“Resistance. The Power of The Image” ***

dans le cadre d’EUROPALIA ESPAÑA

Brillante réflexion sur le pouvoir de l’image, à la fois moyen de domination et outil de résistance. Deux périodes abordées : d’abord les années 70, à la fois chant du cygne de Franco mais aussi transition faussement paisible vers la démocratie. Ensuite, la dernière décennie, aspiration à une société plus juste et équilibrée. Les artistes dont le rôle est de libérer l’énergie mais encore pousser à l’action. Et surtout, en filigrane, comment affronter l’amnésie de toute une génération qui, alors qu’elle n’a pas pris part à la transition politique ressent le besoin de se confronter à son histoire ? L’art qui nous pousse à voir : « Tout acte de résistance n’est pas une œuvre d’art, bien que, d’une certaine manière, il le soit. Toute œuvred’art n’est pas un acte de résistance et pourtant, d’une certaine manière, elle l’est » disait Gilles Deleuze.

Une exposition qui interroge le passé à travers les images et les installations, imaginée par un groupe d’artistes originaires d’Espagne, parmi lesquels Carlos Aires dont on suit le travail depuis de longues années, e.a. chez Aeroplastics qui le représentait à Bruxelles et à qui l’on doit l’une des plus belles installations de l’exposition : « Blind » (2025), 1800 lampions en papier qui recouvrent tout le plafond d’une grande salle. Un éclairage typique des fêtes villageoises d’Andalousie dont il est originaire, tout en s’inspirant des lanternes chinoises. 

Je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir ce qui se cache derrière. 

Et encore, pour ne parler que des deux qui m’ont le plus marquée, Xavier Arenós qui, avec sa « Teorética del pan » (2019) en référence à une sculpture d’Alberto Sanchez, l’une des œuvres du Pavillon espagnol de l’Exposition universelle de Paris en 1937 a réalisé huit sculptures faites de pains artisanaux de hauteur différente, qui représentent la taille corporelle moyenne de la classe ouvrière en Espagne, reflet du manque de nourriture dans certaines régions. 

« Resistance » ? Une passionnante et intelligente façon de nous amener à comprendre les politiques violentes du passé et leur influence, tant sur nous que sur notre environnement aujourd’hui.

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 8 mars 2026

S.M.A.K.

Stedelijk Museum voor Actuele Kunst

Musée municipal d’art contemporain

Jan Hoetplein, 1

B- 9000 Gand

www.smak.be