« 1917 » ** de Sam Mendes avec Dean-Charles Chapman, George MacKay, Richard Madden, Benedict Cumberbatch, Andrew Scott, Colin Firth, Mark Strong, etc. Durée : 1h59’

 

Un beau battage publicitaire complété de critiques dithyrambiques font qu’il est difficile d’échapper à cette plongée dans les tranchées des horreurs de la Première Guerre mondiale !  Est-il encore nécessaire d’ajouter encore mon grain de sel à cette grande fresque tournée comme un long-plan séquence ?

 

Le scénario tient en une ligne : deux jeunes soldats britanniques doivent porter un message d’importance extrême (l’annulation d’une attaque d’un régiment dont fait partie le frère de l’un des deux) derrière les lignes ennemies. Si la première partie est intéressante, la deuxième qui prend des allures hollywoodiennes gâche un peu, à mes yeux, le propos et lui fait perdre de sa crédibilité. Pourquoi en faire un tel show ? A part si Mendes veut en faire un film de divertissement ? Difficile pour un tel sujet. C’est peut-être là que son passé de James Bond maker resurgit (sans parler de « American Beauty ») … On retrouve quelques points communs avec JB, même si l’on joue ici dans un autre registre. Cela m’a fait penser à des scènes de jeux vidéo. J’en ai d’ailleurs profité pour y amener des ‘adulescents’, qui ont adoré évidemment ! Tant mieux s’il arrive ainsi à attirer un autre public. Personnellement, j’ai été touchée à la fin du film où apparaît  sur l’écran une ligne évoquant un autre Mendes, probablement un ancêtre du réalisateur à qui il rend hommage en romançant son histoire ?

 

Moi, j’ai plutôt envie de vous parler de ces deux jeunes acteurs ‘inconnus’ propulsés à l’affiche de ce film qui connaît déjà un succès retentissant. Un taux de fréquentation le dernier « Star Wars » au box-office mondial ! Certains ont reconnu George Mackay dans le rôle de fils ainé de Viggo Mortensen dans le formidable « Captain Fantastic »  de Matt Ross, sorti en 2016, Sam Mendes le décrit comme « un peu désuet, avec certaines valeurs, un sens de l’honneur, une dignité, un héroïsme d’une autre époque. Il a un physique intemporel. » Il paraît qu’il s’est tellement investi dans le film qu’il a tenu à réaliser lui-même la plupart des cascades ! Quant à son acolyte, Dean-Charles Chapman, 5 ans plus jeune, il a commencé sa carrière avec le rôle de Billy Elliot dans la comédie musicale, dont on a tiré le film éponyme. Mais c’est Tommen Baratheon dans la série culte de HBO, « Game of Thrones » qui l’a rendu célèbre.

 

C’est bien leur prestation qui m’a le plus impressionnée. Rappelons que le film vient de rafler aux Golden Globes les deux trophées les plus convoités, à savoir ceux du meilleur film dramatique et du meilleur réalisateur.

 

 

« Les Siffleurs » **  de Corneliu Porumboiu avec Vlad Ivanov, Catrinel Menghia, Rodica Lazar, etc. Durée : 1h38’

 

Je peux vous dire beaucoup de choses sur ce film moins élogieuses que toutes les critiques que j’ai lues malgré mon intérêt pour la culture roumaine, les Canaries, plus particulièrement les paysages rocailleux de La Gomera, la musique d’opéra, la langue des siffleurs (une découverte), mais je ne serais pas honnête si je ne parlais pas en premier lieu de Gilda, la femme d’une beauté exceptionnelle qui tient bien, très bien même, le rôle principal. Mannequin vedette roumain de 35 ans à la carrière internationale, elle incarne, parée de tenues d’une élégance rare qui souligne élégamment ses formes parfaites, la femme fatale, petite amie du jeune patron d’une usine de matelas suspecté par la police locale de blanchiment d’argent de la drogue. Censé l’aider, Cristi, un policier soupçonné de corruption qui essaie d’évoluer dans un milieu ambiant truffé de micros et de caméra (quel peinture du pays… affolante).

 

Le deuxième intérêt du film sont les ‘vacances’ de Cristi sur l’île de la Gomera où il s’est rendu pour apprendre le silbo gomero, une forme particulière (et impressionnante) de communication basée sur des sifflements qui permet de communiquer comme les oiseaux. Le tout dans le seul but de sauver le ‘fiancé’ de Gilda. En faisant quelques recherches sur Google, on apprend que ce langage reproduit par le sifflement, la langue locale, le castillan, transmis de génération en génération, des parents aux enfants pour arriver à se parler par-delà des vallées. Près de 25 000 personnes utilisent encore aujourd’hui cette langue rare, déclarée en 2009 par l’UNESCO, Patrimoine immatériel de l’Humanité.

