“Art for Cities” ***. Benoît Feron

 

Benoït Feron est photographe mais avant cela, il est avocat. Ou tout compte fait l’inverse ? Une passion née dès son plus jeune âge, le jour où son grand-père lui offre un appareil photo. Il avait 6 ans. Depuis, il n’a plus arrêté. Il parcourt le globe, avide de découvertes d’autres cultures – l’Afrique, l’Inde, etc.- et ses archives sont riches de milliers et milliers de clichés, pris aux 4 coins du monde aux sujets aussi divers que colorés et originaux. Il fait des expos, il publie des livres, il n’arrête jamais. Cet automne, il présente en exclusivité et en partenariat avec Atenor, une société de promotion immobilière, le Street Art de toute une série de villes de Bruxelles à Bucharest et Berlin en passant par Luxembourg, Budapest, Lisbonne, Düsseldorf, Varsovie et Paris pour tenter de révéler ce qui se cache derrière l’art urbain : un art gratuit à la portée de tous et qui rend la ville si dynamique. Un art qui redonne vie aux lieux abandonnés. L’exposition voyagera après dans toutes les villes concernées.

 

Le point faible de l’exposition est qu’il y a malheureusement beaucoup trop de photos qui s’annihilent inévitablement l’une l’autre (trop de graphisme, trop de couleurs, trop de signes qui s’entrechoquent.) Le point fort est que chaque photo est accompagnée d’une image et d’un texte illustrant et expliquant où elle a été prise et dans quel contexte. Et avec cela, tout s’éclaire heureusement ! On comprend, on apprend, on apprécie tellement mieux tel ou tel angle de vue, tel ou tel détail mis en perspective.

 

Mais c’est la démarche au cœur du projet qui est sans doute la plus intéressante : attirer l’attention sur l’art urbain comme moyen d’expression plus fort que tous. De quoi peut-être le donner à voir autrement aux yeux de la population urbaine, qui ne l’accepte pas toujours bien…

Texte & Photos-montage Virginie de Borchgrave

 

Jusqu’au 9 novembre 2019

Arthus Gallery

33, Rue Simonis

B- 1050 Bruxelles

www.atenor.be

 

 

 

 

 

 

« O Agora que demora »*** de Christiane Jatahy au Théâtre National du 1er au 12 octobre 2019

 

En provenance directe d’Avignon où le spectacle était créé et présenté cet été, la réalisatrice, metteuse en scène et philosophe brésilienne Christiane Jatahy nous invite à une époustouflante odyssée contemporaine où l’on chemine sur grand écran, avec pour compagnons de voyage les Ulysses du XXIe s., elle seule en scène.

Traduit en français par « Le Présent qui déborde » (2volet d’un diptyque visible indépendamment l’un de l’autre), elle nous expose un moment précis de l’Odyssée où la fiction dépasse la réalité, où l’histoire se déplace et se démultiplie dans les problèmes actuels que ce soit au Proche-Orient, etc. et au Brésil, son pays natal. Voyages en images, rencontres, témoignages qu’elle nous transmet en tant qu’artiste multidisciplinaire et culturelle. Sa manière à elle de résister, d’assumer sa responsabilité face à ces populismes d’extrême-droite « qui nous menacent tous », dit-elle.

Un théâtre comme une fenêtre sur le monde avec des acteurs venus de partout. Un ‘Agora’ qui, en portugais signifie à la fois’ maintenant’ et ‘la place publique’. Un mot à double sens, évocateur pour un spectacle à construire avec elle où le spectateur est convié comme sur la place publique.

Aussi politique que poétique, « O Agora que demora » a séduit le public d’Avignon.

A nous de ne pas rater l’occasion de le découvrir aujourd‘hui.

www.theatrenational.be

 

 

« Memento Mori » & « Faun » de Sidi Larbi Cherkaoui sur respectivement des musiques de Woodkid, Claude Debussy et Nitin Sawhney au Cirque Royal ce vendredi 20/09 à 20h et samedi 22/09 à 15h.

   Confiés aux danseurs du Ballet Royal de Flandre, deux créations tout en mouvements aussi travaillés que fluides, souples et empreints de sensualité où SLC formé e.a. à Parts – l’école de danse contemporaine d’Anne Teresa De Keersmaeker – exprime son style unique, centré sur l’homme et ses droits fondamentaux.

Antti Laitinen ***

Texte & Photos-montage Virginie de Borchgrave

 

Il vous reste deux petites semaines pour découvrir ce majestueux tronc – en réalité une branche d’un hêtre rouge – couché dans le beau Parc Tournai-Solvay à Watermael-Boitsfort qui accueille depuis de nombreuses années, des œuvres d’artistes de la présidence tournante de la Commission européenne.

