa carrière avec le rôle de Billy Elliot dans la comédie musicale, dont on a tiré le film éponyme. Mais c’est Tommen Baratheon dans la série culte de HBO, « Game of Thrones » qui l’a rendu célèbre.

C’est bien leur prestation qui m’a le plus impressionnée. Rappelons que le film vient de rafler aux Golden Globes les deux trophées les plus convoités, à savoir ceux du meilleur film dramatique et du meilleur réalisateur.

 

 

« Les Siffleurs » **  de Corneliu Porumboiu avec Vlad Ivanov, Catrinel Menghia, Rodica Lazar, etc. Durée : 1h38’

 

Je peux vous dire beaucoup de choses sur ce film moins élogieuses que toutes les critiques que j’ai lues malgré mon intérêt pour la culture roumaine, les Canaries, plus particulièrement les paysages rocailleux de La Gomera, la musique d’opéra, la langue des siffleurs (une découverte), mais je ne serais pas honnête si je ne parlais pas en premier lieu de Gilda, la femme d’une beauté exceptionnelle qui tient bien, très bien même, le rôle principal. Mannequin vedette roumain de 35 ans à la carrière internationale, elle incarne, parée de tenues d’une élégance rare qui souligne élégamment ses formes parfaites, la femme fatale, petite amie du jeune patron d’une usine de matelas suspecté par la police locale de blanchiment d’argent de la drogue. Censé l’aider, Cristi, un policier soupçonné de corruption qui essaie d’évoluer dans un milieu ambiant truffé de micros et de caméra (quel peinture du pays… affolante).

Le deuxième intérêt du film sont les ‘vacances’ de Cristi sur l’île de la Gomera où il s’est rendu pour apprendre le silbo gomero, une forme particulière (et impressionnante) de communication basée sur des sifflements qui permet de communiquer comme les oiseaux. Le tout dans le seul but de sauver le ‘fiancé’ de Gilda. En faisant quelques recherches sur Google, on apprend que ce langage reproduit par le sifflement, la langue locale, le castillan, transmis de génération en génération, des parents aux enfants pour arriver à se parler par-delà des vallées. Près de 25 000 personnes utilisent encore aujourd’hui cette langue rare, déclarée en 2009 par l’UNESCO, Patrimoine immatériel de l’Humanité.

Un film qui malgré les nombreuses cordes à son arc n’atteint malheureusement pas tout à fait sa cible…

« Le lac des oies sauvages » *** de Diao Yi’nan avec Hu Ge, Kwai Lun-mei, Wan Qian, Liao Fan, etc. Durée : 1h57’

 

Qu’est-ce qui fait la différence entre un polar et un film noir ? Un film noir est un film d’auteur où l’esthétique formelle joue un rôle important ; un film qui trace en filigranes le portrait d’une société, montre sa face cachée, ses zones d’ombres ; un film qui dépeint un personnage, son parcours, sa culpabilité, ses errances.

Diao Yi’nan qui explique que la censure au cinéma n’est pas qu’une réalité chinoise (qui stimule la créativité) profite du prétexte d’un film de ‘divertissement’ policier pour dévoiler un aspect de la société, celle des criminels se cachant dans les banlieues des villes périphériques à la mesure du pays, fourmilières aussi immenses que glauques… Et c’est en cela que le film est très intéressant. Au-delà du parti pris formel où l’éclairage exceptionnel – saluons la prestation du directeur de la photographie Jingsong Dong avec qui il réalise tous ses films – révèle angles, couleurs, ombres, Diao Yi’nan peint à travers un fait divers tiré tant de son imagination comme de la presse, une réalité que beaucoup de personnes ont à vivre en Chine.

Et puis, n’oublions pas de relever le portrait positif qu’il fait des femmes en qui il met ses espoirs d’un monde meilleur : « Je crois que le monde serait plus agréable s’il était confié à des femmes. Toutes ces guerres à travers la planète sont menées par des hommes (…) qui ont occupé le pouvoir depuis assez longtemps. Ce serait bien de le confier aux femmes pour voir » confiait-il récemment à notre collègue de La Libre Belgique.

« Atlantique »*** de Mati Diop avec Mama Sané, Ibrahima Traore, Abdou Balde, etc. Durée : 1h45’

 

Grand Prix du Jury du Festival de Cannes qui est, si je ne me trompe, la récompense la plus prestigieuse après la Palme d’Or, Mati Diop nous livre un témoignage personnel sur la migration, sous la forme d’un conte à plusieurs voix. Elle était la première réalisatrice d’origine africaine à présenter un film en compétition sur la croisette. Elle pose sa caméra sur la jeunesse qui, depuis Dakar rêve de l’autre rive des étoiles dans les yeux… D’une manière très sensorielle, elle n’hésite pas à mettre le spectateur dans le contexte et à l’inviter à une expérience émotionnelle, voire physique impressionnante. Le scénario intelligent et pas toujours évident à comprendre (tout s’éclaire dans les dernières minutes) est servi par une manière de filmer et une photographie exceptionnelles : « Je me sens avant tout plasticienne, mon premier langage reste l’image » dit-elle. On le sent du début à la fin du film. Un film en forme d’histoire d’amour tragique qui invite à réfléchir et pose beaucoup de questions… Aussi dramatique que poétique et dur.

« Il Traditore »*** de Marco Bellocchio avec Pierfrancesco Favino, Maria Fernanda Cândido, Luigi Lo Cascio, etc. Durée : 2h31’

 

C’est l’histoire vraie du mafioso Tommaso Buchetta de Cosa Nostra qui a fui au Brésil et qui, rattrapé par la police et extradé, accepte de parler au juge Falcone. Grâce à lui, 366 mafieux siciliens ont été mis sous les verrous. Alors, traitre ou homme d’honneur, telle est la question… Buchetta ne reconnait plus les valeurs de l’organisation à qui il a fait allégeance dans sa jeunesse. Tous ses proches ont été assassinés dans une lutte fratricide où le clan adverse a profité de son départ à l’étranger pour récupérer le business qui a pris une autre dimension avec le trafic de drogue…

Bellochio traite d’un thème historique – l’incroyable procès de Palerme – qui court sur plusieurs décennies. Un film décliné en deux chapitres – le premier plus spectaculaire et le second plus intimiste – qui se succèdent et se complètent grâce au talent du réalisateur qui réussit une fois de plus à nous captiver.

Du haut de ses 80 ans, Bellochio n’hésite pas à dire qu’en commençant dans le métier, il était persuadé que le cinéma pouvait être une arme et changer les choses, ce qui reconnaît-il « était un peu naïf ».

Il signe ici, une fois de plus, un film majeur passionnant.

« J’accuse » **** de Roman Polanski avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner, Melvil Poupaud, Mathieu Amalric, Didier Sandre, Vincent Perez, Denis Podalydès, Hervé Pierre, etc. Durée : 2h12’

 

Que vais-je encore pouvoir dire de ce chef-d’œuvre après toutes les polémiques, émissions, articles de journaux et critiques qu’il a déclenchés à sa sortie ? Couronné à la Mostra de Venise où il a reçu le Grand prix, le film est remarquable quant à l’angle de vue qu’il adopte pour analyser l’Affaire Dreyfus : celui du Colonel Picquart (Jean Dujardin), le héros qui, au péril de sa vie et de sa carrière, n’aura de cesse d’identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus (Louis Garrel).

C’était tellement célèbre à l’époque qu’il suffisait de dire ‘L’Affaire’ pour qu’on sache de quoi on parlait !

A 86 ans, le cinéaste qui traîne un lourd passé personnel derrière lui réalise un film historique unique sur un sujet encore difficile à traiter, plus d’un siècle après… J’ai appris durant mes études littéraires à ne jamais mélanger l’homme & l’œuvre et dieu sait si les exemples en littérature et philosophie sont légion pour être tentés de le faire : Louis-Ferdinand Céline, Jean-Jacques Rousseau, Louis Brasillach, pour ne citer que les écrivains les plus célèbres. Mais 30 ans ont passé depuis ma sortie de l’UCL et tout -contexte, société- a changé, sans parler récemment du phénomène #metoo.

Je pense que ce n’est pas à nous de nous mêler de cela et que nous devons laisser la justice faire son travail. Il fait un film remarquable sur un procès. Laissons-lui avoir le sien maintenant !

« The Two Popes » **** de Fernando Mereilles avec Anthony Hopkins, Jonathan Pryce, etc. Durée : 2h06’

Mise en scène, interprétation des acteurs, qualité du scénario, un film sur un sujet qui pourrait, à première vue, paraître ardu et ennuyeux et qui ne l’est pas une minute ! Au contraire ! C’est réellement passionnant d’un bout à l’autre. Il s’agit de l’adaptation d’une pièce de théâtre qui met en scène le Pape Benoît XVI et l’Archevêque argentin Bergoglio, futur Pape François venant présenter au premier sa démission que celui-ci lui refuse. Les échanges entre les deux hommes que tout oppose dans la résidence d’été du pape à Castel Gandolfo sont un pur moment de bonheur, d’intelligence, de compassion. On aimait déjà le réalisateur brésilien Fernando Mereilles (Sao Paulo, 1955) réalisateur entre autres de la « Cidade de Deus » (2002) qui lui valut une reconnaissance internationale. Il réalise ici un film exceptionnel, peut-être son chef-d’oeuvre.

A ne rater sous aucun prétexte, même si la religion ne fait pas partie de vos dadas…

 

« La fameuse invention des ours en Sicile » ** de Lorenzo Mattotti avec les voix de Jean-Claude Carrière, Leila Behkti, Thomas Bideguin, Thierry Hancisse, etc. Durée : 1h25’

 

Un conte – le seul conte pour enfants écrit par Dino Buzatti –  adapté au cinéma par l’illustrateur italien Lorenzo Mattotti, en forme de poème visuel coloré. Un très joli résultat qui ne sacrifie rien à la complexité de l’œuvre de son compatriote qui aborde des sujets intéressants comme le pouvoir et ses revers, les relations entre humains et animaux, etc. Aussi instructif et intelligent que divertissant. Sortie idéale pour les fêtes entre enfants (à partir de 5 ans), parents & grands-parents.

« Marriage Story »**** de Noah Baumbach avec Scarlett Johansson, Adam Driver, Laura Dern, Ray Liotta, etc. Durée: 2h16’

Le début qui vante les qualités de l’un et puis de l’autre, sous forme de deux lettres lues à voix haute sur lesquelles des images défilent ne laisse pas présager le sujet du film : un divorce. Celui après 10 ans de mariage d’une actrice de Los Angeles qui a suivi par amour à New York un talentueux jeune metteur en scène de théâtre. En filigrane de l’analyse de leur séparation, tout en finesse et délicatesse pointe le contraste entre New York, la Côte Est intello et Los Angeles, la Côte Ouest aussi ensoleillée que superficielle et… spacieuse ! Le réalisateur nous montre un couple attachant, Nicole & Charlie, interprété magistralement par deux grandes pointures du cinéma américain à savoir Scarlett Johansson et Adam Driver, tellement crédibles. Un film dense et rapide, oscillant entre les points de vue de la mère et du père, à la mesure de ce que représente un divorce, une tragédie… Profond, juste et émouvant.

 

“It Must Be Heaven”*** de Elia Suleiman avec Elia Suleiman, Grégoire Colin, Vincent Maraval, Gael Garcia Bernal, etc. Durée: 1h42’

 

Aussi peu bavard et reposant que le précédent (dont je viens de vous parler ci-dessus) était volubile et fatigant, le dernier film du réalisateur palestinien est une comédie burlesque qui se résume elle-même en quelques lignes. Elia Suleiman (qui tient le rôle principal) rencontre un producteur parisien qui lui dit : « On aurait adoré faire ce film sur le conflit israélo-palestinien avec vous car on a une vraie sympathie pour la cause palestinienne, mais je crois qu’on va en rester là. En fait, c’est presque pas assez palestinien. Le film pourrait se passer presque n’importe où. » Situation vraie ou fausse, peu importe, c’est en effet un excellent résumé du film ! Une deuxième citation achèvera ou non de vous convaincre d’aller voir cet x ème ovni de ce réalisateur que personnellement j’aime beaucoup, justement pour son côté décalé, non violent et poétique. Accoudé avec un ami au bar d’un café, celui-ci lui sort : « Les Palestiniens sont le seul peuple qui boit, non pas pour oublier, mais pour se souvenir. »

Une comédie lente, contemplative et savoureuse qui confirme qu’Elia Suleiman est bien un réalisateur à part.

PELICULATINA

8e édition du festival de cinéma ibéro-latino-américain à Bruxelles avec, à son palmarès, 30  films primés et inédits.