 

Un film qui malgré les nombreuses cordes à son arc n’atteint malheureusement pas tout à fait sa cible…

« Le lac des oies sauvages » *** de Diao Yi’nan avec Hu Ge, Kwai Lun-mei, Wan Qian, Liao Fan, etc. Durée : 1h57’

 

Qu’est-ce qui fait la différence entre un polar et un film noir ? Un film noir est un film d’auteur où l’esthétique formelle joue un rôle important ; un film qui trace en filigranes le portrait d’une société, montre sa face cachée, ses zones d’ombres ; un film qui dépeint un personnage, son parcours, sa culpabilité, ses errances.

 

Diao Yi’nan qui explique que la censure au cinéma n’est pas qu’une réalité chinoise (qui stimule la créativité) profite du prétexte d’un film de ‘divertissement’ policier pour dévoiler un aspect de la société, celle des criminels se cachant dans les banlieues des villes périphériques à la mesure du pays, fourmilières aussi immenses que glauques… Et c’est en cela que le film est très intéressant. Au-delà du parti pris formel où l’éclairage exceptionnel – saluons la prestation du directeur de la photographie Jingsong Dong avec qui il réalise tous ses films – révèle angles, couleurs, ombres, Diao Yi’nan peint à travers un fait divers tiré tant de son imagination comme de la presse, une réalité que beaucoup de personnes ont à vivre en Chine.

Et puis, n’oublions pas de relever le portrait positif qu’il fait des femmes en qui il met ses espoirs d’un monde meilleur : « Je crois que le monde serait plus agréable s’il était confié à des femmes. Toutes ces guerres à travers la planète sont menées par des hommes (…) qui ont occupé le pouvoir depuis assez longtemps. Ce serait bien de le confier aux femmes pour voir » confiait-il récemment à notre collègue de La Libre Belgique.

« Atlantique »*** de Mati Diop avec Mama Sané, Ibrahima Traore, Abdou Balde, etc. Durée : 1h45’

 

Grand Prix du Jury du Festival de Cannes qui est, si je ne me trompe, la récompense la plus prestigieuse après la Palme d’Or, Mati Diop nous livre un témoignage personnel sur la migration, sous la forme d’un conte à plusieurs voix. Elle était la première réalisatrice d’origine africaine à présenter un film en compétition sur la croisette. Elle pose sa caméra sur la jeunesse qui, depuis Dakar rêve de l’autre rive des étoiles dans les yeux… D’une manière très sensorielle, elle n’hésite pas à mettre le spectateur dans le contexte et à l’inviter à une expérience émotionnelle, voire physique impressionnante. Le scénario intelligent et pas toujours évident à comprendre (tout s’éclaire dans les dernières minutes) est servi par une manière de filmer et une photographie exceptionnelles : « Je me sens avant tout plasticienne, mon premier langage reste l’image » dit-elle. On le sent du début à la fin du film. Un film en forme d’histoire d’amour tragique qui invite à réfléchir et pose beaucoup de questions… Aussi dramatique que poétique et dur.

« Il Traditore »*** de Marco Bellocchio avec Pierfrancesco Favino, Maria Fernanda Cândido, Luigi Lo Cascio, etc. Durée : 2h31’

 

C’est l’histoire vraie du mafioso Tommaso Buchetta de Cosa Nostra qui a fui au Brésil et qui, rattrapé par la police et extradé, accepte de parler au juge Falcone. Grâce à lui, 366 mafieux siciliens ont été mis sous les verrous. Alors, traitre ou homme d’honneur, telle est la question… Buchetta ne reconnait plus les valeurs de l’organisation à qui il a fait allégeance dans sa jeunesse. Tous ses proches ont été assassinés dans une lutte fratricide où le clan adverse a profité de son départ à l’étranger pour récupérer le business qui a pris une autre dimension avec le trafic de drogue…

Bellochio traite d’un thème historique – l’incroyable procès de Palerme – qui court sur plusieurs décennies. Un film décliné en deux chapitres – le premier plus spectaculaire et le second plus intimiste – qui se succèdent et se complètent grâce au talent du réalisateur qui réussit une fois de plus à nous captiver.

Du haut de ses 80 ans, Bellochio n’hésite pas à dire qu’en commençant dans le métier, il était persuadé que le cinéma pouvait être une arme et changer les choses, ce qui reconnaît-il « était un peu naïf ».

Il signe ici, une fois de plus, un film majeur passionnant.

« J’accuse » **** de Roman Polanski avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner, Melvil Poupaud, Mathieu Amalric, Didier Sandre, Vincent Perez, Denis Podalydès, Hervé Pierre, etc. Durée : 2h12’

 

Que vais-je encore pouvoir dire de ce chef-d’œuvre après toutes les polémiques, émissions, articles de journaux et critiques qu’il a déclenchés à sa sortie ? Couronné à la Mostra de Venise où il a reçu le Grand prix, le film est remarquable quant à l’angle de vue qu’il adopte pour analyser l’Affaire Dreyfus : celui du Colonel Picquart (Jean Dujardin), le héros qui, au péril de sa vie et de sa carrière, n’aura de cesse d’identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus (Louis Garrel).

