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Après, Keith Haring, Andy Warhol et Niki de Saint-Phalle, nous avons droit à très belle rétrospective de Roy Lichtenstein (1923-1997), l’un des artistes majeurs du Pop Art américain qui prouve que l’on aurait tort de le réduire à un (super) dessinateur de BD.

Des œuvres au style coloré, hachuré, plutôt joyeuses, reconnaissables au premier coup d’œil qui ont influencé des générations de créateurs : des peintres aux publicistes en passant par des photographes, designers et stylistes. Et un art qui a sacralisé le quotidien. 

Avec le soutien de prestigieux musées, institutions et collections privées comme la Roy Lichtenstein Foundation, le Withney Museum of American Art, la Fondation Carmignac ou la Sonnabend Gallery, Gianni Mercurio, commissaire de l’exposition attire notre attention sur un travail beaucoup plus complexe qu’on pourrait le supposer, une œuvre qui ne se limite certes pas à son aspect graphique. 

Sous un angle de vue spécifique, celui de la reproduction, les multiples et les techniques d’impression sur divers supports tels les estampes, émaux, céramiques, sculptures et tapisseries, ce spécialiste de Lichtenstein depuis plus de 20 ans nous démontre combien il s’agit en réalité d’une vaste réflexion sur la société de consommation ; un questionnement plus que pertinent et même humoristique. Et d’attirer notre attention sur le fait que Roy Lichtenstein pensait que l’artiste tel un artisan devait se cacher derrière son travail, ce qui lui permettait de gommer la différence entre reproduction et œuvre originale. 

Le célèbre galeriste newyorkais Léo Castelli ne tarda pas à remarquer ce pointilliste avant-garde nouveau genre et le prit sous son aile, avant même de s’intéresser à Warhol !  Ce fut le début du Pop Art. Le film projeté à l’expo nous montre comment il procédait et c’est surprenant. 

Une expo découpée en sept chapitres non chronologiques : Histoire et tradition, Objets du quotidien, Intérieur, Action comics, Figure féminine, Paysages, Abstractions et les maîtres du XXe s où l’on voit l’artiste au début des années 60, réinterpréter les maîtres et les thèmes des avant-gardes du siècle précédent. Lichtenstein qui connaissait bien l’histoire de l’art, l’Europe et ses musées et enseignait à l’Université de l’Ohio puis de New York disait que la peinture n’existe que par l’héritage de son histoire. 

En quête perpétuelle, éternel insatisfait, il s’est encore intéressé dans la dernière époque de sa vie à la peinture chinoise classique. Sans grands résultats. 

Chantre de l’art des années 60-70, Roy Lichtenstein n’aura hélas pas fait plus d’‘émules’ que son illustre prédécesseur, le peintre français Georges Seurat (1859-1891). 

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 18 avril 2020

BAM

8, Rue Neuve

B-7000 Mons

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h

Entrée : 9 EUR plein / 6 EUR réduit / 2 EUR enfant / 3 EUR famille 

Réservation en tél. au +32 65 40 53 30 ou en ligne sur www.visitmons.be

www.bam.mons.be