Peliculatina est devenu au fil des années le rendez-vous incontournable des cinéphiles intéressés par la diversité du cinéma ibéro-latino-américain. Durant 10 jours, 30 films de fiction, courts-métrages et documentaires sont projetés afin de faire connaître ce cinéma d’outre-Atlantique et de créer un moment d’échange interculturel unique en son genre.

Cette année, 16 pays sont à l’affiche, autour du thème « Pouvoir, c’est l’art d’agir », qui s’inscrit dans la continuité des thèmes précédents à savoir « Frontières », « Mutations » et « Résilience ». Dans un contexte où les pouvoirs politiques, économiques et religieux se raidissent, Peliculatina explore l’importance du pouvoir personnel et collectif pour défendre libertés, droits et acquis sociaux.

Les grands noms du cinéma latino-américain en visite à Bruxelles

A l’occasion des galas d’ouverture et de clôture, seront présents entre autres le réalisateur chilien Patricio Guzmán, présentant son dernier documentaire « La Cordillera de los sueños », le scénariste mexicain Manuel Alcalá, primé à la Berlinale 2018 pour le film « Museo », ou encore les acteurs Gastón Pauls, Alfredo Castro et Juan Carlos Maldonado du film « El Principe », coproduction belge..

Comme chaque année, les films sont partagés en différentes sections. A celles des éditions antérieures, Sociétés en mouvement, Cinéphiles, Divina Comedia et Opéra prima, s’ajouteront les sections Court-métrage et Documentaire, censées apporter un regard à la fois plus authentique et personnel sur le réel et le cinéma, en nous offrant l’opportunité de mieux cerner les enjeux de Péninsule ibérique comme du continent latino-américain.

Du 15 au 24 novembre 2019 aux cinémas Palace, Vendôme, RITCS, ZED, Kinographe et BOZAR.

Calendrier complet + vente des tickets accessibles sur  www.peliculatina.be 

 

Prix :

Ouverture & Clôture : 15€ (Palace) 

Séances : 9€ (Vendôme), 9€ (RITCS) et séances scolaires : 5€ 

Abonnement festival (5 films) : 36€ 

Groupe (+ 10 personnes) : 6€ pp.

Texte Virginie de Borchgrave

« Sorry We Missed You »****  de Ken Loach avec Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone, etc. Durée: 1h41’

 

A 83 ans, le réalisateur britannique engagé n’a rien perdu de sa verve, ni de son dynamisme, ni de son talent pour dénoncer les dérives du monde capitaliste. Trois ans déjà après « I, Daniel Blake » qui, sur un sujet aussi difficile que les dérives numériques de la société dans le monde du chômage avait obtenu la Palme d’Or à Cannes, le voilà de retour avec un film dur et réaliste sur l’ubérisation du travail. Un excellent scénario écrit par le fidèle Paul Laverty met en scène une famille endettée de Newcastle, des personnages courageux joués par des acteurs exceptionnels qui nous rendent le sujet familier et surtout d’une humanité bouleversante. J’y ai emmené des jeunes habitués à un cinéma disons, plus commercial qui m’ont fait une réflexion en sortant qui m’a évidemment beaucoup plu – « Ce film fait plus peur que les films d’horreur » – et m’ont redemandé le lendemain matin le nom du film et du réalisateur. Merci Ken Loach pour cette pierre de plus à une œuvre cinématographique aussi intéressante qu’indispensable. Accablant.

“Pavarotti” **** un documentaire de Ron Howard avec Luciano Pavarotti, Spike Lee, Princess. Durée : 1h55’

Un film passionnant qui relate la vie de l’un des plus grands chanteurs lyriques de tous les temps : Luciano Pavarotti né à Modena en 1935 dans un milieu simple -son père était boulanger et chanteur- était doué d’un talent inouï dès son plus jeune âge. D’excellents professeurs et une dose de travail acharnée durant toute sa jeunesse ont fait du chanteur aussi sympathique que généreux une star mondiale au même titre qu’une rock star. Il a joué sur toutes les plus prestigieuses scènes d’opéra du monde et était capable de remplir à lui seul un stade gigantesque ! En plongeant dans les archives familiales, recherchant des interviews et nombre d’émissions télévisées, le réalisateur britannique livre un portrait magnifique de cet homme charismatique foudroyé en 2007 par un cancer du pancréas. L’enterrement national auquel il eut droit dans sa ville natale fut suivi et pleuré par des milliers de gens. Quel bel hommage à plusieurs voix pour ce chanteur au timbre reconnaissable entre tous. Émouvant.

“Mon chien stupide” * de Yvan Attal avec Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg, Pascale Arbillot, Ben Attal, etc. Durée : 1h45’.

J’attendais ce film avec impatience après les avoir entendus en parler sur France Inter. Adaptation d’un roman de John Fante qui traite du manque d’inspiration d’un écrivain (qu’il met sur le dos de sa famille), Yvan Attal n’hésite pas à s’identifier à l’écrivain américain et prend sa propre femme pour jouer son épouse ainsi que l’un de ses fils ! On rit de temps en temps tant les situations sont cocasses mais heureusement qu’il y a le chien, personnage central du film qui le sauve. Une comédie plutôt glauque qui ne dépasse malheureusement pas l’humour 1er degré. Quelle triste famille.

Pour les fans de Charlotte Gainsbourg…

« Alice et le Maire »**** de Nicolas Pariser avec Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier, Nora Hamzawi, Léonie Simaga, Antoine Reinartz, Maud Wyler, Thomas Chabrol, etc. Durée: 1h43’.

Fabrice Luchini au meilleur de sa forme dans un rôle taillé sur mesure très convaincant face à la jeune talentueuse Anais Demoustier (que j’avais découverte dans « Au Poste ! » de Quentin Dupieux en 2018) nous raconte l’histoire d’un maire en manque d’inspiration que son équipe décide de ‘ranimer’ en recrutant une jeune philosophe pour lui remettre le pied à l’étrier. Le scénario est bon, les dialogues affûtés, les acteurs brillants. On savoure ce film qui en se servant de la politique comme prétexte nous livre non seulement une analyse pointue du domaine mais encore un véritable bijou de la culture cinématographique française… intraduisible ! Aussi brillant que divertissant. À voir.

A Rainy Day in New York”**** de Woody Allen avec Timothée Chalamet, Elle Fanning, Selena Gomez, Jude Law, etc. Durée: 1h32’

 

Il y a les bons , les moins bons et les excellents Woody Allen. A mes yeux, la dernière cuvée rentre dans la 3et dernière catégorie. Une comédie newyorkaise aussi brillante que pleine de charme, au rythme endiablé avec même du suspense à la clef. Un scénario plein de rebondissements qui nous procure du pur plaisir pendant 1h1/2 ! Je ne vous raconte pas l’histoire dont, tant les protagonistes que la ville de New York et la musique, indissociable des films de Woody sont les héros. Il faut reconnaître que le cinéaste américain excelle dans la direction d’acteurs car nous voilà de nouveau face à de jeunes talents qui crèvent littéralement l’écran.

Comment peut-on jouer aussi bien et avec autant de naturel la provinciale naïve qu’Elle Fanning, le romantique perdu que Timothée Chalamet (derrière lequel on reconnait le réalisateur), la déterminée et effrontée étudiante latino que Selena Gomez ? Je ne me lasse pas… Au contraire !

 

Le Dindon”* de Jalil Lespert avec Guillaume Gallienne, Alice Pol, Dany Boon, Ahmed Sylla, etc. Durée : 1h25’

 

Adaptation de la pièce de Feydeau au cinéma dans les années 60 avec une pléiade de bons acteurs comme Guillaume Gallienne, qui en plus d’avoir participé au scénario, prouve une fois de plus qu’il est capable de jouer tous les rôles possibles, du plus comique au plus sérieux, du plus léger au plus grave, Comédie française oblige !

Rien de transcendant, ni de nouveau sous le soleil sinon la reconstitution impressionnante des années 60, depuis les ruelles parisiennes jusqu’aux décors des lieux en passant par l’habillement des acteurs. L’appartement du protégé du mari notaire alias Danny Boon, prétendant amant de son épouse Victoire, joué admirablement par Alice Pol est magnifique. Sans parler du générique de fin, d’un graphisme et d’une créativité aussi remarquables que colorés, ludiques et amusants. Du pur divertissement dans l’esprit français le plus basique. Je n’ai pas boudé mon plaisir !

« Parasite »*** de Bong Joon-ho avec Song Kang-ho, Lee Sun-kyun, etc. Durée : 2h12’

Il y a plusieurs films dans ce 7e long-métrage du grand réalisateur coréen, Palme d’or à Cannes cette année. L’idée est excellente et on ne pouvait pas trouver de meilleur titre en français pour illustrer le propos. Immersion dans le quotidien d’une famille pauvre de Séoul rapidement mis en parallèle avec celui d’une famille très riche. Le scénario est divertissant jusqu’au moment (2/3 du film) où cela tourne au film d’action sauvage à la sauce Tarantino. Mais ça, c’est le cinéma coréen et ses ‘surprises’… Quand je vois un film coréen, je ne me fie à rien et ne sais jamais à quoi m’attendre… Signant un film à cheval entre comédie noire et triller haletant, Bong Joon-ho prouve une fois de plus qu’il manie l’humour et le suspense avec talent, tout en peignant avec subtilité les problèmes inhérents à une cohabitation où la mise en scène joue un rôle essentiel. On n’est pas du tout dans du pur divertissement comme on aurait tendance à le croire à première vue mais bien dans une analyse plus profonde, tant sociale que politique de la société coréenne, servie avec brio par des acteurs époustouflants quand je pense au père de la famille pauvre, Song Kang-ho acteur fétiche du réalisateur et à la mère de la famille riche Chang Hyae-jin d’une finesse naturelle remarquable, pour ne citer qu’eux. J’ai bien aimé aussi l’ accent mis sur la lumière et les odeurs… Une vraie Palme d’or.

 

 

« Fête de famille »** de Cédric Khan avec Catherine Deneuve, Emmanuelle Bercot, Cédric Kahn, Vincent Macaigne, etc. Durée : 1h40’

 

D’emblée, je dois vous dire que je n’ai pas aimé « Festen » auquel on a tendance à comparer ce film et j’ai apprécié « Fête de famille ». Si les sujets sont semblables – une famille réunie à l’occasion d’un anniversaire qui tourne mal – la façon d’aborder le sujet est radicalement différente. On se sent mal à l’aise dans le film de Lars von Trier car il nous met face à l’intime alors qu’ici, on ne se sent jamais impliqué personnellement dans l’histoire. On écoute, on regarde, on observe, on se désole de voir comme c’est compliqué la vie de famille surtout quand réapparaît après des années la fille ‘prodigue’, brillamment interprétée par une Emmanuelle Bercot qui a sans doute joué ici l’un des rôles les plus difficiles de sa carrière. Il faut dire que Vincent Macaigne, en frère paumé version cinéaste/artiste contemporain, après sa récente prestation dans « Blanche-Neige » de Anne Fontaine, n’est pas mal non plus. Sans parler de Cédric Kahn, juste. J’ai beaucoup d’admiration pour les réalisateurs qui endossent aussi la casquette d’acteurs… Après « La Prière » l’année dernière qui était magnifique, il réussit ici dans un tout autre genre à nous émouvoir avec un drame familial aussi imprévisible que la personnalité complexe de la fille maniaco-dépressive. Les réactions des uns et des autres face à cela, le déni de sa mère, le rejet de sa fille ne font que montrer en filigrane les différents chemins que l’amour peut suivre pour s’exprimer.

“La Quietud”** de Pablo Trapero avec Martina Guzmán, Bérénice Bejo, Graciela Borges, Edgar Ramirez, etc. Durée : 2h .

 

Dans un cadre exceptionnel avec d’excellentes actrices (et acteurs), Pablo Trapero, le plus chéri des réalisateurs argentins à Cannes (il présidait il y a quelques années le jury d’Un Certain Regard) nous raconte l’histoire d’une famille de la bonne société argentine réunie à l’occasion de la mort du père. En apparence, tout à l’air de sonner juste jusqu’au moment où les relations affectives entre les sœurs fusionnelles et le mari de l’ainée, amant de la cadette viennent perturber la donne. Le scénario de plus en plus tiré par les cheveux au fur et à mesure du déroulement du film et la musique inadéquate, voire commerciale laissent une impression finale décevante et incomplète, entre autres au niveau des thèmes abordés comme la dictature militaire et la peinture de la corruption du système argentin. Dommage car tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un grand film. Pour le réalisateur, « l’amour, c’est respecter l’autre, essayer de lui donner ce dont il a besoin. » On est tous d’accord évidemment mais cela justifie-t-il la scène finale en forme de ‘happy ending’ trop facile ?