 

C’était tellement célèbre à l’époque qu’il suffisait de dire ‘L’Affaire’ pour qu’on sache de quoi on parlait !

A 86 ans, le cinéaste qui traîne un lourd passé personnel derrière lui réalise un film historique unique sur un sujet encore difficile à traiter, plus d’un siècle après… J’ai appris durant mes études littéraires à ne jamais mélanger l’homme & l’œuvre et dieu sait si les exemples en littérature et philosophie sont légion pour être tentés de le faire : Louis-Ferdinand Céline, Jean-Jacques Rousseau, Louis Brasillach, pour ne citer que les écrivains les plus célèbres. Mais 30 ans ont passé depuis ma sortie de l’UCL et tout -contexte, société- a changé, sans parler récemment du phénomène #metoo.

Je pense que ce n’est pas à nous de nous mêler de cela et que nous devons laisser la justice faire son travail. Il fait un film remarquable sur un procès. Laissons-lui avoir le sien maintenant !

« The Two Popes » **** de Fernando Mereilles avec Anthony Hopkins, Jonathan Pryce, etc. Durée : 2h06’

 

Mise en scène, interprétation des acteurs, qualité du scénario, un film sur un sujet qui pourrait, à première vue, paraître ardu et ennuyeux et qui ne l’est pas une minute ! Au contraire ! C’est réellement passionnant d’un bout à l’autre. Il s’agit de l’adaptation d’une pièce de théâtre qui met en scène le Pape Benoît XVI et l’Archevêque argentin Bergoglio, futur Pape François venant présenter au premier sa démission que celui-ci lui refuse. Les échanges entre les deux hommes que tout oppose dans la résidence d’été du pape à Castel Gandolfo sont un pur moment de bonheur, d’intelligence, de compassion. On aimait déjà le réalisateur brésilien Fernando Mereilles (Sao Paulo, 1955) réalisateur entre autres de la « Cidade de Deus » (2002) qui lui valut une reconnaissance internationale. Il réalise ici un film exceptionnel, peut-être son chef-d’oeuvre.

A ne rater sous aucun prétexte, même si la religion ne fait pas partie de vos dadas…

 

« La fameuse invention des ours en Sicile » ** de Lorenzo Mattotti avec les voix de Jean-Claude Carrière, Leila Behkti, Thomas Bideguin, Thierry Hancisse, etc. Durée : 1h25’

 

Un conte – le seul conte pour enfants écrit par Dino Buzatti –  adapté au cinéma par l’illustrateur italien Lorenzo Mattotti, en forme de poème visuel coloré. Un très joli résultat qui ne sacrifie rien à la complexité de l’œuvre de son compatriote qui aborde des sujets intéressants comme le pouvoir et ses revers, les relations entre humains et animaux, etc. Aussi instructif et intelligent que divertissant. Sortie idéale pour les fêtes entre enfants (à partir de 5 ans), parents & grands-parents.

 

 

« Marriage Story »**** de Noah Baumbach avec Scarlett Johansson, Adam Driver, Laura Dern, Ray Liotta, etc. Durée: 2h16’

 

Le début qui vante les qualités de l’un et puis de l’autre, sous forme de deux lettres lues à voix haute sur lesquelles des images défilent ne laisse pas présager le sujet du film : un divorce. Celui après 10 ans de mariage d’une actrice de Los Angeles qui a suivi par amour à New York un talentueux jeune metteur en scène de théâtre. En filigrane de l’analyse de leur séparation, tout en finesse et délicatesse pointe le contraste entre New York, la Côte Est intello et Los Angeles, la Côte Ouest aussi ensoleillée que superficielle et… spacieuse ! Le réalisateur nous montre un couple attachant, Nicole & Charlie, interprété magistralement par deux grandes pointures du cinéma américain à savoir Scarlett Johansson et Adam Driver, tellement crédibles. Un film dense et rapide, oscillant entre les points de vue de la mère et du père, à la mesure de ce que représente un divorce, une tragédie… Profond, juste et émouvant.

