Stephan Gladieu « Corée du Nord » 🧡🧡🧡🧡

Le photographe Stephan Gladieu (Bagneux, 1969) qui vit et travaille à Paris a fait plusieurs voyages à Pyongyang ainsi que dans la campagne coréenne. Il nous livre un témoignage aussi percutant qu’interpellant sur ce pays, l’un des plus pauvres et méconnus du monde où vivent près de 30 millions de personnes. En découvrant l’exposition, comment ne pas s’interroger sur le type de reportage auquel on a affaire car la mise en scène, l’angle et la lumière sont particuliers.

Alors, est-ce tout simplement un regard neuf sur ce pays qui depuis six décennies interroge et fascine ou, des images de propagande qui rappellent celles prises en Chine au début du communisme ? 

Le photographe répond lui-même en citant une phrase de Victor Hugo : « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface. » Mais ce qui peut sans doute encore mieux nous aider à cerner ce travail, c’est la carrière de Gladieu qui débute à 20 ans, en couvrant l’actualité et les grands conflits qui secouent le monde tels que par exemple, la chute de Ceausescu, l’Afghanistan et les ravages du cyclone Katrina à la Nouvelle-Orléans. Des années formatrices où il crée son style de portraitiste, mariant l’esthétique à la rigueur du documentaire, pour arriver à ces photos grand format « lumineuses et décalées (qui) brouillent les cartes entre fiction et réalité. » 

« War-Toys » 💚💚💚

Bryan McCarty (1974, Memphis) est un photographe, activiste, metteur en scène et producteur américain. L’exposition que l’on découvre aujourd’hui est de celles qui laisseront une trace indélébile dans notre cœur.  

Avec un sujet aussi grave que les enfants et la guerre, il fait depuis plusieurs années, en collaboration avec des spécialistes en art-thérapie, un remarquable travail de reconstruction/ reconstitution. 

A partir de dessins réalisés par les enfants ayant souffert des conséquences de différents conflits de par le monde, il reconstitue la situation et le décor avec des jouets d’occasion trouvés sur les marchés locaux et il les photographie en situation, en se plaçant du point de vue des enfants. 

L’idée de représenter les conflits planétaires à travers l’expérience vécue par les enfants lui est venue lors d’un voyage en Croatie en 1996, quelques années après la guerre. Depuis, il a parcouru l’Irak, la Syrie, Israël, la Palestine, le Liban et aujourd’hui, il est en Ukraine. 

N.B. : A partir de ce travail initié en 2011 et auquel MacCarty se dédie principalement est née, en 2019, l’ONG War Toys qui apporte son soutien à First Aid of the Soul, une organisation fondée en Ukraine par Nathalie Robelot, art-thérapeute. 

Vasco Ascolini « Ciseler l’ombre » 🖤

Quelques photos en noir et blanc de ce photographe italien contemporain qui, depuis plus de 30 ans fait don de ses photos au Musée de Charleroi. Après le monde du théâtre, Vasco Ascolini (1937, Reggio Emilia) s’est intéressé à l’architecture en photographiant des lieux chargés d’histoire tels que des ruines de musées et des châteaux dans toute l’Europe. 

Laissons Christelle Rousseau, la commissaire de l’exposition en parler : « Alliant le regard et le talent d’un peintre, d’un sculpteur, d’un architecte et d’un metteur en scène. Vasco Ascolini façonne un univers d’images où le noir orchestre le spectacle du monde. Maniant la lumière comme un pinceau (…), il détache ses sujets d’une obscurité profonde (…) écrase les perspectives, sculpte la pénombre, sublime les textures. »

Un travail austère, sombre et linéaire qui est particulièrement mis en valeur dans les deux photos du couloir, à l’entrée de l’exposition. Un travail qui fait partie des collections du Museum of Modern Art, du Metropolitan Museum of Art et du Guggenheim Museum de New York qui ne m’a pas personnellement séduite…

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 21 mai 2023

Musée de la Photographie 
11, Avenue Paul Pastur
B- 6032 Charleroi 
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
www.museephoto.be