Johan Muyle. « No Room for Regrets »

Vous allez rarement vous amuser autant à une exposition qu’ici ! Immersion dans l’univers de cet artiste originaire de Charleroi (1958) qui vit et travaille à Liège et Bruxelles. 

Un homme qui a énormément voyagé du Congo à l’Inde en passant par le Cap-Vert et d’autres terres insolites, n’hésitant pas à s’engager pour l’une ou l’autre cause à l’autre bout du monde, comme en Argentine ou au Myanmar. 

Des installations aussi particulières que spectaculaires comme par exemple celle du rhinocéros empaillé, écorné et monté sur roulettes qui tourne sur lui-même dans une arène construite sur mesure dans laquelle on peut pénétrer, symbole tant de la puissance que de l’impuissance, aussi inquiétant que safe. Il évoque ici le triste épisode politique de notre histoire lors des 24h d’abdication du Roi Baudouin relative à l’adoption de la loi sur l’avortement. Un petit tableau de Baudouin qui pleure de vraies larmes comme celle de Chéri Samba dans la salle suivante est là comme référent. Vous découvrirez encore des sculptures mobiles faites d’assemblages hétéroclites qui surprennent tant par leur propos que par le dialogue qu’elles instaurent avec le lieu, ainsi que deux films reprenant les performances réalisées par l’artiste lui-même pendant le vernissage. 

Une œuvre foisonnante nourrie de ses multiples rencontres et collaborations planétaires dont il se fait l’écho, dont il porte le cri, interpellant le visiteur sur l’état du monde, son histoire (sans oublier celle de son pays comme on vient de voir plus haut), ses contradictions, sa barbarie, sa vanité. Un parcours qui passe par les différentes périodes créatives de son œuvre. Et, au fil des salles, on se familiarise peu à peu avec ce travail singulier entre tous qui mêle tellement de choses que le seul danger est peut-être de s’y perdre… 

« Comme les fables ou les paraboles qui cachent sous leur récit apparent un fond moral et satirique, les assemblages allégoriques de Johan Muyle interrogent ainsi la véritable condition humaine : les vanités de l’existence, les tragédies de l’histoire, les machineries du pouvoir… » écrit dans le catalogue Denis Gielen, directeur du Grand-Hornu et commissaire de l’exposition. 

Texte & Photos Virginie de Borchgrave

Jusqu’au 18 avril 2021

MACS

Musée des Arts Contemporains

Grand-Hornu

82, Rue Sainte-Louise

B-7301 Hornu (à 8km de Mons)

Tél. : +32 65 65 21 21

Ouvert tous les jours de 10h à 18h sauf le lundi, le 24, 25, 31 décembre & le 1er janvier

Entrée : 10 EUR plein / 6 EUR réduit

Infos et réservations : reservations@grand-hornu.be / +32 65 613 902

www.mac-s.be