 

“It Must Be Heaven”*** de Elia Suleiman avec Elia Suleiman, Grégoire Colin, Vincent Maraval, Gael Garcia Bernal, etc. Durée: 1h42’

 

Aussi peu bavard et reposant que le précédent (dont je viens de vous parler ci-dessus) était volubile et fatigant, le dernier film du réalisateur palestinien est une comédie burlesque qui se résume elle-même en quelques lignes. Elia Suleiman (qui tient le rôle principal) rencontre un producteur parisien qui lui dit : « On aurait adoré faire ce film sur le conflit israélo-palestinien avec vous car on a une vraie sympathie pour la cause palestinienne, mais je crois qu’on va en rester là. En fait, c’est presque pas assez palestinien. Le film pourrait se passer presque n’importe où. » Situation vraie ou fausse, peu importe, c’est en effet un excellent résumé du film ! Une deuxième citation achèvera ou non de vous convaincre d’aller voir cet x ème ovni de ce réalisateur que personnellement j’aime beaucoup, justement pour son côté décalé, non violent et poétique. Accoudé avec un ami au bar d’un café, celui-ci lui sort : « Les Palestiniens sont le seul peuple qui boit, non pas pour oublier, mais pour se souvenir. »

Une comédie lente, contemplative et savoureuse qui confirme qu’Elia Suleiman est bien un réalisateur à part.

PELICULATINA

 

 

8e édition du festival de cinéma ibéro-latino-américain à Bruxelles avec, à son palmarès, 30  films primés et inédits.

Peliculatina est devenu au fil des années le rendez-vous incontournable des cinéphiles intéressés par la diversité du cinéma ibéro-latino-américain. Durant 10 jours, 30 films de fiction, courts-métrages et documentaires sont projetés afin de faire connaître ce cinéma d’outre-Atlantique et de créer un moment d’échange interculturel unique en son genre.

Cette année, 16 pays sont à l’affiche, autour du thème « Pouvoir, c’est l’art d’agir », qui s’inscrit dans la continuité des thèmes précédents à savoir « Frontières », « Mutations » et « Résilience ». Dans un contexte où les pouvoirs politiques, économiques et religieux se raidissent, Peliculatina explore l’importance du pouvoir personnel et collectif pour défendre libertés, droits et acquis sociaux.

Les grands noms du cinéma latino-américain en visite à Bruxelles

A l’occasion des galas d’ouverture et de clôture, seront présents entre autres le réalisateur chilien Patricio Guzmán, présentant son dernier documentaire « La Cordillera de los sueños », le scénariste mexicain Manuel Alcalá, primé à la Berlinale 2018 pour le film « Museo », ou encore les acteurs Gastón Pauls, Alfredo Castro et Juan Carlos Maldonado du film « El Principe », coproduction belge..

Comme chaque année, les films sont partagés en différentes sections. A celles des éditions antérieures, Sociétés en mouvement, Cinéphiles, Divina Comedia et Opéra prima, s’ajouteront les sections Court-métrage et Documentaire, censées apporter un regard à la fois plus authentique et personnel sur le réel et le cinéma, en nous offrant l’opportunité de mieux cerner les enjeux de Péninsule ibérique comme du continent latino-américain.

Du 15 au 24 novembre 2019 aux cinémas Palace, Vendôme, RITCS, ZED, Kinographe et BOZAR.

Calendrier complet + vente des tickets accessibles sur  www.peliculatina.be 

 

Prix :

Ouverture & Clôture : 15€ (Palace) 

Séances : 9€ (Vendôme), 9€ (RITCS) et séances scolaires : 5€ 

Abonnement festival (5 films) : 36€ 

Groupe (+ 10 personnes) : 6€ pp.

Texte Virginie de Borchgrave

 

 

« Sorry We Missed You »****  de Ken Loach avec Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone, etc. Durée: 1h41’

 

A 83 ans, le réalisateur britannique engagé n’a rien perdu de sa verve, ni de son dynamisme, ni de son talent pour dénoncer les dérives du monde capitaliste. Trois ans déjà après « I, Daniel Blake » qui, sur un sujet aussi difficile que les dérives numériques de la société dans le monde du chômage avait obtenu la Palme d’Or à Cannes, le voilà de retour avec un film dur et réaliste sur l’ubérisation du travail. Un excellent scénario écrit par le fidèle Paul Laverty met en scène une famille endettée de Newcastle, des personnages courageux joués par des acteurs exceptionnels qui nous rendent le sujet familier et surtout d’une humanité bouleversante. J’y ai emmené des jeunes habitués à un cinéma disons, plus commercial qui m’ont fait une réflexion en sortant qui m’a évidemment beaucoup plu – « Ce film fait plus peur que les films d’horreur » – et m’ont redemandé le lendemain matin le nom du film et du réalisateur. Merci Ken Loach pour cette pierre de plus à une œuvre cinématographique aussi intéressante qu’indispensable. Accablant.

