A l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon, le Mémorial de Waterloo nous présente une exposition pour nous rappeler que l’histoire de l’Empereur ne finit pas après sa défaite à Waterloo, le 18 juin 1815. 

Après avoir abdiqué pour la seconde fois, il part en exil sur l’île de Sainte-Hélène, une île au climat difficile perdue au milieu de l’Atlantique Sud. C’est là que naît sa légende car il mène à Longwood, une simple demeure – ancienne résidence d’été des gouverneurs de l’île balayée par les alizés -, une vie rythmée par des lectures de journaux ou de livres en provenance d’Europe, quelques rares balades, du jardinage, des discussions avec les fidèles qui l’ont suivi ou les rares visiteurs de passage et encore, de longs bains. Surtout, il dicte ses mémoires au Comte de Las Cases, son chambellan dans lesquelles il explique ses années au pouvoir, offrant à l’histoire une vision totalement nouvelle. 

Pour qui s’intéresse à l’histoire européenne, le « Mémorial de Sainte-Hélène » est un document historique et littéraire essentiel, un livre incontournable. J’en ai entendu parler toute ma jeunesse à la maison et ne comprenais pas (jusqu’à aujourd’hui) comment on pouvait admirer un tel homme, mégalomane, qui n’a pas hésité à sacrifier des milliers de jeunes dans son sillage… 

Sa mort, 6 ans après son arrivée sur l’île – le 5 mai 1821 – le fait entrer dans la légende, entre autres par les artistes romantiques qui voient en lui le chantre des peuples européens épris de liberté politique. Son image fait à l’époque le tour du monde (on assiste déjà à un phénomène de médiatisation) et les objets des dernières années de sa vie sont portés au rang de reliques. C’est cela que nous montre l’exposition : on y découvre l’un de ses 160 tricornes, tous confectionnés par la chapellerie Poupard, ses vêtements comme ses bas ou sa chemise, sa baignoire, une boîte à priser à son effigie jusqu’à une mèche de cheveux coupée sur son lit mortuaire et surtout, la première édition reliée en plein cuir du « Mémorial de Sainte-Hélène » de 1823 ! 

L’exposition se termine par un extrait d’un film historique où l’on voit son corps, rapatrié sur le continent et déposé sous le dôme des Invalides, selon ses dernières volontés : « Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé. »

Belle illustration pour nous aider à comprendre la légende napoléonienne qui n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre, entre adeptes et détracteurs… 

Il est indéniable en tous cas que Napoléon, en bouleversant le cours de l’histoire a laissé derrière lui un héritage impressionnant, influençant tous les domaines, de la politique à la culture en passant par l’économique et le juridique. Son Code civil et les institutions fondées dans les différents pays seront l’un des premiers ferments d’une Europe unie. 

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 17 octobre 2021

Mémorial de la bataille de Waterloo

1815, Route du Lion

B- 1420 Braine-l’Alleud

Tél. : + 32 2 385 19 12

Ouvert tous les jours de 9h30’ à 18h30’

Réservations en ligne & sur place

www.waterloo1815.be