« THE ART OF BANKSY »***

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Tout le monde a entendu parler de lui mais personne ne connaît l’artiste engagé qui travaille sous ce pseudonyme et dont on situe la naissance à Bristol en 1974… Un artiste graffeur qui dessine d’un trait précis, construit et maîtrisé ce qui le révolte dans le monde. Dénonciation subtile et créative qui impressionne tant par le sujet -essentiellement politique- et la façon dont il l’aborde que par la qualité du travail. Des rats (anagrammes d’art), des singes, des policiers, des soldats, des enfants, des personnes célèbres ou âgées servent à délivrer avec humour et ironie des messages très clairs à portée antimilitariste, anticapitaliste, antisystème. A travers le pochoir (qui lui permet de travailler beaucoup plus vite en situation), la sérigraphie, la peinture, le collage, la sculpture et même des installations, Banksy, en aiguisant notre curiosité s’est taillé une place de choix dans l’univers de l’art urbain.

L’exposition a été organisée sans son consentement par Steve Lazarides, un photographe (et pionnier dans le domaine) qui l’a rencontré à ses débuts dans les rues de Bristol. Une grande amitié s’ensuivit. Ayant beaucoup oeuvré pour sa reconnaissance, tout en respectant son anonymat, il devint son agent et ouvrit même en 2006 à Londres une galerie spécialisée dans le street art. Banksy et lui ne se voient plus aujourd’hui sans que personne ne sache pourquoi… On ne verra donc aucune œuvre récente.

La question pertinente est de savoir si une fois exposé, sacralisé, mis en galerie ou au musée, l’art urbain peut encore porter son nom, ou encore si l’anticapitalisme s’accommode, comme lieu d’exposition, du premier étage d’un centre commercial…

Personnellement, j’ai trouvé l’exposition passionnante, surtout avec des jeunes, pour qui il y a tellement de choses à voir et à commenter comme par exemple devant le « Christ With Shopping Bags » (2004) ou le manifestant lançant un bouquet de fleurs en guise de pierre ou encore sa démarche de poser des œuvres factices dans les grands musées comme le Moma, le Met, la Tate Britain ou le British Museum (qui décida d’intégrer l’œuvre à sa collection permanente !) Si l’on a malheureusement aucune évocation de son travail à Gaza, Londres, Calais ou de représentation de Dismaland, parodie de Disneyland réalisé en 2015 au Royaume-Uni, on sait qu’à la fermeture du parc, le bois ayant servi à sa construction fut envoyé à Calais pour réaliser des abris pour les réfugiés.

Alors Banksy, artiviste, art terrorist, poète du graffiti, troubadour des temps modernes, légende ou réalité? Peu importe ! Je dirai un artiste pluridisciplinaire -car il est aussi réalisateur (films présentés au Festival Sundance et à la Berlinale)- qui peint son irrévérence avec génie.

 

IMG_3367[4]Jusqu’au 19 mars 2017

Shopping Stadsfeestzaal (1er étage)

78, Meir

Anvers

Ouvert du lundi au samedi de 10h à 18h

Entrée : 17,50 EUR

www.banksy.co.uk (site officiel)