Notez que c’est la première fois que Bérénice Bejo (protagoniste de Jean Dujardin dans « The Artist ») joue dans sa langue et son pays natal et cela lui réussit bien.“La Quietud”** de Pablo Trapero avec Martina Guzmán, Bérénice Bejo, Graciela Borges, Edgar Ramirez, etc. Durée : 2h .

 

Dans un cadre exceptionnel avec d’excellentes actrices (et acteurs), Pablo Trapero, le plus chéri des réalisateurs argentins à Cannes (il présidait il y a quelques années le jury d’Un Certain Regard) nous raconte l’histoire d’une famille de la bonne société argentine réunie à l’occasion de la mort du père. En apparence, tout à l’air de sonner juste jusqu’au moment où les relations affectives entre les sœurs fusionnelles et le mari de l’ainée, amant de la cadette viennent perturber la donne. Le scénario de plus en plus tiré par les cheveux au fur et à mesure du déroulement du film et la musique inadéquate, voire commerciale laissent une impression finale décevante et incomplète, entre autres au niveau des thèmes abordés comme la dictature militaire et la peinture de la corruption du système argentin. Dommage car tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un grand film. Pour le réalisateur, « l’amour, c’est respecter l’autre, essayer de lui donner ce dont il a besoin. » On est tous d’accord évidemment mais cela justifie-t-il la scène finale en forme de ‘happy ending’ trop facile ?

Notez que c’est la première fois que Bérénice Bejo (protagoniste de Jean Dujardin dans « The Artist ») joue dans sa langue et son pays natal et cela lui réussit bien. Les plus belles années d’une vie »* de Claude Lelouch avec Jean-Louis Trintignant, Anouk Aimée, Marianne Denicourt, etc. Durée : 1h30’

 

Très émouvant dès les premières minutes où l’on assiste aux retrouvailles entre Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée plus de 50 ans après, ce 3e remake de « Un homme et une femme » n’arrive pas vraiment à décoller. Même si les deux acteurs sont d’un naturel impressionnant : lui croupis dans une luxueuse maison de retraite où elle lui rend visite sans lui dévoiler son identité. Elle l’emmènera ensuite dans certains hauts lieux de leur histoire commune passionnée. Des moments touchants entre la malice de l’un et la pudeur de l’autre. Mais à part cela, il y a peu à se mettre sous la dent si ce n’est d’avoir attendu jusqu’à la fin du film pour revoir cette scène magnifique de la traversée de Paris à 100km à l’heure la nuit, avec au compteur 18 feux rouges brûlés ! L’une des grandes fiertés du réalisateur et… plaisirs du cinéphile !

Néanmoins si « Les plus belles années d’une vie » ne marquera pas l’histoire du cinéma, je ne regrette pas de l’avoir vu.

« M »**** de Yolande Zauberman avec Menahem Lang. Durée : 1h46’

Un documentaire percutant sur la pédophilie dans le milieu ultra-orthodoxe juif. Couronné dans plusieurs festivals dont celui de Locarno où il a remporté le Prix spécial du jury avant le Bayard d’or au Festival du film francophone de Namur, il raconte l’histoire vraie de Menahem Lang, découvert par la réalisatrice dans « Kedma », un film d’Amos Gitaï, réalisé en 2002.

A Bnei Brak, la capitale mondiale de la banlieue juive ultra-orthodoxe de Tel Aviv, Zauberman filme cet univers particulier uniquement masculin des « hommes en noir » où elle a réussi à capter les blessures et les frustrations de ceux qui, comme son acteur principal ont subi ces abus à répétition dans leur enfance. Menahem est tellement sympathique avec un magnifique sourire que l’on suit ces terribles témoignages avec autant d’intérêt que d’émotion et de questionnement… Brouillé avec ses parents depuis de longues années par manque d’écoute, de communication et d’ouverture de leur part, le film arrive à les réunir à nouveau et à s’expliquer sur ce qui s’est passé. Témoignage d’une ampleur qui dépasse l’entendement, « M » est aussi exceptionnel que remarquable quant au sujet abordé. La réalisatrice et son acteur parlant parfaitement le yiddish (langue que les juifs orthodoxes parlent entre eux, réservant l’hébreu à la langue sacrée des textes), ils ont réussi à gagner la confiance de la communauté hassidique et à les filmer. Pour moi, le cinéma est avant tout une fenêtre ouverte sur le monde et les cultures. Ce film en est l’exemple par excellence.

 

« Le Cercle des petits philosophes »*** de Cécile Denjean avec Frédéric Lenoir. Durée : 1h31’

Tous les enfants dès qu’ils commencent à penser à voix haute se posent des questions existentielles comme « Pourquoi on est là, vivant ? », « C’est quoi la mort ? », « Qu’est-ce que l’amour ? », « Faut-il taper ou parler pour se faire comprendre ? », etc. Frédéric Lenoir en introduisant des ateliers de réflexion philosophique et de méditation dans les écoles se propose d’amener les enfants, dès 4 ans, à s’exprimer sur les différents sujets qui les préoccupent, sans les juger mais en les amenant à une réflexion personnelle qu’il espère constructive dans le futur. Pour ce faire, il a créé la Fondation SEVE(Savoir Etre et Vivre Ensemble) qui a pour but d’amener dans les quelques années à venir plus de 5 millions d’enfants à bénéficier de cette démarche positive. Le film nous invite à le suivre dans les différentes écoles qui ont cautionné le projet et à participer, tant aux ateliers qu’aux feed back avec les instituteurs. Passionnante aventure. Résultat ? J’ai rempli mon dossier de candidature pour devenir animateur SEVE 😊

« Agnès par Varda »****, film autobiographique réalisé par la cinéaste elle-même et Didier Rouget, produit par sa fille Rosalie avec Agnès Varda, Sandrine Bonnaire, Jane Birkin, JR, Hervé Chandès, etc. Durée : 1h55’

 

Y a-t-il meilleure façon de raconter le cinéma d’Agnès Varda que par elle-même ? Premières images : on la voit dans un beau théâtre à Paris, devant un auditoire jeune, parler simplement de sa vie de photographe cinéaste et d’artiste. Elle est aussi naturelle, authentique, sincère que sans fausse modestie et ce film qui a pris la forme d’un testament cinématographique est en totale harmonie avec sa personnalité. Elle n’hésite pas non plus à entrer dans l’aspect plus technique du travail, en parlant de sa « cinécriture » et en donnant des explications théoriques, accompagnées d’extraits de ses films. Quelques mois seulement après sa mort – le 29 mars de cette année – à 90 ans, elle éclaire toute sa filmographie de ses commentaires enrichissants. Elle se sentait fatiguée depuis quelque temps et a orchestré de main de maître son départ, en se déplaçant pour recevoir des prix honorifiques prestigieux à Berlin et à Marrakech (des mains de Martin Scorsese), récompensant toute sa carrière, en panifiant une rétrospective complète de son œuvre à la Cinémathèque française et des conférences (ce qui est la base du film) à des étudiants en cinéma ou à La Fondation Cartier qui lui avait consacré une très belle exposition intitulée « Agnès Varda, L’Ile et Elle» en 2006.

Quelle leçon de cinéma. Quelle place unique, cette petite française spitante d’origine grecque (née à Ixelles,Avenue de l’Aurore) s’est taillée dans le 7e art. Un film à son image, très émouvant.

« Pachamama »*** dessin animé de Juan Antin. A partir de 6 ans (4 ans pour moi). Durée : 1h12’

 

Récompensé par le César du meilleur film d’animation, voilà enfin un dessin animé de qualité aussi intéressant que très joliment illustré. Il raconte l’histoire de Tepulpai, un petit garçon des Andes péruviennes que l’on voit échouer au rituel de passage à l’âge adulte instauré par le chamane de son village. Il apprendra courageusement la vie en affrontant les chemins sinueux et dangereux de la Cordillère pour ramener au village la statue sacrée en or qui le protège ; un village qui vénère Pachamama, la déesse de la terre mère.

Né de la collaboration entre un réalisateur argentin et une production française, il aborde beaucoup de thèmes comme celui ancestral du respect de la terre des ancêtres, l’empire des Incas, Cuzco leur capitale, l’arrivée des cruels conquistadors sans foi ni loi, le chamanisme, sans parler des valeurs essentielles qu’il véhicule comme le courage, la maturité, l’écoute et la solidarité. Magnifique et édifiant.

 

“Roma” **** de Alfonso Cuarón avec Marina de Tavira, Yalitza Aparicio, Latin Lover, Daniela Demesa, Nancy Garcia, Marco Graf, etc. Durée: 2h15’. Diffusé seulement sur Netflix et exceptionnellement au Palace pour quelques séances.

 

Lion d’or à Venise, le grand réalisateur mexicain à qui l’on doit « Gravity » (2013) nous parle ici de son enfance dans les années 70 à Mexico où il a grandi dans le quartier de Roma, non loin de La Condesa, les quartiers chics de la mégapole. Tourné en noir et blanc dans une mise en scène magistrale (l’arrivée de la voiture dans le garage risque de rentrer dans les annales du cinéma avec un grand C), l’originalité -mis à part la qualité formelle exceptionnelle du récit- tient dans l’angle de vue adopté : tout est écrit depuis le point de vue de l’adorable et dévouée petite bonne indienne, une actrice non professionnelle de Oaxaca, au sud du pays. Sur fond de tension politique et sociale sous un régime autoritaire, on suit la vie de cette famille bourgeoise pendant une année (la fanfare est là comme étalon pour nous le signaler) où il se passe des choses essentielles. Inutile de vous en dire plus. Il est important de rappeler que « Roma » est une commande de Netflix dont la stratégie est clairement d’enrichir son offre, avec des films de qualité réalisés par de grands réalisateurs, et de permettre sa distribution dans quelques salles. De quoi prendre vraiment sa place dans ce monde intraitable… Y a-t-il plus vibrant hommage du cinéaste à sa nounou qu’il considérait comme sa mère ? « Des héroïnes , dit-il. Un film qui n’aurait  jamais vu le jour sans le financement de la plateforme vidéo. Qui prendrait le risque aujourd’hui de produire un film en noir et blanc qui parle de souvenirs d’enfance mexicains ? »

critiques de Virginie plus anciennes: cliquer ici

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

« Trees of memories » @Villa Empain –>24/10

Le Project Space de la Villa Empain au sous-sol présente régulièrement des expositions auxquelles cela vaut la peine de s’intéresser. Celle-ci particulièrement. 

Partant d’un thème original : des morceaux de bois, en provenance de la ligne de front de la 1re guerre mondiale en Alsace ont été confiés à des artistes internationaux dont les pays ont été mêlés de près ou de loin au conflit. L’idée vient de Volker-Johannes Trieb, un artiste originaire de la région qui en a confié la responsabilité au commissaire néerlandais Mattijs Visser que nous avons rencontré. L’homme (aussi riche humainement que son CV et c’est peu dire) nous explique le principe : toutes les œuvres ont le même point de départ. Les 31 artistes sélectionnés ont reçu un bloc de chêne carré de 30 x 30 x 30 cm portant les stigmates de la guerre. Ils ont carte blanche pour en faire ce qu’ils veulent, leur donner une dimension, une interprétation ou peut-être, il servira de prétexte pour raconter leur histoire personnelle. Et ensemble, ils forment un plaidoyer pour la paix d’où émerge en filigrane, l’idée que s’il n’y a pas les artistes pour changer le monde, qui le fera ? 

« Les arbres ont été les témoins silencieux de la 1re guerre mondiale. S’ils pouvaient parler, ce serait sans doute pour nous raconter une histoire faite de souffrances indicibles. Certains portent la trace d’armes d’artillerie, d’autres de grenades ou de balles de fusil ; tous ont assisté aux mêmes horreurs… » nous explique-t-il.

Des ‘traces’ cachées jusqu’aujourd’hui qu’Anish Kapoor, Christian Boltanski, Tony Cragg, Günther Uecker, Pedro Cabrita Reís, Sean Scully, Kiki Smith, Berlinde De Bruyckere, pour ne citer que les plus célèbres d’entre eux ont ‘travaillées’, pensées, recréées, dans la plupart des cas, de manière magistrale. 

Les socles sur lesquels les œuvres sont exposées ne sont autres que les caisses dans lesquelles elles sont arrivées chez les artistes et voyagent désormais dans les différents lieux d’exposition autour du monde. Elles ont déjà été montrées en Allemagne (Kalkriese et Berlin et, après la Fondation Boghossian, elles iront encore à Bruxelles, au Parlement européen avant de s’envoler à l’ONU à New York en 2022. 