“Pavarotti” **** un documentaire de Ron Howard avec Luciano Pavarotti, Spike Lee, Princess. Durée : 1h55’

Un film passionnant qui relate la vie de l’un des plus grands chanteurs lyriques de tous les temps : Luciano Pavarotti né à Modena en 1935 dans un milieu simple -son père était boulanger et chanteur- était doué d’un talent inouï dès son plus jeune âge. D’excellents professeurs et une dose de travail acharnée durant toute sa jeunesse ont fait du chanteur aussi sympathique que généreux une star mondiale au même titre qu’une rock star. Il a joué sur toutes les plus prestigieuses scènes d’opéra du monde et était capable de remplir à lui seul un stade gigantesque ! En plongeant dans les archives familiales, recherchant des interviews et nombre d’émissions télévisées, le réalisateur britannique livre un portrait magnifique de cet homme charismatique foudroyé en 2007 par un cancer du pancréas. L’enterrement national auquel il eut droit dans sa ville natale fut suivi et pleuré par des milliers de gens. Quel bel hommage à plusieurs voix pour ce chanteur au timbre reconnaissable entre tous. Émouvant.

“Mon chien stupide” * de Yvan Attal avec Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg, Pascale Arbillot, Ben Attal, etc. Durée : 1h45’.

 

J’attendais ce film avec impatience après les avoir entendus en parler sur France Inter. Adaptation d’un roman de John Fante qui traite du manque d’inspiration d’un écrivain (qu’il met sur le dos de sa famille), Yvan Attal n’hésite pas à s’identifier à l’écrivain américain et prend sa propre femme pour jouer son épouse ainsi que l’un de ses fils ! On rit de temps en temps tant les situations sont cocasses mais heureusement qu’il y a le chien, personnage central du film qui le sauve. Une comédie plutôt glauque qui ne dépasse malheureusement pas l’humour 1er degré. Quelle triste famille.

Pour les fans de Charlotte Gainsbourg…

« Alice et le Maire »**** de Nicolas Pariser avec Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier, Nora Hamzawi, Léonie Simaga, Antoine Reinartz, Maud Wyler, Thomas Chabrol, etc. Durée: 1h43’.

Fabrice Luchini au meilleur de sa forme dans un rôle taillé sur mesure très convaincant face à la jeune talentueuse Anais Demoustier (que j’avais découverte dans « Au Poste ! » de Quentin Dupieux en 2018) nous raconte l’histoire d’un maire en manque d’inspiration que son équipe décide de ‘ranimer’ en recrutant une jeune philosophe pour lui remettre le pied à l’étrier. Le scénario est bon, les dialogues affûtés, les acteurs brillants. On savoure ce film qui en se servant de la politique comme prétexte nous livre non seulement une analyse pointue du domaine mais encore un véritable bijou de la culture cinématographique française… intraduisible ! Aussi brillant que divertissant. À voir.

A Rainy Day in New York”**** de Woody Allen avec Timothée Chalamet, Elle Fanning, Selena Gomez, Jude Law, etc. Durée: 1h32’

 

Il y a les bons , les moins bons et les excellents Woody Allen. A mes yeux, la dernière cuvée rentre dans la 3et dernière catégorie. Une comédie newyorkaise aussi brillante que pleine de charme, au rythme endiablé avec même du suspense à la clef. Un scénario plein de rebondissements qui nous procure du pur plaisir pendant 1h1/2 ! Je ne vous raconte pas l’histoire dont, tant les protagonistes que la ville de New York et la musique, indissociable des films de Woody sont les héros. Il faut reconnaître que le cinéaste américain excelle dans la direction d’acteurs car nous voilà de nouveau face à de jeunes talents qui crèvent littéralement l’écran.

Comment peut-on jouer aussi bien et avec autant de naturel la provinciale naïve qu’Elle Fanning, le romantique perdu que Timothée Chalamet (derrière lequel on reconnait le réalisateur), la déterminée et effrontée étudiante latino que Selena Gomez ? Je ne me lasse pas… Au contraire !

 

Le Dindon”* de Jalil Lespert avec Guillaume Gallienne, Alice Pol, Dany Boon, Ahmed Sylla, etc. Durée : 1h25’

 

Adaptation de la pièce de Feydeau au cinéma dans les années 60 avec une pléiade de bons acteurs comme Guillaume Gallienne, qui en plus d’avoir participé au scénario, prouve une fois de plus qu’il est capable de jouer tous les rôles possibles, du plus comique au plus sérieux, du plus léger au plus grave, Comédie française oblige !

Rien de transcendant, ni de nouveau sous le soleil sinon la reconstitution impressionnante des années 60, depuis les ruelles parisiennes jusqu’aux décors des lieux en passant par l’habillement des acteurs. L’appartement du protégé du mari notaire alias Danny Boon, prétendant amant de son épouse Victoire, joué admirablement par Alice Pol est magnifique. Sans parler du générique de fin, d’un graphisme et d’une créativité aussi remarquables que colorés, ludiques et amusants. Du pur divertissement dans l’esprit français le plus basique. Je n’ai pas boudé mon plaisir !

