Une exposition plus difficile à appréhender qu’elle n’y paraît.



En effet, derrière le côté très accessible et séduisant des sculptures ludiques de l’artiste français Jean-Michel Othoniel (1964, Saint-Étienne) se cache un chemin de voyages de par le monde, nourrissant tout un imaginaire qui s’est construit depuis 40 ans au fil des sensibilités, des émotions mêlées à du savoir-faire, générées par ces rencontres et dont sont témoins ici des dizaines d’aquarelles d’une qualité, d’une finesse d’une beauté remarquables. À la fois, le volet le plus discret et peut-être le plus important du propos.
De l’Asie plus particulièrement la Turquie, le Japon, l’Inde aux Etats-Unis en passant par l’Europe – Berlin, Rome, Venise et même Bruxelles – et des souvenirs prégnants d’une enfance en été chez un oncle en Andalousie, synonyme de joie, d’exotisme, de dépaysement, de liberté dont on est né sa passion ibérique e.a. pour la langue et ses résonances poétiques intraduisibles (comme je la partage !) et qui a, sans doute, donné cette dimension théâtrale à ses œuvres, l’artiste nous emmène vers la lumière, celle qui doit réenchanter le monde.
À l’image des larmes de verre collées sur les joues des vierges que l’on admire lors des processions religieuses en Andalousie, les perles brillantes des colliers démesurés d’Othoniel répondent en écho à la douleur du monde que nous connaissons aujourd’hui…
Bref, une exposition aussi remarquable qu’essentielle.
Merci Louma. Merci Jean-Michel.



Texte & Photos Virginie de Borchgrave
Jusqu’au 4 octobre 2026
Fondation Boghossian – Villa Empain