N.B.: Mentions spéciales pour « Double World » de Jean Boghossian, à gauche en face de vous, dans la 1re petite salle très sombre,  « Queens Brigade » de Christian Boltanski au fond de la 2e salle contre le mur et enfin, celle de Berlinde De Bruyckere à gauche dans la 3e et dernière salle.   

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 24 octobre 2021

Fondation Boghossian – Villa Empain

67, Avenue Franklin Roosevelt

B-1050 Bruxelles

www.fondationboghossian.be

BEAUFORT 21

De triënnales van BEAUFORT hebben voor mij iets van paaseieren rapen:  het is leuk -tenminste als je pret beleeft bij het zoeken-, familiaal,  neemt heel veel tijd en wat je vindt kan een reuze-ei zijn of een niemendalletje. Soms blijven eieren achter een struik liggen omdat niemand ze gevonden heeft. Er zijn in totaal een 20 ‘eieren’ verspreid over een kustlengte van 60 km. Om dit te redden zijn wel twee dagen nodig, liefst met de kusttram . Na de dramatische 2015 editie is het dit jaar -zoals in 2018-  heel klassiek en toegankelijk, met veel werken rond de ecologische bekommernissen. Om het bezoek voor te bereiden vindt U hierbij een zeer volledige pdf met een beschrijving van alle kunstwerken en vooral kaarten en adressen on U te oriënteren .

Het lijstje kunstenaars is indrukwekkend en iedereen kan er zijn gading in vinden : LAURE PROUVOST, MICHAEL RAKOWITZ,HEIDI VOET,ELS DIETVORST,GOSHKA MACUGA, MAARTEN VANDEN EYNDE, OLIVER LARIC, RAPHAELA VOGEL, ROSA BARBA MONOKINO, NICOLÁS LAMAS, ROSSELLA BISCOTTI, MAEN FLORIN, JIMMIE DURHAM, MARGUERITE HUMEAU, TIMUR SI-QIN, SAMMY BALOJI, ADRIÁN VILLAR ROJAS, JEREMY DELLER, RUBEN BELLINKX, ARI BENJAMIN MEYERS, DIE VERDAMMTE SPIELEREI, SAÂDANE AFIF, NEL AERTS,GERT VERHOEVEN

Ik heb enkel het gedeelte Knokke- Blankenberge met de fiets afgereden maar zal in de komende weken dit artikel aanvullen met updates. Knokke was een tegenvaller: het werk van Jeremy Deller is nog niet aangekomen. In Heist staat op de dijk een maquette van een niet uitgevoerd werk van Ruben Bellinkx. Verbijsterend! In Zeebrugge heb ik me rot gezocht naar de werken van Villar Rojas en ze nooit gevonden. Daarentegen is het werk van Sammy Baloji op het strand dan weer wat gemakkelijker op te speuren. Het is wat ver gezocht met een verband tussen de munitie uit de Eerste Wereldoorlog nog aanwezig voor onze kust en de uitbuiting van de Congolese grondstoffen. Aan de kerk in de Albertstraat van Blankenberge staat een interessant werk van Timur Si-Qin die verkoolde bomen in Californië scande en verder aan de uitgang van de stad is een poëtisch werk van Marguerite Humeau ( ook wat moeilijk te vinden tenzij men het restaurant de Oesterput kent).

Ruben Bellinkx

16 JUNI

Ik waag mij aan de kusttramformule : een dagticket ( 7.50 €) en naar Wenduine; Het werk van Jimmie Durham staat eigenlijk aan de tramhalte; je hoeft niet uit te stappen ; aan de volgende halte is het wat zoekwerk naar de sculptuur van Maen Florin want het ligt verscholen in het bosje op een vijftigtal meter van de tramhalte ; wel fascinerend; een blik om nooit te vergeten. Verder naar Bredene Renbaan voor Rossella Biscotti en Nicolas Lamas : een berichtje wacht je op om te melden dat het werk van Biscotti na vandalisme in hertelling is en het werk van Lamas ligt op twee uur op en af stappen. Dus naar Oostende waar in het postgebouw een nieuwe desillusie wacht : een scherm type huiskamertelevisie en een niet te begrijpen soundtrack ( een andere luidspreker in de zaal speelde popmuziek). Ik stop ermee en ga naar MUZEE waar een uitzonderlijke tentoonstelling op mij wacht.

Langs de kust, in confrontatie met een stijgende zeespiegel, komt de verhouding van mens tot de natuur het best tot uiting. Terwijl de hoogbouw langs kust de vraag opwerpt  ‘hoe heeft de mens de kust veranderd’, draait Beaufort de rollen om en wordt de vraag: ‘hoe heeft de kust de menselijke geschiedenis veranderd?’. Dit perspectief van bescheiden invloed lijkt beter geschikt na een jaar van wereldwijde pandemie. Tijdens Beaufort 21 gaan de kunstwerken in dialoog met hun omgeving en werpen ze een nieuwe blik op bekende locaties, waarbij vooral de natuurlijke geschiedenis naar de voorgrond komt.

DE ORGANISATIE SCHRIJFT:

De geschiedenis van de gehele grotere regio is nauw vervlochten met de Noordzee. Zo is het getij aanwezig in de naam ‘Vlaanderen’, afgeleid van het Germaanse ‘flaumaz’, dat ‘overstroming’ betekent omdat het kustgebied tussen de 3e en 8e eeuw tweemaal per dag overstroomde. Het tweetalig graafschap Vlaanderen kreeg zo haar naam toegewezen vanuit het oogpunt van de zee. Daarnaast is de ontwikkeling van Brugge en later Antwerpen tot wereldsteden vooral te danken aan de maritieme handel. Vanuit Noorwegen, de Baltische staten of Italië bracht de Noordzee ons niet alleen kennis en welvaart, maar ook kunstvormen uit de Renaissance die de Vlaamse kunstenaars verder ontwikkelden.

Tegelijkertijd is de Noordzee één van de meest onvoorspelbare zeeën ter wereld. Ze ontstond ‘slechts’ 8000 jaar geleden, nadat het rivierenlandschap Doggerland overspoeld werd door een tsunami. Haar grillige karakter  is voor altijd gebeiteld in de naam ‘Oostende’, het ‘Oostelijk uiteinde’ van het schiereiland Testerep, dat in de 14e eeuw tijdens een zware storm gedeeltelijk door de zee werd opgeslokt.

In lijn met deze focus wordt tijdens Beaufort 21 de openbare ruimte uitgebreid tot de zeebodem. Restanten van schepen die tijdens stormen en oorlogen naar de bodem van de oceaan zonken, worden sinds kort erkend als cultureel erfgoed. Naar analogie met de heroïsche oorlogsmonumenten aan land, vormen deze scheepswrakken nieuwe gedenktekens onder water, die andere verhalen van de mensheid aan de kust vertellen. Ze onthullen elementen uit onze geschiedenis die doorgaans weinig aan bod komen en brengen een juister, vollediger verslag. Denk maar aan De Paardenmarkt, een onderzees munitiestort uit de Eerste Wereldoorlog dat een toxische dreiging vormt voor ons ecosysteem en parallellen vertoont met de donkerste periodes uit de koloniale geschiedenis.

De triënnale voor hedendaagse kunst aan zee streeft ernaar de huidige tijd historisch te benaderen. Onze blik op het verleden is doordrongen van eenzijdige denkbeelden en ouderwetse ideeën. Een zienswijze waar echter vele stemmen ontbreken en de mens zichzelf oppermachtig waant. De kunstwerken laten uitgewiste stemmen wél aan het woord, met aandacht voor alles dat leeft, en binnen een bewustwording van de kwetsbaarheid van de mens in het ecosysteem. De sculpturen van Beaufort 21 vormen op die manier gedenktekens van een andere aard, beter passend bij het huidige tijdperk.

https://www.beaufort21.be

Les triennales BEAUFORT sont un peu comme la chasse aux œufs de Pâques : c’est amusant – du moins si vous aimez passer votre temps à chercher -, familial, ça prend beaucoup de temps et ce que vous trouvez peut être un œuf géant ou minuscule. Parfois, des œufs restent derrière un buisson parce que personne ne les a trouvés. Il y a un total de 20 « œufs » répartis sur les 60 km notre côte. Deux jours sont nécessaires pour explorer cela, de préférence avec le ‘kusttram’. Après l’édition dramatique de 2015, Beaufort s’est assagi en devenant très classique et accessible, et cette année en proposant de nombreux ouvrages autour des préoccupations écologiques. Pour préparer la visite vous trouverez ci-joint un PDF très complet avec la description détaillée de chaque œuvre et surtout des plans et adresses qui permettront plus ou moins de vous orienter.

La liste des artistes est impressionnante : LAURE PROUVOST, MICHAEL RAKOWITZ,HEIDI VOET,ELS DIETVORST,GOSHKA MACUGA, MAARTEN VANDEN EYNDE, OLIVER LARIC, RAPHAELA VOGEL, ROSA, BARBA MONOKINO, NICOLÁS LAMAS, ROSSELLA BISCOTTI, MAEN FLORIN, JIMMIE DURHAM, MARGUERITE HUMEAU, TIMUR SI-QIN, SAMMY BALOJI, ADRIÁN VILLAR ROJAS, JEREMY DELLER, RUBEN BELLINKX, ARI BENJAMIN MEYERS, DIE VERDAMMTE SPIELEREI, SAÂDANE AFIF, NEL AERTS,GERT VERHOEVEN

Je n’ai parcouru que la partie de Knokke-Wenduine à vélo, mais je compléterai cet article avec des mises à jour dans les semaines à venir. Knokke fût une déception : l’œuvre de Jeremy Deller n’est pas encore arrivée. Sur la digue de Heist  il y a une petite maquette d’une œuvre non réalisée de Ruben Bellinkx. Étonnant! A Zeebruges, j’ai cherché les œuvres de Villar Rojas pendant une heure et je ne les ai jamais trouvées. En revanche, le travail de Sammy Baloji sur la plage est plus facile à repérer. C’est un peu tiré par les cheveux avec un lien entre les munitions de la Première Guerre mondiale encore enfouies au large de nos côtes et l’exploitation des matières premières congolaises. A l’église de l’Albertstraat à Blankenberge se trouve une œuvre intéressante de Timur Si-Qin qui a scanné des arbres calcinés en Californie et plus loin direction Wenduine on trouvera une œuvre poétique de Marguerite Humeau (également difficile à trouver à moins de connaître le restaurant de Oesterput).

Timur Si-Qin
MARGUERITE HUMEAU

16 JUIN

J’essaie la formule du tram : un ticket à la journée (7,50 €) et direction Wenduine ; l’œuvre inquiétante de Jimmie Durham se trouve en fait à l’arrêt du tram ; il n’est pas nécessaire de descendre ; à l’arrêt suivant, il faut un peu chercher pour trouver la sculpture de Maen Florin car elle est cachée dans le petit bois à une cinquantaine de mètres de l’arrêt du tram ; fascinant ; un regard qu’on n’oublie pas. En route vers Bredene Renbaan pour Rossella Biscotti et Nicolas Lamas : un message vous attend pour vous informer que l’œuvre de Biscotti est en cours de réparation après un acte de vandalisme et que l’œuvre de Lamas est à deux heures de marche aller-retour . Direction Ostende, où une nouvelle désillusion m’attends dans le bâtiment de la Poste : un petit écran type télévision de salon et une bande son incompréhensible (une autre enceinte dans le hall diffusait de la musique pop). J’arrête Beaufort et me rends à MUZEE où une exposition exceptionnelle m’attend.

La communication de Beaufort

Face à l’élévation du niveau de la mer, c’est à la mer que s’exprime le mieux la relation changeante avec la nature. Tandis que les grands immeubles le long de la côte soulèvent la question « Comment l’homme a-t-il changé le littoral ? », Beaufort inverse les rôles et la question est alors « Comment le littoral a-t-il changé l’histoire humaine ? ». Cette perspective d’influence discrète semble plus appropriée après une année de pandémie mondiale. Dans le cadre de Beaufort 21, les œuvres d’art créent un dialogue avec leur environnement et permettent de jeter un regard neuf sur des endroits familiers où l’histoire naturelle tient le devant de la scène.

BEAUFORT ECRIT: L’histoire de l’ensemble de la région est étroitement liée à la mer du Nord. La marée se retrouve ainsi dans le mot « Flandre », dérivé du germanique flaumaz qui signifie inondation, car entre le IIIe et le VIIIe siècle, la zone côtière était inondée deux fois par jour. Le comté de Flandre bilingue a donc été nommé d’après la mer. En outre, le développement de Bruges et plus tard d’Anvers en tant que métropoles est surtout dû au commerce maritime : de la Norvège, des États baltes ou encore de l’Italie, la mer du Nord nous a apporté non seulement connaissances et prospérité, mais aussi des formes d’art de la Renaissance que les artistes flamands ont approfondies.