« Parasite »*** de Bong Joon-ho avec Song Kang-ho, Lee Sun-kyun, etc. Durée : 2h12’

 

Il y a plusieurs films dans ce 7e long-métrage du grand réalisateur coréen, Palme d’or à Cannes cette année. L’idée est excellente et on ne pouvait pas trouver de meilleur titre en français pour illustrer le propos. Immersion dans le quotidien d’une famille pauvre de Séoul rapidement mis en parallèle avec celui d’une famille très riche. Le scénario est divertissant jusqu’au moment (2/3 du film) où cela tourne au film d’action sauvage à la sauce Tarantino. Mais ça, c’est le cinéma coréen et ses ‘surprises’… Quand je vois un film coréen, je ne me fie à rien et ne sais jamais à quoi m’attendre… Signant un film à cheval entre comédie noire et triller haletant, Bong Joon-ho prouve une fois de plus qu’il manie l’humour et le suspense avec talent, tout en peignant avec subtilité les problèmes inhérents à une cohabitation où la mise en scène joue un rôle essentiel. On n’est pas du tout dans du pur divertissement comme on aurait tendance à le croire à première vue mais bien dans une analyse plus profonde, tant sociale que politique de la société coréenne, servie avec brio par des acteurs époustouflants quand je pense au père de la famille pauvre, Song Kang-ho acteur fétiche du réalisateur et à la mère de la famille riche Chang Hyae-jin d’une finesse naturelle remarquable, pour ne citer qu’eux. J’ai bien aimé aussi l’ accent mis sur la lumière et les odeurs… Une vraie Palme d’or.

 

 

« Fête de famille »** de Cédric Khan avec Catherine Deneuve, Emmanuelle Bercot, Cédric Kahn, Vincent Macaigne, etc. Durée : 1h40’

 

D’emblée, je dois vous dire que je n’ai pas aimé « Festen » auquel on a tendance à comparer ce film et j’ai apprécié « Fête de famille ». Si les sujets sont semblables – une famille réunie à l’occasion d’un anniversaire qui tourne mal – la façon d’aborder le sujet est radicalement différente. On se sent mal à l’aise dans le film de Lars von Trier car il nous met face à l’intime alors qu’ici, on ne se sent jamais impliqué personnellement dans l’histoire. On écoute, on regarde, on observe, on se désole de voir comme c’est compliqué la vie de famille surtout quand réapparaît après des années la fille ‘prodigue’, brillamment interprétée par une Emmanuelle Bercot qui a sans doute joué ici l’un des rôles les plus difficiles de sa carrière. Il faut dire que Vincent Macaigne, en frère paumé version cinéaste/artiste contemporain, après sa récente prestation dans « Blanche-Neige » de Anne Fontaine, n’est pas mal non plus. Sans parler de Cédric Kahn, juste. J’ai beaucoup d’admiration pour les réalisateurs qui endossent aussi la casquette d’acteurs… Après « La Prière » l’année dernière qui était magnifique, il réussit ici dans un tout autre genre à nous émouvoir avec un drame familial aussi imprévisible que la personnalité complexe de la fille maniaco-dépressive. Les réactions des uns et des autres face à cela, le déni de sa mère, le rejet de sa fille ne font que montrer en filigrane les différents chemins que l’amour peut suivre pour s’exprimer.

“La Quietud”** de Pablo Trapero avec Martina Guzmán, Bérénice Bejo, Graciela Borges, Edgar Ramirez, etc. Durée : 2h .

 

Dans un cadre exceptionnel avec d’excellentes actrices (et acteurs), Pablo Trapero, le plus chéri des réalisateurs argentins à Cannes (il présidait il y a quelques années le jury d’Un Certain Regard) nous raconte l’histoire d’une famille de la bonne société argentine réunie à l’occasion de la mort du père. En apparence, tout à l’air de sonner juste jusqu’au moment où les relations affectives entre les sœurs fusionnelles et le mari de l’ainée, amant de la cadette viennent perturber la donne. Le scénario de plus en plus tiré par les cheveux au fur et à mesure du déroulement du film et la musique inadéquate, voire commerciale laissent une impression finale décevante et incomplète, entre autres au niveau des thèmes abordés comme la dictature militaire et la peinture de la corruption du système argentin. Dommage car tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un grand film. Pour le réalisateur, « l’amour, c’est respecter l’autre, essayer de lui donner ce dont il a besoin. » On est tous d’accord évidemment mais cela justifie-t-il la scène finale en forme de ‘happy ending’ trop facile ?

Notez que c’est la première fois que Bérénice Bejo (protagoniste de Jean Dujardin dans « The Artist ») joue dans sa langue et son pays natal et cela lui réussit bien.“La Quietud”** de Pablo Trapero avec Martina Guzmán, Bérénice Bejo, Graciela Borges, Edgar Ramirez, etc. Durée : 2h .

