« Point de voir. Marc De Blieck »
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Un titre qui fait référence à la notion inventée par un éducateur, écrivain et réalisateur français Fernand Deligny (1913 – 1996) qui disait que, contrairement à un point de vue, nous ne pouvons pas parler d’un ‘point de voir’ qui est imaginaire : « un infinitif, détaché de toute position, sans langue véhiculaire et sans conclusion. »
Si le propos est un peu intellectualisant, les photos de parking ; de tableaux faits de combinaisons « d’algorithmes opérationnels et de chambres noires impénétrables » qui rangent des points dans un plan ; de musées ou de sites inscrits au Patrimoine de l’Unesco ; du parc de Kassel, la ville de la Documenta, tirées à l’encre de carbone sur du papier japonais, etc. sont intéressantes esthétiquement, doublées d’une dimension inattendue, voire poétique.
Jusqu’au 8 mars 2026
« Private Passion X Public Duty. Hoet & Matthys-Colle. Through Collector’s Eyes »
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Quelques salles pour montrer, dix ans après le décès de Jan Hoet (à qui l’on doit le S.M.A.K.), les ressemblances et les différences entre la politique d’acquisition des collectionneurs que furent Roger et Hilda Matthys-Colle, fondateur du V.M.H.K., une association qui s’est battue pour la création d’un musée d’art contemporain et un couple qui achetait pour eux-mêmes aussi de l’art.
Une collection privée étroitement liée donc à la collection du musée. Des liens complémentaires qui font sens. Mais surtout une collection en symbiose avec l’histoire de l’art de la moitié du XXe s., même si elle est essentiellement masculine et occidentale.
Les artistes exposés ici qui comblent parfois des lacunes de l’une des deux collections sont enfin réunis, formant même des paires ou des ensembles. En effet, chaque artiste de l’expo est ou a été jadis présent dans les deux collections. On découvre des œuvres magnifiques telles que celles de Carl André, Dan Flavin, Jef Verheyden, Michelangelo Pistoletto, Sol LeWitt, etc.
Jusqu’au 3 mai 2026
“Fake Barok. Narcisse Tordoir”
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Présentant sans filtre la crise des réfugiés, comme la guerre et la crise climatique, Tordoir associe ses propres photos à des photos existantes, retravaillant le tout au pastel.



En référence au courant artistique du XXe s. qui – contrairement à la Réforme avec les guerres de religion – n’a plus occulté les crises politiques et sociales de l’époque en les mettant sur le devant de la scène dans leur cruelle vérité, Tordoir a choisi de nous mettre face à un monde en crise. Il invite le visiteur à regarder et reconsidérer les choses qui a crûment sous les yeux, la réalité du présent.
Beaucoup de références à l’histoire de l’art jalonnent le parcours de cette grande salle où déambuler parmi ces grands formats suspendus procure une sensation plutôt mitigée.
Si c’est sa manière de nous plonger et nous mettre mal à l’aise dans la complexité et la grande confusion de notre monde actuel, il est arrivé à ses fins.
Jusqu’au 3 mai 2026
Texte & Photos Virginie de Borchgrave
S.M.A.K.
Stedelijk Museum voor Actuele Kunst
Musée municipal d’art contemporain
Jan Hoetplein, 1
B- 9000 Gand
www.smak.be