Mais la mer du Nord est en même temps l’une des mers les plus imprévisibles au monde. Elle est apparue il y a « seulement » 8 000 ans, après que le paysage émergé du Doggerland a été submergé par un tsunami. Son caractère capricieux est à jamais gravé dans le nom « Ostende », l’« extrémité orientale » de la péninsule de Testreep qui a été en partie engloutie par la mer au XIVe siècle lors d’une violente tempête.

Conformément à cette idée, l’espace public s’étend jusqu’au fond de la mer lors de Beaufort 21. Les vestiges des bateaux qui ont coulé au fond de la mer durant les tempêtes et les guerres ont récemment été reconnus comme patrimoine culturel. Par analogie avec les monuments dédiés aux morts héroïques sur terre, ces épaves constituent de nouveaux monuments commémoratifs sous l’eau, qui racontent d’autres histoires de l’humanité sur le littoral. Elles dévoilent des éléments de notre histoire généralement peu abordés et fournissent un compte rendu plus juste et plus complet. Pensez par exemple au Paardenmarkt, une décharge de munitions immergée datant de la Première Guerre mondiale qui représente une menace toxique pour notre écosystème et rappelle les périodes les plus sombres de l’histoire coloniale.

L’exposition aspire à aborder l’époque actuelle d’un point de vue historique. Notre vision du passé est imprégnée d’idées partiales et archaïques, c’est une vision qui omet de nombreuses voix et dans laquelle l’homme se croit tout-puissant. Les œuvres d’art permettent aux voix réprimées de s’exprimer, avec une attention pour tout ce qui vit et une prise de conscience de la vulnérabilité de l’homme dans l’écosystème. Les sculptures de Beaufort 21 sont des monuments commémoratifs d’une autre nature, mieux adaptés à l’époque actuelle.

Shilpa Gupta & Jumana Manna @ M KHA–>29/8

Jumana Manna. « Trente plombiers dans le ventre » *

Je n’aurais pas été voir cette exposition si elle n’était pas au rez-de-chaussée de celle de Shilpa Gupta. Ma curiosité prenant toujours le dessus, j’ai exploré l’espace parsemé de grands panneaux recouverts de gazes d’échafaudage – des capteurs de poussière -récupérés sur des façades en rénovation et accrochés sur des planches en bois et de ‘sculptures’ issues du monde des égouts et de sites de construction. 

Entre tuyaux, organes sexuels ou digestifs, bouches béantes, nous voilà plongés dans un monde singulier. Si l’ensemble est plaisant à découvrir avec une certaine dimension esthétique, je laisse à votre interprétation ce qu’en dit l’artiste : “ Trente plombiers dans le ventre s’intéresse aux infrastructures d’improvisation dans des endroits où les infrastructures sont construites pour échouer. Le rassemblement de ces matériaux et leurs formes anthropomorphiques supportent le processus de perte et de nouvelle symbolisation à la fois en tant que conséquence et potentialité. La création d’une sculpture en tant qu’écho physique à ses référents est une mise en exergue de l’ouverture plutôt que de l’immobilisme , et il s’agit d’un acte d’empathie, de re-symbolisation de ces choses « non désirées », pour en faire des objets qui en valent la peine et des objets de contemplation. Une empathie qui rapproche les corps des objets et des infrastructures qui exposent, transforment et nous lient les uns aux autres et aux espaces dans lesquels nous habitons. » 

Si vous comprenez ceci, honnêtement, je vous tire mon chapeau car je ne vous cache pas que, même si j’ai trouvé la mise en scène intéressante, l’essentiel m’échappe…

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 29 août 2021

M HKA (Musée d’art contemporain d’Anvers)

Leuvenstraat, 32

B- 2000 Anvers

www.muhka.be

Shilpa Gupta. « Aujourd’hui s’achèvera » ****

Voici une artiste que je suis depuis plus de 20 ans, depuis qu’elle exposait déjà de beaux baluchons de soie indienne en Grèce sur l’île d’Hydra avec Dimitrios Antonitsis dans le cadre de son exposition estivale annuelle, intitulée « Hydra School Project. »

Je n’ai cessé de m’y intéresser depuis lors. Et quelle surprise de découvrir en 2017 à Art Basel un des restaurants de la foire installé dans un immense pavillon réalisé par l’artiste avec des dizaines de casseroles en inox, l’un des symboles de la culture populaire indienne. Alors quand le M HKA à Anvers organise sa première rétrospective, imaginez mon enthousiasme ! 

Née à Mumbai en Inde en 1976 où elle vit et travaille aujourd’hui, Shilpa Gupta poursuit une œuvre qui interroge non seulement la société, les relations humaines mais encore les religions à travers divers sujets comme les conflits, la sécurité, la technologie, les frontières ou encore la censure. Autant vous dire que ses sculptures, ses installations dans l’espace public, ses manifestes ou ses photographies passent rarement inaperçues. De plus, elle excelle dans le domaine de la technologie et utilise les médias à bon escient. 

Le M HKA qui la soutient depuis longtemps expose quelques-unes de ses œuvres majeures en vous emmenant dans un parcours qui vous sensibilisera (ou non) au fil rouge qu’elle poursuit depuis plus de 20 ans. Gupta est une artiste engagée qui renouvelle l’art contemporain de manière très personnelle avec une dimension psychologique et esthétique, accessible à tous.  

Présente à la Biennale de Venise en 2019, elle est aujourd’hui l’une des artistes indiennes les plus reconnues sur la scène internationale. 

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 12 septembre 2021

M HKA (Musée d’art contemporain d’Anvers)

Leuvenstraat, 32

B- 2000 Anvers

www.muhka.be

Mathieu Pernod & Ellis Island @ Musée Juif –>29/8

Ellis Island. *

Un titre qui se réfère à un thème intéressant, l’exil, ayant comme point de départ un texte de Georges Perec sur Ellis Island, l’île en face de NY, qui fut pendant plus de trente ans – de 1892 à 1924 – le lieu d’accueil et de passage obligé de millions d’immigrants venus aux Etats-Unis. 

Barbara Cuglietta, la directrice du musée laisse libre cours à l’interprétation du sujet d’une actualité brûlante, à une petite dizaine d’artistes contemporains.

Le détour avant l’exposition de Mathieu Pernod vaut la peine rien que pour « Inking (The cardboard suitcase) », l’œuvre magique et poétique à double face de l’artiste marocaine Latifa Echakhch (El Khnansa, 1974). Mais encore pour les œuvres recouvertes du sel de la Mer morte de l’israélienne Sigalit Landau (Jérusalem, 1969), les « Poupées-Poubelles » de l’artiste belge Marianne Berenhaut (Bruxelles, 1934) créées dans les années 70 et les tableaux de la Suisse Miriam Cahn (Bâle, 1949). 

Les œuvres occupent une petite salle de 70 m2 à droite de l’entrée du musée, appelée le Project Space qui a pour but d’attirer l’attention du visiteur sur des projets innovateurs en matière d’art contemporain, doublé d’un regard critique en rapport avec le thème traité dans l’exposition principale, à savoir ici l’immigration.

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 29 Août 2021

Musée Juif

21, Rue des Minimes

B- 1000 Bruxelles

www.mjb-jmb.org

****
Mathieu Pernod. “Something is happening”


« Something is happening » aborde donc le même thème de l’exil cette fois au XXIe s. et sur une autre île, Lesbos. 

A travers une série de photographies prises en 2020, aussi effrayantes qu’émouvantes, le photographe français Mathieu Pernod nous montre des migrants qui ont échoué et sont enfermés sur l’île mythique grecque.

Il n’y a pas que des photos d’ailleurs mais aussi des objets calcinés, réchappés de l’incendie dramatique du camp de Moria, des cahiers d’écriture qui témoignent d’une courageuse volonté d’intégration, des vidéos filmées en direct sur les cruautés et réalités du parcours, envoyées par les migrants eux-mêmes au photographe qui a décidé de montrer au monde ce qu’il ne veut pas voir… 

La démarche est non seulement courageuse mais impressionnante. 

Une exposition essentielle et incontournable. Difficile de nier la réalité après cela.

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 19 septembre 2021 

Musée Juif

21, Rue des Minimes

B- 1000 Bruxelles

www.mjb-jmb.org

Jacques Moeschal. « Architecture Sculptures »@ BOZAR –>19/9

Il y a très longtemps que j’attendais ce moment : une exposition de ce talentueux architecte qui s’est plus distingué dans la réalisation de sculptures monumentales que dans la construction de maisons, bien qu’il en ait fait quelques-unes comme celles du violoniste Arthur Grumiaux, du collectionneur avisé Louis Bogaert sur la digue au Zoute, de la famille Van Moerkerke – la Villa De Keignaert – au début des années 70, une gigantesque maison conçue comme un bunker de briques pour abriter leur collection d’art et enfin, la sienne Avenue Accent à Auderghem. 

C’est là que je l’ai connu. J’habitais la maison de son maître et ami, l’architecte Henri Lacoste, voisine. les jardins se touchaient. Je n’ai pas résisté un jour à aller sonner à sa porte. Il m’a très gentiment accueillie et de là est née une amitié entre nous les dernières années de sa vie. Il était grand et élancé. Une silhouette fine et élégante, impressionnante à cet âge avancé, des traits émaciés et une abondante chevelure blanche en faisaient un personnage hors norme, doté d’une personnalité humble et affable. On a fêté ses 90 ans ensemble avec mon petit garçon qui avait à quelques jours près, 80 ans de moins que lui : ils étaient tous les deux de juillet : (1913 et 1993). Quel souvenir. Il est parti l’année suivante. 

Le lumineux atelier de sa maison sobre aux lignes pures était magnifique. Des dizaines de petites sculptures y étaient entreposées dans un désordre créatif. Il s’agissait des maquettes de ses sculptures monumentales. Toutes plus belles et intéressantes les unes que les autres. Vous en verrez quelques-unes à l’exposition avec des films, des photos de tous ses projets, réalisés ou non et surtout « La Flèche du Génie Civil » de l’Expo 58, prodige architectural unique à la destruction de laquelle l’artiste Ann Veronica Janssens a eu l’idée de s’intéresser en réalisant le film de sa ‘reconstruction’. Je vous laisse découvrir cette courte séquence de 3’ à peine qui tente de réparer l’inconcevable… 

Ne ratez donc pas l’occasion de découvrir cet homme de génie malheureusement trop peu connu alors que vous reconnaîtrez ses sculptures emblématiques qu’il aimait qualifier de signaux ou signes. 

Une rétrospective à la hauteur de l’architecte-sculpteur dans laquelle le caractère transparaît d’un bout à l’autre. 

Bravo aux organisateurs.

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 29 juillet 2021 

Palais des Beaux-Arts

23, Rue Ravenstein

B-1000 Bruxelles

www.bozar.be

Jacqueline de Jong @ REGENERATE @ Wiels –>15/8

L’œuvre de Jacqueline de Jong recouvre un des trois étages du Wiels ; la majeure partie des œuvres présentées datent de la période contestataire des années 60 et 70. C’est brutal , passionné, radical, subversif, révolutionnaire, confus, d’un érotisme débridé, explosif. C’est un mélange pictural ou on retrouve cobra, l’expressionnisme, l’art brut et les idées révolutionnaires du situationnisme. C’est un langage pictural assez proche d’Alechinsky avec des figures monstrueuses et une grande spontanéité …mais en beaucoup plus violent. Il faut s’accrocher, mais quelle force !

 Les deux autres étages sont consacrés à des artistes belges. Le thème Regenerate indique la revitalisation que l’art peut offrir. La plupart des productions datent de la période du confinement. Comme beaucoup d’expositions aujourd’hui il y a une pléthore de jeunes artistes . C’est finalement une exposition joyeuse, pétillante, pleine d’entrain et de surprises. On a l’impression que la méditation forcée pendant la période du confinement a secoué un peu la lourdeur et le besoin cryptique prétentieux des œuvres pré-corona, et c’est une bonne chose…

Wiels écrit :

Par sa figuration et son style exubérant, l’artiste néerlandaise Jacqueline de Jong crée des œuvres désinhibées, qui combinent humour, érotisme, violence et engagement politique. Depuis le début des années 1960, De Jong embrasse l’image picturale comme site de confusion et de subversion. Mêlant l’absurde à l’énigmatique, elle fait partie des artistes qui ont réintroduit des formes de narration en faisant des emprunts à la culture populaire, au cinéma et à l’illustration. Avide d’expérimentations, Jacqueline de Jong se joue de la forme, des styles et des idiomes picturaux pour développer un travail singulier et subversif. 