 

Dans un cadre exceptionnel avec d’excellentes actrices (et acteurs), Pablo Trapero, le plus chéri des réalisateurs argentins à Cannes (il présidait il y a quelques années le jury d’Un Certain Regard) nous raconte l’histoire d’une famille de la bonne société argentine réunie à l’occasion de la mort du père. En apparence, tout à l’air de sonner juste jusqu’au moment où les relations affectives entre les sœurs fusionnelles et le mari de l’ainée, amant de la cadette viennent perturber la donne. Le scénario de plus en plus tiré par les cheveux au fur et à mesure du déroulement du film et la musique inadéquate, voire commerciale laissent une impression finale décevante et incomplète, entre autres au niveau des thèmes abordés comme la dictature militaire et la peinture de la corruption du système argentin. Dommage car tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un grand film. Pour le réalisateur, « l’amour, c’est respecter l’autre, essayer de lui donner ce dont il a besoin. » On est tous d’accord évidemment mais cela justifie-t-il la scène finale en forme de ‘happy ending’ trop facile ?

Notez que c’est la première fois que Bérénice Bejo (protagoniste de Jean Dujardin dans « The Artist ») joue dans sa langue et son pays natal et cela lui réussit bien. Les plus belles années d’une vie »* de Claude Lelouch avec Jean-Louis Trintignant, Anouk Aimée, Marianne Denicourt, etc. Durée : 1h30’

 

Très émouvant dès les premières minutes où l’on assiste aux retrouvailles entre Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée plus de 50 ans après, ce 3e remake de « Un homme et une femme » n’arrive pas vraiment à décoller. Même si les deux acteurs sont d’un naturel impressionnant : lui croupis dans une luxueuse maison de retraite où elle lui rend visite sans lui dévoiler son identité. Elle l’emmènera ensuite dans certains hauts lieux de leur histoire commune passionnée. Des moments touchants entre la malice de l’un et la pudeur de l’autre. Mais à part cela, il y a peu à se mettre sous la dent si ce n’est d’avoir attendu jusqu’à la fin du film pour revoir cette scène magnifique de la traversée de Paris à 100km à l’heure la nuit, avec au compteur 18 feux rouges brûlés ! L’une des grandes fiertés du réalisateur et… plaisirs du cinéphile !

Néanmoins si « Les plus belles années d’une vie » ne marquera pas l’histoire du cinéma, je ne regrette pas de l’avoir vu.

« M »**** de Yolande Zauberman avec Menahem Lang. Durée : 1h46’

Un documentaire percutant sur la pédophilie dans le milieu ultra-orthodoxe juif. Couronné dans plusieurs festivals dont celui de Locarno où il a remporté le Prix spécial du jury avant le Bayard d’or au Festival du film francophone de Namur, il raconte l’histoire vraie de Menahem Lang, découvert par la réalisatrice dans « Kedma », un film d’Amos Gitaï, réalisé en 2002.

A Bnei Brak, la capitale mondiale de la banlieue juive ultra-orthodoxe de Tel Aviv, Zauberman filme cet univers particulier uniquement masculin des « hommes en noir » où elle a réussi à capter les blessures et les frustrations de ceux qui, comme son acteur principal ont subi ces abus à répétition dans leur enfance. Menahem est tellement sympathique avec un magnifique sourire que l’on suit ces terribles témoignages avec autant d’intérêt que d’émotion et de questionnement… Brouillé avec ses parents depuis de longues années par manque d’écoute, de communication et d’ouverture de leur part, le film arrive à les réunir à nouveau et à s’expliquer sur ce qui s’est passé. Témoignage d’une ampleur qui dépasse l’entendement, « M » est aussi exceptionnel que remarquable quant au sujet abordé. La réalisatrice et son acteur parlant parfaitement le yiddish (langue que les juifs orthodoxes parlent entre eux, réservant l’hébreu à la langue sacrée des textes), ils ont réussi à gagner la confiance de la communauté hassidique et à les filmer. Pour moi, le cinéma est avant tout une fenêtre ouverte sur le monde et les cultures. Ce film en est l’exemple par excellence.

 

« Le Cercle des petits philosophes »*** de Cécile Denjean avec Frédéric Lenoir. Durée : 1h31’

 

Tous les enfants dès qu’ils commencent à penser à voix haute se posent des questions existentielles comme « Pourquoi on est là, vivant ? », « C’est quoi la mort ? », « Qu’est-ce que l’amour ? », « Faut-il taper ou parler pour se faire comprendre ? », etc. Frédéric Lenoir en introduisant des ateliers de réflexion philosophique et de méditation dans les écoles se propose d’amener les enfants, dès 4 ans, à s’exprimer sur les différents sujets qui les préoccupent, sans les juger mais en les amenant à une réflexion personnelle qu’il espère constructive dans le futur. Pour ce faire, il a créé la Fondation SEVE(Savoir Etre et Vivre Ensemble) qui a pour but d’amener dans les quelques années à venir plus de 5 millions d’enfants à bénéficier de cette démarche positive. Le film nous invite à le suivre dans les différentes écoles qui ont cautionné le projet et à participer, tant aux ateliers qu’aux feed back avec les instituteurs. Passionnante aventure. Résultat ? J’ai rempli mon dossier de candidature pour devenir animateur SEVE 😊