 

C’est au tour du Finlandais Antti Laitinen (Raahe, 1975) à qui Patricia de Peuter (Service culture de ING) a demandé d’imaginer une oeuvre participative. Elle a touché en plein dans le mille l’artiste environnemental pour qui la nature est première et qui aime surtout la montrer telle qu’elle est. Ici git « Nail Trunk » tel un membre cassé, un dragon ou encore tout ce que votre esprit imaginera, en attendant qu’on le recouvre d’une couche de petits clous, telle une carapace ou une armure qui le protégera à long terme. On est tous invités à y participer, armé d’un seau rempli de jolis clous mats et de petits marteaux pour ce faire. C’est Laitinen lui-même qui a initié le processus et, tous les dimanches après-midi depuis fin juin, le Parc Tournai-Solvay résonne des coups de marteaux des visiteurs de passages qui jurent de ne rester que 5’ et puis oublient le temps en se prennant au jeu de planter des clous dans un arbre mort ; un geste individuel auquel on peut donner sens dans certaines cultures traditionnelles.

De sculpture forestière ou végétale, le tronc de Antti Laitinen se transforme sous nos yeux et notre implication en une œuvre collective. En communion avec la nature environnante.

 

Notez que trois autres œuvres sont à découvrir dans le parc (cfr le plan sur la porte en verre de la maison toute proche.)

 

Une démarche aussi originale qu’intéressante.  A ne pas rater.

 

Jusqu’au 29 septembre 2019

Parc Tournai-Solvay

199, Chaussée de La Hulpe

B-1170 Watermael-Boitsfort

www.eesculpture.be

www.anttilaitinen.com

 

Pairi Daiza*****

 

Le parc animalier le plus inattendu et original qui soit – élu meilleur zoo d’Europe – propose deux nouveautés cette saison : un nouveau monde, appelé « La Dernière Frontière »,« un territoire sacré sur fond de nature grandiose… » où l’on peut même dormir sur place pour rester en communion, une fois la nuit tombée avec Dame nature.

 

Avec pour décor la côte pacifique de l’Amérique du Nord : la Colombie-Britannique située à l’ouest du Canada, au sud de l’Alaska, offre un large panorama de la faune locale. Des loups gris, des castors et leurs barrages, des élans, des daims, des ours bruns ou noirs, des wapitis, des pumas, des otaries, etc. qui broutent sur l’herbe ou paressent dans l’eau des rivières. Face à eux, de grands totems indiens colorés aux figures animales trônent devant de jolies et sobres cabanes en bois. Il faut évidemment encore un peu d’imagination et de patience pour que la végétation pousse et que cela ressemble au référent…

 

A part cela, n’hésitez surtout pas à prendre le temps qu’il faut, plan à la main ou au contraire en laissant vos pieds vous porter où votre instinct les guide pour flâner en Asie, en Afrique et ailleurs, ou encore dans le domaine de l’ancienne abbaye et admirer les efforts inimaginables faits pour rendre les choses authentiques. Je dois dire qu’à chaque fois que j’y vais, je suis impressionné

Un avertissement cependant : le parc étant ouvert tard, si vous voulez éviter la foule dense qui s’y presse les beaux jours d’été, optez pour un horaire décalé, à savoir : ne surtout pas arriver le matin et quitter les lieux épuisés vers 15h-16h mais, au contraire, arriver à cette heure-là et profiter de l’après-midi nettement plus calme et agréable, en y voyant plus facilement les animaux qui sortent de leur cachette au soleil déclinant. Le moment où la nature reprend ses droits et les animaux leur souffle…

Bonne visite !

 

Domaine de Cambron

B- 7940 Brugelette

Tél. : +32 68 250 850

www.pairidaiza.eu

Choco Story Brussels **

 

Au milieu du chaos de la rue la plus touristique de la capitale, sinon du pays – Merci Manneken Pis -, une entrée se cache au fond d’une cour, celle du Musée du cacao et du chocolat, né il y a 5 ans de la passion de deux familles, déjà actives dans le domaine tant en Belgique qu’à l’étranger. Résultat : un musée aussi ludique que qualitatif, à vocation pédagogique qui explique le BABA de la fabrication du chocolat, des origines au produit fini, où l’on peut même déguster plusieurs pastilles des différentes saveurs et couleurs, du blanc au noir.

Des animations sont proposées dans un joli espace blanc immaculé et lumineux, sous les combles et même un film (non inclus dans le parcours. Surcoût : 5 EUR.) Heureusement la visite peut de faire à son rythme sans guide sinon l’audio-guide, moins intrusif qu’une voix off. Il y a donc un minimum d’explications, une manière de contourner sans doute les multiples langues parlées par toutes les nationalités qui s’y pressent chaque jour de l’année. Depuis peu, une ancienne directrice de la maison Godiva y a créé un genre d’Université du Chocolat et dispense à divers étudiants en herbe, des cours de formation donnés par des maîtres chocolatiers réputés. De quoi vous convaincre que cet endroit qui, pour l’autochtone que je suis, arbore un visage très commercial peut s’avérer plus sérieux qu’à la première impression. Avis aux amateurs.

 

41, Rue de l’Etuve

B-1000 Bruxelles

Tél. : +32 2 514 20 48

info@choco-story-brussels.be

Ouvert de 10h à 18h, 7jours/7

Entrée : 9,50 EUR plein / 8,50 EUR seniors & étudiants / 6,50 EUR enfants 6-11 ans / gratuit 0-5 ans

www.choco-story-brussels.be