Née au Pays-Bas en 1939, de Jong a voyagé à travers l’Europe, où elle a été en contact avec de nombreux mouvements d’avant-garde – elle a notamment participé au groupe radical de l’Internationale Situationniste qui voulait en finir avec la société du spectacle et de consommation. Active comme peintre, elle fut aussi graphiste et rédactrice en chef du The Situationist Times.

L’exposition au WIELS offre l’occasion de découvrir ou de re-découvrir l’œuvre foisonnante de De Jong dans une présentation non-linéaire où les œuvres d’époques différentes se répondent, suivant une logique de dérive chère à l’artiste.

Rassemblant un grand nombre d’artistes, Regenerate offre une vision actuelle à la fois joyeuse, critique, prudente et optimiste, au fil d’œuvres récentes créées par des artistes en Belgique (avec des escapades occasionnelles au-delà des bulles et des frontières).

Explicitement ou implicitement, les œuvres sélectionnées témoignent de la revitalisation que l’art peut offrir. En se concentrant sur des productions récentes, le projet explore ce qui a émergé durant cette période teintée d’imprévisibilité et d’isolement, et analyse comment la pandémie et son impact ont, jour après jour, sculpté nos imaginaires.

Artistes: Cecilia Bjartmar Hylta, Elen Braga, Carlos Caballero, Chloë Delanghe, Bram Demunter, Effi & Amir, Eitan Efrat & Sirah Foighel Brutmann, Helen Anna Flanagan & Josefin Arnell, Eva Giolo, Corentin Grossmann, Tom Hallet, Nokukhanya Langa, Eva L’Hoest, Sandrine Morgante, Camille Picquot, Batsheva Ross, Marie Zolamian

La société humaine fait preuve d’une résilience et d’un pouvoir de régénération remarquables. Après chaque cataclysme, qu’il soit provoqué par l’homme, par la nature, ou (comme c’est souvent le cas) par une combinaison des deux, les communautés se relèvent, se secouent et repartent de plus belle. Un processus de reconstruction qui s’accompagne la plupart du temps de bouleversements, mais la remise à zéro des compteurs engendre également toujours de nouvelles priorités et des schémas comportementaux nouveaux. 

De tous temps, les artistes ont été d’excellents baromètres de ces périodes de renouveau, ouvrant la voie en témoignant de nos combats et de notre confusion. Ces derniers mois d’isolement social ont offert l’opportunité de se réévaluer, de se questionner soi-même mais aussi de s’interroger sur les comportements de la société, d’imaginer ce qui pourrait devenir le « nouveau normal ». Pour tout le monde, cela a révélé ce qui était superflu, ce qui était essentiel, même si les conclusions tirées sont loin d’être universelles. Il est trop tôt pour savoir quel type de société émergera de la pandémie de Covid-19 – ou quand elle se calmera au niveau global –, mais WIELS saisit ce moment pour explorer de nouvelles formes de présentation publique.

WIELS propose de partager ses ressources avec de nombreux acteurs de sa communauté artistique, créative et intellectuelle. En tant que centre artistique, le WIELS offre avant tout un espace d’attention publique : aux praticiens, à leurs pratiques et idées. Regenerate vise donc à fournir cette attention sous forme d’une plateforme publique accompagnée d’un soutien financier, intellectuel et logistique pour les pratiques qui ne peuvent compter sur les mécanismes du marché de l’art, de plus en plus instables et de moins en moins fiables. À cette époque où le digital ne cesse de gagner du terrain, WIELS privilégie les rencontres interpersonnelles et avec les œuvres d’art, auxquelles les médias sociaux et les interactions en ligne ne pourront jamais se substituer.

WIELS, Centre d’art contemporain

Avenue Van Volxem 354

1190 Bruxelles

Tél +32 (0) 2 340 00 53

MA-DI 11-18

10€

Het oeuvre van Jacqueline de Jong beslaat een van de drie verdiepingen van het Wiels; de meeste van de geëxposeerde werken dateren uit de periode van de contestatie en protest  van de jaren zestig en zeventig van de vorige eeuw. Het is brutaal, gepassioneerd, radicaal, subversief, revolutionair, verward, ongebreidelde erotiek, explosief. Het is een picturale mengeling waarin we cobra, expressionisme, art brut en de revolutionaire ideeën van het situationisme aantreffen. Het is een beeldtaal die dicht bij Alechinsky staat, met monsterlijke figuren en een grote spontaniteit… maar dan wel veel heftiger. Niet echt voor watjes, maar wat een kracht!

De twee andere verdiepingen zijn gewijd aan Belgische kunstenaars. Het thema Regenerate duidt op de revitalisering die kunst kan bieden. De meeste producties dateren uit de periode van de lock-down. Zoals vele tentoonstellingen vandaag ishet een groepstentoonstelling met een storm van jong talent. Uiteindelijk is het een vrolijke, sprankelende tentoonstelling geworden, vol creativiteit en verrassingen. Men krijgt de indruk dat de gedwongen meditatie tijdens de periode van lock-down iets nieuws heeft doen ontstaan : luchtiger, minder cryptisch,minder pretentieus, minder zwaar, dichter bij het leven …en dat is maar goed ook.

Wiels schrijft:

In haar eigen uitbundige figuratieve stijl creëert de Nederlandse kunstenares Jacqueline de Jong ongeremde werken over humor, erotiek, geweld en politiek engagement. Sinds het begin van de jaren zestig omarmt de Jong het picturale beeld als vehikel voor verwarring en subversie. Het absurde en het mysterieuze vinden elkaar in verhalende beelden geïnspireerd door populaire cultuur zoals film en illustratie. Gepassioneerd door het experiment speelt Jacqueline de Jong met vorm, stijl en beeldspraak om haar werken te ontwikkelen.

Jacqueline de Jong is afkomstig uit Nederland (1939) en maakte deel uit van verschillende avant-gardistische bewegingen in heel Europa. Als lid van de Situationistische Internationale ijverde ze voor het einde van de spektakel- en consumptiemaatschappij. Ze was actief als schilderes, grafisch ontwerpster en eindredactrice voor The Situationist Times.

De tentoonstelling in WIELS biedt de mogelijkheid om het brede spectrum aan werken van de Jong te ontdekken of herontdekken in een niet-lineaire presentatie waarin werken uit verschillende tijdperken op elkaar reageren, volgens de eigenzinnige logica van dwalen van de kunstenares zelf.

Regenerate brengt een groot aantal kunstenaars samen om een uitbundige, kritische, voorzichtige en optimistische kijk op het huidige moment te bieden.

Regenerate presenteert recent werk van kunstenaars in België (met enkele uitstapjes buiten grenzen en bubbels). Expliciet of impliciet getuigen de geselecteerde werken van de revitalisering die kunst kan bieden. Door zich te richten op recente producties, verkent het project wat er tijdens deze periode van onvoorspelbaarheid en isolatie is ontstaan, en hoe de pandemie en haar gevolgen onze verbeelding dag na dag vormgeven.

Kunstenaars :Cecilia Bjartmar Hylta, Elen Braga, Carlos Caballero, Chloë Delanghe, Bram Demunter, Effi & Amir, Eitan Efrat & Sirah Foighel Brutmann, Helen Anna Flanagan & Josefin Arnell, Eva Giolo, Corentin Grossmann, Tom Hallet, Nokukhanya Langa, Eva L’Hoest, Sandrine Morgante, Camille Picquot, Batsheva Ross, Marie Zolamian

De menselijke samenleving is buitengewoon veerkrachtig en heeft het vermogen om zichzelf te herstellen. Na elke ramp, of die nu door de mens, de natuur, of (zoals meestal) een combinatie van beide is veroorzaakt, staan gemeenschappen te popelen om de draad weer op te pakken, de rug te rechten en opnieuw te beginnen. Dit proces van heropleving gaat zelden zonder slag of stoot. Maar wanneer de reset-knop wordt ingedrukt, ontstaan er nieuwe prioriteiten en gedragspatronen.

Kunstenaars zijn altijd uitzonderlijke barometers van dergelijke heroplevingen geweest die ons de weg wijzen en tegelijkertijd getuige zijn van onze worstelingen en verwarring. Door het sociale isolement van de afgelopen maanden hebben wij de kans gekregen onszelf te evalueren. Niet alleen onszelf, maar ook het gedrag van de samenleving werd in vraag gesteld, samen met een onderzoek naar het “nieuwe normaal”. Deze periode bracht voor iedereen aan het licht wat overbodig en wat essentieel is, maar de getrokken conclusies zijn verre van universeel. Hoewel het nog te vroeg is om te voorspellen welke soort samenleving uit de COVID-19-pandemie zal ontstaan, laat staan wanneer deze wereldwijd onder controle zal zijn, toch grijpt WIELS dit moment aan om nieuwe vormen van publieke presentatie te verkennen. 

WIELS stelt voor om haar middelen te delen met talloze spelers uit haar artistieke, creatieve en intellectuele gemeenschap. Als kunstencentrum biedt WIELS in de eerste plaats brede publieke aandacht: aan kunstenaars, hun praktijken en hun ideeën. Regenerate wil deze aandacht dan ook in de vorm van een openbaar platform geven, met financiële, intellectuele en logistieke ondersteuning voor praktijken die niet kunnen terugvallen op de steeds labielere en onbetrouwbare mechanismen van de kunstmarkt. In deze periode van steeds toenemende digitalisering, geeft WIELS ook de voorkeur aan wezenlijke ontmoetingen, zowel met kunstwerken als tussen mensen, die niet volledig vervangen kunnen worden door sociale media en online interacties.

WIELS, Centre d’art contemporain

Avenue Van Volxem 354

1190 Brussel

Tél +32 (0) 2 340 00 53

Di-ZO 11-18

10€

BXL UNIVERSEL II : multipli.city @ La Centrale –>12/9

J’ai beaucoup hésité à aller voir cette expo tant que le titre complet était rébarbatif :  ‘BXL UNIVERSEL II : multipli.city, un projet d’exposition/forum et d’événements multidisciplinaires en collaboration avec 11 artistes et 6 organisations citoyennes basées à Bruxelles’. Je craignais une nouvelle manifestation de nouveaux venus sur le territoire bruxellois avec la longue litanie anticolonialiste, antiraciste ,antitout qui fleurit dans beaucoup de galeries et expositions aujourd’hui . C’était sans compter sur les compétences de Carine Fol – la directrice artistique de La Centrale qui a le flair pour débusquer les perles rares et les mettre en valeur. Si les thèmes mentionnés ne sont pas tout à fait absents, ils le sont d’une manière subtile, souvent avec beaucoup d’humour et surtout avec beaucoup de talent . Bref j’ai beaucoup aimé déambuler dans cette expo au cœur de Bruxelles

La CENTRALE présente BXL UNIVERSEL II : multipli.city, un projet d’exposition/forum et d’événements multidisciplinaires en collaboration avec 11 artistes et 6 organisations citoyennes basées à Bruxelles.

Avec : Younes Baba-Ali, Vincen Beeckman, Aleksandra Chaushova, Effi & Amir,Hadassah Emmerich, Pélagie Gbaguidi, Stephan Goldrajch, Sabrina Montiel-Soto, Anna Raimondo, Lázara Rosell Albear, Oussama Tabti ; BNA-BBOT & Mia Melvaer, Culture & Démocratie, Globe Aroma, Kunstenpunt, MOUSSEM & Barbara Prada, Zinneke.

A l’occasion de son 15ème anniversaire en 2021, la CENTRALE célèbre sa ville, ses artistes, ses habitant.e.s avec le projet BXL UNIVERSEL II : multipli.city.

Plus qu’une exposition, ce projet d’exposition-forum se dessine comme un patchwork de singularités et de parcours, à travers les propositions d’artistes qui ont élu domicile à Bruxelles, et la collaboration avec des organisations citoyennes et artistiques œuvrant dans la ville. Interrogeant à la fois les strates de la ville cosmopolite, et le vivre-ensemble qui s’y tisse, le centre d’art contemporain s’étend à l’espace public et aux lieux partenaires, s’ouvrant à tou.te.s, dans l’échange et le partage de pratiques artistiques et participatives.

En 2016, à l’occasion de son 10e anniversaire, la CENTRALE présentait BXL UNIVERSEL I : un portrait subjectif. Alors que le premier volet ouvrait ses portes quelques mois après les attentats terroristes de Bruxelles, ce deuxième volet sera marqué par la pandémie, les mois de (dé)confinement et l’impact sur la vie culturelle. Deux moments forts qui ont modifié notre vision de la ville et du monde, et notre regard sur l’autre et le vivre ensemble.