« Agnès par Varda »****, film autobiographique réalisé par la cinéaste elle-même et Didier Rouget, produit par sa fille Rosalie avec Agnès Varda, Sandrine Bonnaire, Jane Birkin, JR, Hervé Chandès, etc. Durée : 1h55’

 

Y a-t-il meilleure façon de raconter le cinéma d’Agnès Varda que par elle-même ? Premières images : on la voit dans un beau théâtre à Paris, devant un auditoire jeune, parler simplement de sa vie de photographe cinéaste et d’artiste. Elle est aussi naturelle, authentique, sincère que sans fausse modestie et ce film qui a pris la forme d’un testament cinématographique est en totale harmonie avec sa personnalité. Elle n’hésite pas non plus à entrer dans l’aspect plus technique du travail, en parlant de sa « cinécriture » et en donnant des explications théoriques, accompagnées d’extraits de ses films. Quelques mois seulement après sa mort – le 29 mars de cette année – à 90 ans, elle éclaire toute sa filmographie de ses commentaires enrichissants. Elle se sentait fatiguée depuis quelque temps et a orchestré de main de maître son départ, en se déplaçant pour recevoir des prix honorifiques prestigieux à Berlin et à Marrakech (des mains de Martin Scorsese), récompensant toute sa carrière, en panifiant une rétrospective complète de son œuvre à la Cinémathèque française et des conférences (ce qui est la base du film) à des étudiants en cinéma ou à La Fondation Cartier qui lui avait consacré une très belle exposition intitulée « Agnès Varda, L’Ile et Elle» en 2006.

 

Quelle leçon de cinéma. Quelle place unique, cette petite française spitante d’origine grecque (née à Ixelles,Avenue de l’Aurore) s’est taillée dans le 7e art. Un film à son image, très émouvant.

« Pachamama »*** dessin animé de Juan Antin. A partir de 6 ans (4 ans pour moi). Durée : 1h12’

 

Récompensé par le César du meilleur film d’animation, voilà enfin un dessin animé de qualité aussi intéressant que très joliment illustré. Il raconte l’histoire de Tepulpai, un petit garçon des Andes péruviennes que l’on voit échouer au rituel de passage à l’âge adulte instauré par le chamane de son village. Il apprendra courageusement la vie en affrontant les chemins sinueux et dangereux de la Cordillère pour ramener au village la statue sacrée en or qui le protège ; un village qui vénère Pachamama, la déesse de la terre mère.

Né de la collaboration entre un réalisateur argentin et une production française, il aborde beaucoup de thèmes comme celui ancestral du respect de la terre des ancêtres, l’empire des Incas, Cuzco leur capitale, l’arrivée des cruels conquistadors sans foi ni loi, le chamanisme, sans parler des valeurs essentielles qu’il véhicule comme le courage, la maturité, l’écoute et la solidarité. Magnifique et édifiant.

 

 

 

“Roma” **** de Alfonso Cuarón avec Marina de Tavira, Yalitza Aparicio, Latin Lover, Daniela Demesa, Nancy Garcia, Marco Graf, etc. Durée: 2h15’. Diffusé seulement sur Netflix et exceptionnellement au Palace pour quelques séances.

 

Lion d’or à Venise, le grand réalisateur mexicain à qui l’on doit « Gravity » (2013) nous parle ici de son enfance dans les années 70 à Mexico où il a grandi dans le quartier de Roma, non loin de La Condesa, les quartiers chics de la mégapole. Tourné en noir et blanc dans une mise en scène magistrale (l’arrivée de la voiture dans le garage risque de rentrer dans les annales du cinéma avec un grand C), l’originalité -mis à part la qualité formelle exceptionnelle du récit- tient dans l’angle de vue adopté : tout est écrit depuis le point de vue de l’adorable et dévouée petite bonne indienne, une actrice non professionnelle de Oaxaca, au sud du pays. Sur fond de tension politique et sociale sous un régime autoritaire, on suit la vie de cette famille bourgeoise pendant une année (la fanfare est là comme étalon pour nous le signaler) où il se passe des choses essentielles. Inutile de vous en dire plus. Il est important de rappeler que « Roma » est une commande de Netflix dont la stratégie est clairement d’enrichir son offre, avec des films de qualité réalisés par de grands réalisateurs, et de permettre sa distribution dans quelques salles. De quoi prendre vraiment sa place dans ce monde intraitable… Y a-t-il plus vibrant hommage du cinéaste à sa nounou qu’il considérait comme sa mère ? « Des héroïnes , dit-il. Un film qui n’aurait  jamais vu le jour sans le financement de la plateforme vidéo. Qui prendrait le risque aujourd’hui de produire un film en noir et blanc qui parle de souvenirs d’enfance mexicains ? »

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