Exposition

CENTRALE

Place Sainte-Catherine 44

1000 Bruxelles

MER > DIM 10:30 > 18:00

Fermé les jours fériés (01.05.2021)

TICKETS

8,00 € // 4,00 € // 2,50 € // 1,25 € // 0 €

Ik heb lang geaarzeld om naar deze tentoonstelling te gaan omdat de volledige titel me afschrikte: “  BXL UNIVERSEL II : multipli.city voor. Een project met een expo-forum en tal van evenementen in samenwerking met 11 kunstenaars en 6 Brusselse sociaal – artistieke projecten en burgerinitiatieven.”. Ik vreesde voor een nieuwe tentoonstelling met nieuwkomers op het Brusselse grondgebied met de lange litanie van antikolonialisme, antiracisme en anti-alles die vandaag in vele galerijen en tentoonstellingen de plak zwaaien. Dit was zonder te rekenen op de kwaliteiten van Carine Fol – de artistiek directeur van De Centrale – die een flair heeft om zeldzame pareltjes te spotten en naar voren te brengen. Als de genoemde thema’s  niet helemaal afwezig zijn, worden ze aangekaart op subtiele wijze, vaak met veel humor en vooral met veel talent. Kortom, ik vond deze tentoonstelling  een erg boeiende ontdekkingsreis  in hartje  Brussel .

De centrale schrijft:

De CENTRALE stelt BXL UNIVERSEL II : multipli.city voor. Een project met een expo-forum en tal van evenementen in samenwerking met 11 kunstenaars en 6 Brusselse sociaal – artistieke projecten en burgerinitiatieven.

Met: Younes Baba-AliVincen BeeckmanAleksandra Chaushova, Effi & AmirHadassah EmmerichPélagie GbaguidiStephan GoldrajchSabrina Montiel-SotoAnna RaimondoLázara Rosell AlbearOussama Tabti ; BNA-BBOT & Mia MelvaerCulture & DémocratieGlobe AromaKunstenpuntMOUSSEM & Barbara PradaZinneke.

In 2021, ter gelegenheid van haar 15de verjaardag, viert de CENTRALE for contemporary art haar stad, haar kunstenaars en haar inwoners met het project BXL UNIVERSEL II : multipli.city.

Dit project is meer dan een tentoonstelling, als expo-forum ontplooit het zich als een patchwork van eigenzinnige projecten en een beeldend parcours door internationale kunstenaars die ervoor kozen om in Brussel te leven en te werken. Ook meerdere burgerinitiatieven en organisaties die al jaren in Brussel ijveren werken actief mee aan dit project. Door de bevraging van de verschillende lagen van de kosmopolitische stad en haar samenlevingsweefsel, strekt het kunstencentrum zich uit tot de openbare ruimte en de partnerlocaties, en nodigt allen uit om artistieke en participatieve praktijken te delen.

In 2016 presenteerde de CENTRALE BXL UNIVERSEL I, een subjectief portret ter gelegenheid van haar 10e verjaardag. Terwijl dit eerste luik enkele weken na de aanslagen van maart 2016 startte, wordt dit tweede deel van de trilogie gebrandmerkt door de pandemie, de lockdowns en de impact van de sanitaire crisis op het culturele leven. Twee ingrijpende gebeurtenissen die onze visie op de stad en de wereld evenals onze kijk op de ander en het samen leven volledig wijzigden.

Sint-Katelijneplein 44

1000 Brussel

WOE > ZON 10:30 > 18:00

Gesloten op feestdagen (01.05.2021)

TICKETS

8,00 € // 4,00 € // 2,50 € // 1,25 € // 0 €

Vision Paintings. Thomas Houseago @ MRBAB –>1/8

Thomas Houseago fait partie de ces artistes vedettes dont on parle pas mal et qui sont exposés dans le monde entier. 

Il y a 2 ans, nous visitions la magnifique exposition qui lui était consacrée au MAM (Musée d’art moderne) à Paris. Et il y a 10 ans, durant la Biennale de Venise, trônait devant le Palazzo Grassi de son ami François Pinault, l’« Homme pressé », un énorme sculpture faite de plâtre, ciment et structure métallique. On avait appris là-bas que ce sculpteur américain d’origine britannique (1972, Leeds), avant d’étudier au prestigieux Central Sint-Martin’s College à Londres avait travaillé dans une entreprise de construction où il avait appris ce mélange de blanc de plâtre et de ciment, caractéristique de son travail.  

On découvre ici, grâce à la galerie Xavier Hufkens avec laquelle il collabore depuis ses débuts, ses dernières peintures réalisées en Californie où il vit depuis presque 20 ans. 

De grands formats où il capte l’énergie de la lumière et de la nature, une peinture extrêmement présente et forte dans la lignée de ses sculptures. 

Un travail qui lui a permis de combattre ses divers démons intérieurs, hérités e.a. de son enfance et de son succès fulgurant. Il a alors beaucoup dessiné et peint à l’acrylique de puissants et colorés couchers de soleil, sa façon à lui de reprendre pied et se reconnecter avec l’environnement, avec la vie. 

Si l’on dit de Houseago qu’il a réinventé la sculpture après Giacometti ou Rodin, on pourrait peut-être dire aussi qu’il est en train de ‘réinventer’ la peinture, une peinture explosive, qui à la suite de Van Gogh ou Munch ne laisse pas indifférent. 

Une intéressante ‘petite’ exposition à la hauteur de ce grand artiste. Magnifique. 

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 1er août 

Musée des Beaux-Arts de Bruxelles

3, Rue de la Régence

B-1000 Bruxelles

www.fine-arts-museum.be

Icons @ Villa Empain –>24/10

****

Des icônes traditionnelles confrontées à des œuvres d’artistes contemporains comme Pierre & Gilles, Wim Delvoye, Annette Messager, Sarkis, Bertrand Lavier, Fabrice Samyn, Boris Tellegen, Mounir Fatmi et modernes, comme Georges Rouault, Henri Van de Velde ou Gustave Van de Woestyne nous racontent, sous la houlette de Henri Loyrette, ancien directeur du Musée d’Orsay et Président-directeur du Musée du Louvre, une histoire inattendue de l’icône. 

Face à face entre des figures saintes issues de collections privées et publiques couvrant près de 4 siècles d’iconographie religieuse et d’autres plus modernes, célèbres ou anonymes, l’exposition est un parcours jalonné de découvertes sur le genre qui, depuis l’Orient chrétien s’est perpétué sans discontinuité en Occident jusqu’à aujourd’hui. On passe du rez-de-chaussée ) l’étage d’une madone au portrait d’un personnage incontournable de l’histoire du XXe, à un mélange entre sacré, trivial, religieux et populaire orchestré par l’un de nos plus grands artistes, à un impressionnant travail d’aiguille qui nous amènent en apothéose au profil du Christ couronné d’épines, mais quelles épines ! 

Confrontation ou plutôt dialogue entre époques, techniques et valeurs, le propos est complexe et les exemples pertinents. 

Spiritualité, sensualité, complexité sont au rendez-vous pour illustrer entre iconoclasme et idolâtrie, l’histoire de ce genre à part et combien séduisant. 

Texte & Photos Virginie de Borchgrave 

Jusqu’au 24 octobre 2021

Fondation Boghossian – Villa Empain

67, Avenue Franklin Rossevelt

B-1050 Bruxelles

www.boghossianfoundation.be

Chaise. Stoel. Chair. Defining Design @ Design museum–>28/8

Chaise. Stoel. Chair. Defining Design

Une exposition qui aborde l’histoire du design à travers l’un de ses objets les plus emblématiques, la chaise. En effet, elle fait partie de notre quotidien car, petits et grands, jeunes et vieux, on l’utilise tous les jours dans toutes les circonstances et sous toutes ses formes, certaines plus créatives ou design que d’autres.

On déambule à travers une gigantesque salle où est exposée une centaine des plus intéressants exemplaires dans le domaine. Des exemplaires incontournables, iconiques que l’on reconnait aisément. 

Un parcours passionnant où en lisant leur ‘bio’, on ne cesse d’apprendre tel ou tel détail comme 

  • les fauteuils gonflables qui ne servent pas qu’aux piscines ; 
  • la chaise en plastique la plus fabriquée et utilisée du monde dont le processus de fabrication prend seulement deux minutes ; 
  • « La machine à repos » qui est le petit nom donné à la fameuse ‘LC4’, fruit de la collaboration entre Charlotte Perriand, Le Corbusier et Jeanneret ; 
  • Celle dessinée juste pour le look comme un objet surréaliste pour un bureau imaginaire 
  • Celle réalisée à partir des vêtements usagés de la propriétaire dans l’esprit du mariage entre design et recyclage, etc. 

Je n’ai pas mis à dessein leur nom pour que vous les retrouviez maintenant !

N’oubliez surtout pas de prolonger la visite avec « The plastic design collection », la collection permanente du musée qui est, si vous êtes comme moi, fan de design et plastic, tout simplement grisante.

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 28 août 2021

Design Museum Brussels

1, Place de Belgique

B-1020 Bruxelles

www.designmuseum.brussels

KINDEREN VAN DE RENAISSANCE – Mechelen –>4/7

Het museum Hof ​​van Busleyden werd  gerenoveerd met een budget waar elke museumconservator jaloers van kan zijn. Het is een opbod van decors, technologie en allerlei ingrepen niet altijd van de beste smaak. Tja, je moet de cultuurbarbaren ook wat gunnen… Dus deze permanente tentoonstelling alleen gaan bezoeken als je tijd hebt.

De tentoonstelling die ons vandaag de dag bezighoudt is ‘Kinderen van de Renaissance’. De commentaren zijn over het algemeen dolenthousiast. De tentoonstelling draait om  de portretten van de jonge Habsburgse prinsen en prinsessen die in Mechelen werden opgevoed en vooral voorbereid op toekomstige politieke huwelijken. Huwelijken en erfenissen waren veel goedkoper dan slagvelden voor de uitbreiding van het Habsburgse rijk. 

Zodra je binnenkomt, ontvang je een audiogids die je een vrij saai commentaar geeft over de who’s who van die tijd en waarvan je je waarschijnlijk niets meer herinnert na het verlaten van de tentoonstelling, tenzij je natuurlijk gepassioneerd bent door geschiedenis en je weg vindt in de Philipsen, Karels, Isabelles, Margaretha’s, Jeannes enz. Ik raad je aan om braafjes deze rondleiding ‘voor historici’ te volgen en daarna op je passen terug te komen om echt te genieten van de pracht van een tiental uitzonderlijke portretten.

Je ticket geeft ook recht op een bezoek aan de Garage, een emblematische plek aan de kathedraal voor hedendaagse kunst in Mechelen. Twaalf kunstenaars, geselecteerd voor een prestigieuze prijs (Ernest Albert), stellen er hun werken tentoon; een beetje van alles : middenmoot en  uitstekende werken. Persoonlijk vond ik Nadia Naveau en Caroline van den Eynde erg boeiend, maar de gustibus …Als je tijd hebt, maak nog een wandeling door de stad. Wat ze daar gerealiseerd hebben is indrukwekkend!

Het museum schrijft:

Achter de muren van het Hof van Kamerijk in Mechelen zijn gedurende een halve eeuw de kinderstemmen te horen van enkele politieke hoofdrolspelers van het zestiende-eeuwse Europa. De tentoonstelling Kinderen van de Renaissance vertelt het bijzondere verhaal van dit kinderhuishouden. In het Hof van Kamerijk groeien drie generaties Bourgondisch-Habsburgse prinsen en prinsessen op, waaronder Filips de Schone, Margareta van Oostenrijk en de toekomstige Karel V. Ze worden er klaargestoomd om een prominente rol te gaan spelen in het Habsburgse wereldrijk.

Kinderen van overal in Europa komen naar Mechelen als speelkameraadjes voor de Habsburgse prinsen, onder hen ook de latere Engelse koningin Anne Boleyn. De Habsburgse prinsen en prinsessen krijgen de beste leraars, de mooiste kleren, het fijnste speelgoed en de beste boeken. Het ontbreekt hen aan niets. Maar zijn ze ook gelukkig?

Kinderen van de RenaissanceProminente schilders zoals de Meester van het Mechelse Sint-Jorisgilde, Pieter van Coninxloo, de Meester van de Magdalenalegende en Jan Gossart leggen de kinderen in het Hof van Kamerijk in al hun fragiliteit vast. Delicate gezichten. Mysterieuze blikken. Deze kinderen zijn pionnen in een politiek spel waarop ze zelf geen enkele invloed hebben. De portretten spelen ook een belangrijke rol in de huwelijksonderhandelingen en de zoektocht naar meer macht.

De kinderportretten spreken erg tot de verbeelding en Kinderen van de Renaissance brengt een selectie van deze vijftiende en zestiende-eeuwse paneeltjes terug naar Mechelen, vaak voor het eerst in vijfhonderd jaar. Samen met boeken, speelgoed, juwelen en andere bijzondere objecten brengen ze de Habsburgse kindertijd van 500 jaar geleden tot leven.

Wie verder kijkt en tussen de regels door leest, beseft dat de kinderportretten je ook iets vertellen over hoe wij vandaag de opvoeding van onze kinderen benaderen. En dat de ideeën van toen, vandaag nog steeds verder leven.

Practisch:

Museum Hof van Busleyden

Sint-Janstraat 2a 

Hof Van Busleyden

maandag: 10u – 17u
dinsdag: 10u – 17u
woensdag: 10u – 17u
donderdag: 10u – 22u
vrijdag: 10u – 22u
zaterdag: 10u – 22u
zondag: 10u – 17u

De garage

maandag: 13u – 18u
dinsdag: 13u – 18u 
woensdag: gesloten 
donderdag: 13u – 18u 
vrijdag: 13u – 18u 
zaterdag: 13u – 18u 
zondag: 13u – 18u

tickets

Le musée Hof van Busleyden a joui d’une rénovation récente d’un budget à faire mourir de jalousie tout conservateur de musée. C’est une surenchère de décors, de technologie et d’interventions en tout genre et  pas toujours du meilleur goût. Eh oui, il faut que les barbares culturels y trouvent leur compte. Donc cette exposition permanente est à visiter si vous en avez le temps. 

L’expo qui nous concerne aujourd’hui est  ‘Enfants de la Renaissance’.  Les commentaires sont en général dithyrambiques. L’idée de base en est les portraits des jeunes princes et princesses Habsbourg qui étaient éduqués à Malines et surtout préparés en vue des mariages politiques futurs. Les mariages et héritages étaient une façon bien moins onéreuse que les champs de bataille pour l’extension de l’empire des Habsbourg.

Dès votre entrée vous recevez un audioguide qui vous récitera un commentaire à n’en pas finir sur les who’s who de l’époque dont vous ne vous rappellerez probablement plus rien à peine sortis  de l’expo,- à moins bien sûr d’être passionnés d’histoire et de vous retrouver dans les Philippe, Charles, Isabelle, Marguerite, Jeanne etc. Je vous conseille de docilement faire ce tour plutôt conçu pour historiens, de revenir sur vos pas pour jouir de la dizaine de portraits d’une facture vraiment exceptionnelle et de jouir exclusivement de leur beauté .

Votre ticket donne également droit à une visite du Garage, lieu emblématique de l’art contemporain à Malines . Douze artistes sélectionnés pour un prix prestigieux( Ernest Albert) y exposent leurs œuvres ; du très moyen et de l’excellent. Personnellement j’ai beaucoup aimé Nadia Naveau (en vitrine) et Caroline van den Eynde, mais de gustibus…

Si vous en avez le temps, flânez dans la ville. Ce qui a été réalisé là pour une meilleure qualité de vie est impressionnant !


L’annonce du Musée:

Malines n’était pas uniquement un pivot politique et culturel important pour les souverains habsbourgeois-bourguignons. C’était également un centre éducatif. Trois générations successives de princes et princesses de Habsbourg, dont Philippe le Beau, Marguerite d’Autriche et Charles Quint, y passèrent une partie de leur enfance.

L’exposition Enfants de la Renaissance rassemble pour la première fois une sélection exceptionnelle de portraits d’enfants réalisés pour la Cour malinoise et explore leur contexte historique, didactique et artistique. Des portraits de la main de grands peintres comme le Maître de la guilde Saint-Georges de Malines et Jan Gossart y côtoient de précieux manuscrits utilisés à l’époque pour apprendre à lire et à écrire, des essais sur l’éducation de Desiderius Érasme et Juan Luis Vives, des jouets du seizième siècle et des bijoux destinés à protéger les enfants contre les maladies et la mort.

Enfants de la Renaissance met en exergue le rôle particulier de la Cour de Malines dans l’évolution du portrait d’enfant et la diffusion des idées humanistes qui influencent encore la manière dont nos enfants sont éduqués.

5 raisons de visiter l’exposition

  • Découvrez cette exposition exceptionnelle d’émouvants portraits d’enfants de la Cour des Bourguignons et des Habsbourg rarement montrés au public.
  • Combinez l’exposition et la collection permanente du Musée Hof van Busleyden et offrez-vous la visite d’un hôtel particulier Renaissance du dix-septième siècle (incluse dans votre billet d’entrée).
  • Visitez gratuitement avec votre billet d’entrée l’exposition partenaire sur des peintures votives pour enfants à la Basilique Notre-Dame Hanswijk de Malines.
  • Explorez le centre-ville de Malines et découvrez par vous-même quelques sites historiques en lien avec l’éducation des princes habsbourgeois.
  • Regardez l’exposition à travers le regard de vos enfants dans le parcours de famille.

Infos pratiques:

Hof Van Busleyden

Museum Hof van Busleyden

Museum Hof van Busleyden

Sint-Janstraat 2a 

Lundi: 10h – 17h
Mardi: 10h – 17h
Mercredi: 10h – 17h
Jeudi: 10h – 22h
Vendredi:10h – 22h
Samedi: 10h – 22h
Dimanche: 10h – 17h

De garage

Lundi: 13h – 18h
Mardi: 13h – 18h 
Mercredi: fermé
Jeudi: 13h – 18h 
Vendredi: 13h – 18h 
Samedi: 13h – 18h 
Dimanche: 13h – 18h

tickets

Sam Durant @ CC Strombeek –>19/5

Het is een beetje ironisch om een ​​tentoonstelling van de pionier van de politieke kunst te bekijken op een locatie die om politieke redenen een van de beste curatoren van het land heeft ontslagen. Dit land zal altijd een surrealistische plek blijven …
Over het algemeen ben ik geen grote fan van gepolitiseerde werken, vooral tegenwoordig met ‘de mode’ om zich te schamen om te zijn wat we zijn en waar galerijen en musea massaal naar dit nieuwe manna grijpen, vaak met futloze slogans en weinig reflectie. Hoe dan ook, ik ging met weinig enthousiasme maar Strombeek maar gelukkig ontdekte ik er het zeer subtiele werk van Sam Durant. Het moet gezegd worden dat hij al 30 jaar zijn sociale, politieke en culturele ideen in dialoog brengt met historische gebeurtenissen uit ons verleden.
Deze kleine tentoonstelling brengt een ode aan bewegingen waarvan het belang vaak werd onderschat en in het bijzonder aan de Niet-Gebonden Landen beweging van de jaren zestig.
Als je de expo gaat bezoeken, bekijk dan zeker de video in de kelder.
Op de site van de tentoonstelling is er ook de mogelijkheid voor een virtueel bezoek.

Practisch

alle update info voor uw bezoek en video klik

C’est un peu le comble de l’ironie de voir une exposition du pionnier de l’art politique dans un lieu qui a renvoyé un des meilleurs curateurs du pays ( Luk Lambrechts) pour des raisons politiques. Ce pays restera toujours celui du surréalisme…

En général je ne suis pas grand amateur d’œuvres hyper politisées, surtout aujourd’hui quand cela fait ‘tendance ‘ d’avoir honte d’être ce qu’on est et ou galeries et musées se ruent sur cette nouvelle manne, souvent faite plus de slogans et peu cette réflexion. Bref, j’y suis allé avec peu d’enthousiasme mais heureusement j’ai découvert le travail très subtil de Sam Durant . Il faut dire que cela fait 30 ans qu’il fait dialoguer ses réflexions sociales, politiques et  culturelles avec des évènements historiques de notre passé. 

Cette petite exposition est une ode au mouvement des Pays Non-Alignés des années ’60.

Si vous allez visiter l’expo, ne pas oublier d’aller voir la vidéo au sous-sol.

Sur le site de l’expo il y également la possibilité d’une visite virtuelle.

infos pratiques actualisées

et la visite virtuelle

Cc Strombeek is verheugd om het nieuwe tentoonstellingsproject Proposal for Non-Aligned Monuments, Free Movement van de Amerikaanse, in Berlijn wonende kunstenaar Sam Durant (geb. 1961) aan te kondigen. Durant brak in de jaren ’90 internationaal door met uitgesproken politiek en sociaal-geëngageerd werk. Uitgebreid onderzoek ligt aan de basis van zijn opzwepende dialoog met tumultueuze of vergeten gebeurtenissen uit het verleden die een nieuw licht werpen op de huidige sociale, politieke of culturele dynamiek. 

 Sam Durant, Mythologies – The Beginning and End of Civilizations, 2020 © Kåre ViemoseSam Durant, Mythologies – The Beginning and End of Civilizations, 2020 © Kåre Viemose

De interactieve installatie Proposal for Non-Aligned Monuments, Free Movement (PNMFM) vormt het hart van de tentoonstelling. Ze is gewijd aan de Beweging van Niet-Gebonden Landen of de Non-Aligned Movement die ontstond in 1961 onder impuls van Egypte, Ghana, Joegoslavië, Indonesië en India. De beweging verenigde de landen die zich niet gebonden voelden aan de twee toenmalige machtsblokken tijdens de Koude Oorlog. De Afro-Aziatische groepering die grotendeels bestond uit ontwikkelingslanden sprak zich scherp uit tegen alle vormen van kolonialisme en imperialisme. De NAM fungeert op heden als een internationaal forum en bestaat uit 120 landen, die samen meer dan de helft van de wereldbevolking omspannen, en fungeert tot vandaag als een internationaal forum om gemeenschappelijke belangen te bespreken.

De installatie PNMFM is de meest recente uit de reeks Proposals for Monuments, een serie werken die Durant begon in 1999. Op een moment waarin de wereld zich in volle beweging bevindt, onthult Durant een nieuwe blik op het heden en opent tegelijkertijd mogelijkheden voor de toekomst. PNMFM verschijnt hier als een model en beklemtoont de rol van de verbeelding en bewegingsvrijheid. Het werk speelt in op de huidige behoefte aan nieuwe concepten, initiatieven en alternatieve wereldvisies.

‘Another World is Possible’, een slogan die de buitengevel van Cc Strombeek doorheen de tentoonstelling verlicht, reflecteert deze genereuze verkenning van de status quo.

 Sam Durant, 1919, Men and Women Prepare (Treaty of Versailles), 2014Sam Durant, 1919, Men and Women Prepare (Treaty of Versailles), 2014

De innemende video Trope, samengesteld uit persoonlijk archiefmateriaal van de kunstenaar, toont een scala aan iconoclastische acties over de grenzen heen van naties, culturen en tijdsperioden. Samen met een reeks nieuwe tekeningen illustreert de video Durants voortdurende interesse in monumenten en gedenktekens en hun precaire symbolische status in relatie tot maatschappelijke veranderingen. In een context van maatschappelijke polarisatie, religieus extremisme en desinformatie, introduceert Proposal for Non-Aligned Monuments, Free Movement een dosis humaniteit en nodigt de bezoeker uit tot (her)ontdekking en solidariteit.

Thomas Hirschhorn. Spinoza Car @ BOZAR –>30/5

Une voiture plutôt originale orne pendant 3 mois le hall Horta du Palais des Beaux-Arts. 

Vous tomberez nez à nez avec elle si vous allez visiter la rétrospective Roger Raveel. 

Résultat d’une initiative conjuguée de l’artiste suisse, du Musée Dhondt-Dhaenens et de la Galerie Chantal Crousel par solidarité avec le bâtiment endommagé par un incendie au début de l’année. 

Une création automobile réalisée par l’artiste, designer, sculpteur, graphiste suisse il y a 12 ans, à l’occasion d’un festival amstellodamois consacré au célèbre philosophe néerlandais.   

Remplie de morceaux de verre qui font référence au métier de Spinoza, elle est un thème récurrent chez Hirschhorn qui s’intéresse à la mobilité et au moyen d’acheminer des personnes vers des lieux précis. L’artiste n’est pas à sa première réalisation dans le domaine. 

Un panneau à côté de l’installation vous expliquera cela mieux que moi.  

Thomas Hirschhorn fait partie de ces artistes dont le travail est reconnaissable entre tous au premier coup d’œil. Je n’oublierai jamais en 2011 « Crystal of Resistance », le Pavillon suisse de la 54e Biennale de Venise où l’on déambulait au compte-goutte dans un labyrinthe fait de bric et de broc, émerveillés face à cette construction hétéroclite totalement inédite. Et encore en 2014 « Flamme ternelle » où il avait envahi les sous-sols du Palais de Tokyo de son univers composé e.a. à cette occasion, de centaines de pneus et de cartons…  

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 30 mai 2021

Palais des Beaux-Arts

23, Rue Ravenstein

B-1000 Bruxelles

Tél. : +32 2 507 82 00

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermé le lundi. 

www.bozar.be